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15 octobre 2013 2 15 /10 /octobre /2013 00:09

Je n’éprouve aucune fausse honte à répondre, face à certaines interrogations, je ne sais pas ou bien je doute. Chroniquer chaque jour ne consiste pas à asséner des vérités premières n’en déplaise à certains dotés d’œillères ou calfeutrés dans leur étroite spécialité de dégustateur patenté. Je respecte le savoir mais j’exècre les sachants qui, sous leur soi-disant rigueur ne sont que des ânonneurs de ce qu’ils ont appris et pas toujours bien assimilé. Comprendre, se comprendre, s’entendre, chercher des pistes communes face aux défis de nos sociétés globalisées c'est plus positif que de camper sur ses certitudes.


J’aime le débat entre des personnes qui prennent de la hauteur, éclairent les controverses, nous permettent de nous forger une opinion.


La collection « Le choc des Idées » aux éditions le muscadier www.muscadier.fr répond parfaitement à cette recherche, non de vérité mais des convergences qui évitent de tomber dans une bipolarisation excessive qui met mal à l’aise le citoyen qui se « trouve sommé de prendre position non pas sur la base d’informations approfondies, mais sur la base d’alternatives aussi vagues, outrancières er inopérantes que l’opposition humanisme généreux/totalitarisme écologique, ou encore anticapitalisme/efficacité économique. »


« Longtemps considérée comme l’apanage d’une minorité d’originaux, l’agriculture biologique apparaît aujourd’hui comme une alternative de plus en plus crédible face à des modes de production intensifs, destructeurs et polluants. Ses défenseurs la décrivent comme une réponse efficace aux déséquilibres écologiques, économiques et sociaux induits par le système productiviste actuel. Ses opposants ne voient en elle qu’un refus systématique du progrès scientifique, et rappellent que des rendements élevés seront nécessaires pour nourrir une population mondiale en constante croissance. Quelle place pour l’agriculture biologique au XXIe siècle ? C’est à cette question cruciale que répond ce livre, en confrontant deux positions antagonistes, sous le regard impartial d’un spécialiste. »

 

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L'ouvrage : » Agriculture biologique : espoir ou chimère ? aux éditions le muscadier 9,90€


Un médiateur Thierry Doré (Enseignant chercheur Dpt SIAFFE et directeur de la direction scientifique - AgroParisTech), préside l’Association Française d’agronomie. Ses recherches concernent la transformation des systèmes de culture pour une agriculture plus durable, en conditions tempérées et tropicales.


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Les deux protagonistes :


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-           Marc Dufumier (Professeur émérite Agriculture comparée-AgroParisTech) membre du Comité de veille écologique de la Fondation pour la nature et l’homme. Spécialiste des agricultures du Sud, il a effectué de nombreux séjours dans ces pays en appui à des politiques de réforme agraire, participé à des programmes de sécurité et de souveraineté alimentaire et à des projets de développement agricole et rural.


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-          Gil Rivière-Wekstein est le fondateur de la revue mensuelle Agriculture&Environnement spécialiste des questions agricoles et environnementales. Il est l’auteur de Abeilles, l’imposture écologique (2006), de Bio : fausses promesses et vrai marketing (2011) et de Faucheurs de science – les fanatiques sont dans nos campagnes (2012).


Pour s’informer suivre le débat organisé à AgroParisTech le mercredi 27 février 2013, amphithéâtre Tisserand visionner la vidéo ci-dessous 2h 06.


Dans sa conclusion, le médiateur Thierry Doré constate que le débat qui a eu lieu dépasse largement l’opposition sur l’agriculture biologique. Les critiques de GRW sont de 2 ordres : « l’ancrage politique de l’agriculture biologique est historiquement trouble et elle est fondée sur une logique du refus étendue au système économique et social actuel symbolisé par la mondialisation ce qui la voue à l’échec car elle ferme les possibilités de développement de notre société. De plus, il imagine très bien un futur pour l’agriculture biologique mais un futur différent de celui des puristes. »


M.D lui fonde son argumentaire « aux voies d’évolution possible de l’agriculture sur la base d’une critique des agricultures actuelles. La part de l’agriculture biologique dans cet argumentaire est finalement assez faible : les voies d’espérance qu’il trace puisent dans un registre bien plus vaste.


« Dans les 2 cas, l’agriculture biologique est saisie non comme un modèle à suivre à tout prix, mais comme une voie d’évolution possible servant de base à la discussion. »


Thierry Doré note deux points de convergence tacite entre les 2 contradicteurs :


Le premier est que « le futur de l’agriculture ne sera pas un retour à un statut antérieur, une sorte de paradis perdu de l’agriculture, souvent associé à l’idée d’équilibre naturel auquel il faudrait revenir, mais bien un nouvel état qui nécessite innovations et investissements. »


Le second est que l’on ne peut « discuter de l’agriculture biologique sans discuter de son insertion dans la société » ce qui aurait peu de signification comme le montrent les historiens de l’agriculture « la mise en place de l’agriculture et de l’élevage furent des éléments transformateurs exceptionnels des sociétés – et réciproquement. »


Il ajoute un point complémentaire « À une échelle globale (du pays ou de la planète) comme à une échelle plus locale (de l’exploitation agricole au pays), on doit raisonner sur le  futur des agricultures, activités humaines développées au bénéfice de la société, sur la base d’objectifs suffisamment précis. Tous les types d’agriculture ne permettent pas d’atteindre les mêmes formes de performances (alimentaires, de servie, d’emploi, etc.) : les choix d’agricultures doivent raisonnés non seulement en fonction de leurs caractéristiques propres – dans lesquelles une part d’éthique doit intervenir –, mais aussi en fonction des espérances qu’elles offrent d’atteindre tels ou tels ensembles d’objectifs. Si ces objectifs ne sont pas clairement énoncés, la discussion tournera nécessairement à l’affrontement idéologique (ce dont s’accusent d’ailleurs mutuellement nos deux contradicteurs…), et elle ne nous permettra pas d’envisager de manière concrète le futur des agricultures, ni les chemins possibles pour les atteindre. »


 


Agriculture biologique : espoir ou chimère ? par AgroParisTech

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

clavel 15/10/2013 08:56


L'exploitation familiale viticole est en bio depuis une dizaine d'années. production  200 000 cols AOP vendus en grande partie à l'export ,commercialisation en direct. mon fils aîné et
son épouse en sont les gérants éclairés. Cette évolution , marquée par une culture systématique des sols, absence de desherbant, une vigilance sur l'état végétatif de la vigne afin de
cibler les traitements dont l'absence de produits de synthèse est fait parfois problème, le confusion sexuelle pour lutter contre les vers de grappe. Ce type de culture et de fonctionnement en
cave, entraîne une maind'oeuvre salariée plus importante que des exploitations viticoles identiques en culture traditionnelle. La notion de bio, ne sert pas une communication particulière, elle
est la base d'un fonctionnement général de l'entreprise, production électrique importante par panneaux photovoltaïques, production d'eau chaude également par panneaux. Les clients savent qu'il
s'agit de méthodes respectueuses de la nature mais n'achètent pas les vins parcequ'ils sont produits en bio. L'entreprise est prospère, et 2 petis fils en formation se destinent a revenir sur
l'exploitation. Dans ce cas particulier la production bio est un plus incontestable, à la fois pour l'environnement et pour l'avenir économique de l'exploitation .

massotte 15/10/2013 04:35


Merci pour ces précisions. En effet, dans la Nature, il n'y a pas de "Vérité absolue". Nous vivons dans des environnements evolutionnistes et comme vous citez des collègues de ParisTech , voici
un article récent paru dans ce cadre : 


http://www.paristechreview.com/2013/06/13/innovation-sociale-entreprise/


Je reprendrais, si vous le permettez un paragraphe : ..."Dans un monde complexe il n’existe pas de vérité absolue, mais des ambivalences. Les approches sont toujours antagonistes mais
complémentaires ; il ne s’agit pas de les opposer car, suivant le contexte, elles offrent plus ou moins d’avantages et d’inconvénients. Il s’agit donc de les valoriser ensemble. Le changement de
paradigme vient du fait que l’on accepte cette diversité : à un instant donné l’une va prédominer, générer de nouveaux équilibres ou bénéfices globaux, et ainsi assurer la résilience et la
soutenabilité de l’ensemble. L’art est de savoir les combiner. Dans un monde complexe, n’exploiter qu’une seule démarche pour converger de manière optimale vers une solution est un leurre. On
doit au contraire utiliser toutes les synergies de nos ressources en réseau ; l’évolution passe par des adaptations permanentes et des phénomènes auto-organisés..."


 


Ceci veut dire qu'on a besoin aussi bien de l'Agriculture dite ' moderne' que du 'bio'. Les deux apportent quelquechose à notre évolution et il en émergera certainement, à terme, une
convergence, ou l'émergence d'un  nouvel 'ordre'.


Il faut toujours se méfier des extrêmes mais ne pas les rejeter à priori : dans chaque point de vue, il y a toujours des 'pros' et des 'conts' (et non des 'cons'). En ce qui concerne le 'bio',
on assiste donc à l'émergence d'un nouvel axe, avec tous les impacts et conséquences que vous avez si bien décrites.


Je rajouterais simplement une chose:  actuellement quand une nouvelle opportunité surgit, elle est toujours basée sur un besoin réel, une idée ou une "bonne intention". Se 'bloquer' sur
cette idée nous amène à une "idéologie" , mais en fin de compte, tout finit par du "business" , c'est à dire par des équilibres profitables à tous.


Avec le 'bio', on peut rester 'zen'. C'est un peu comme cela que l'évolution est organisée (auto-organisée), c'est une question de temps . Bonne journée à tous.


 

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