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19 avril 2012 4 19 /04 /avril /2012 00:09

Non, non je ne tombe pas dans une nostalgie du bon vieux temps que d’ailleurs je n’ai pas connu en dépit de mon grand âge. Ce qui me passionne dans les 13 pages sur la vigne et le vin dans le livre de l’élève qui va passer son certif’ : L’Agriculture au Certificat d’Études Questions et Réponses par René Leblanc Inspecteur général honoraire de l’Instruction Publique, c’est le recours aux choses vues. Voir, comprendre, questionner le réel, et non pas se contenter d’absorber sans comprendre ce que fait la main. Avoir un avis sur tout et rien, définitif, péremptoire, sans concession, même à la réalité, asséner sa vérité en ignorant l’Histoire, celle des Hommes et des choses, la vie quoi.


« Au début du vingtième siècle, il y avait derrière chaque instituteur un paysan… » Après la défaite de 1870 « la France a voulu  reconstruire l’idée de nation et former une nouvelle élite républicaine… la nature est devenue sous la Troisième République une source d’instruction collective. L’École normale recrutait alors les sujets les plus doués de cette classe rurale pour en faire ses Hussards noirs comme le montre très bien l’œuvre de Péguy. Elle formait des maîtres qui eux-mêmes allaient enseigner à coups de règles l’amour de la République laïque à des enfants de paysans. Le certificat d’études était alors un brevet de citoyenneté. Le jeune adolescent savait écrire, compter, mais aussi cultiver sa terre. Il devait être autonome et savoir se débrouiller à la ferme e au village. La nature qui avait été si longtemps lyrique devenait pratique. Il fallait savoir planter des salades et compter les choux. À douze ans, on était lâché dans la nature.


Le certif’ en quelques dates :


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- le 20 août 1866 sous l'impulsion de Victor Duruy, une circulaire met en place un certificat d'études primaires.


- celui-ci est institué par la loi Jules Ferry du 28 mars 1882, qui rend l'instruction primaire obligatoire de 6 à 13 ans. L'article 6 précise : « Il est institué un certificat d'études primaires ; il est décerné après un examen public auquel pourront se présenter les enfants dès l'âge de onze ans. Ceux qui, à partir de cet âge, auront obtenu le certificat d'études primaires, seront dispensés du temps de scolarité obligatoire qui leur restait à passer. « Pendant longtemps, pour la majorité des lauréats, le certif’ marque la fin de l'instruction obligatoire et l'entrée dans la vie active.


- 1936, la loi Jean Zay prolonge l'instruction obligatoire jusqu'à 14 ans.


- La réforme de 1959 du ministre de l'Éducation nationale, Jean Berthoin, prolonge l'instruction obligatoire jusqu'à 16 ans.


Votre Taulier n’a jamais mis les pieds dans une école de la République il n’a tété que le lait de « l’école libre » crèmerie concurrente et majoritaire en Vendée de « la laïque ». Les deux photos ci-dessous en témoignent : en maternelle avec la sœur Marthe de la congrégation des Petites Sœurs de Mormaison et à l’école primaire avec le frère Pothain de la Congrégation de Saint Louis Grignon de Montfort. Si vous êtes capables de repérer mon minois sur ces photos je vous paye un coup lors de l’un de vos passages à Paris. (Je publierai des gros plans dans quelques heures en afterwork).


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Pour autant nous passions le certif’, à la fois parce que je crois que c’était obligatoire et aussi parce que les bons frères voulaient foutre la honte à la laïque avec les très bons résultats de ses têtes d’œufs. Le certif’ était noté. Donc, ayant quitté l’école Sainte Marie de la Mothe-Achard pour l’école d’agriculture ND de la forêt de la Mothe-Achard, j’étais en quatrième en 1962, lorsque le très cher frère décréta que nous allions aller passer le certif’ aux Sables d’Olonne. J’avais 12 ans et, premier acte d’indépendance, je déclarais ne pas être intéressé par cette peau d’âne. Convoqué chez le Directeur on me signifia mon inscription sans mon consentement. Le matin du jour dit je pris le car très décontracté. Je n’avais rien révisé. L’appel des noms et, ô surprise, pas le mien. Je riais sous ma barbe (déjà, non…) Le frère accompagnateur s’affolait. Il se renseignait. Réponse : pas inscrit ! Que faire ? Attendre la fin des épreuves ? Assez bon avocat je convainquis le frère de me laisser rentrer par mes propres moyens. Ce que je fis en auto-stop. Vous imaginez à 12 ans, tranquille, en stop. Et de me pointer, la gueule enfarinée dans la matinée chez le Directeur qui faillit manger son rabat. Bref, n’ayant pas passé le certif’ je ne puis le mentionner sur mon CV et aujourd’hui je le regrette.


EXTRAITS de L’Agriculture au Certificat d’Études Questions et Réponses par René Leblanc aux Éditions des Équateurs.


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50 sujets sont réunis dans ce livret et englobent à peu près toutes les questions d’agriculture « accessibles aux intelligences de douze ou treize ans ». Ce que l’on demande au candidat au certif’ « c’est de résumer ses propres informations sur un fait d’agriculture expérimentale et scientifique très élémentaire, de dire ce qu’il en a vu et, s’il y a lieu, d’en tirer des conclusions pratiques. »


38. Viticulture


« Dans bien des vignobles encore, on semble ignorer la loi de restitution et croire qu’il n’est pas utile de donner des engrais à la vigne. Un simple raisonnement suffit cependant pour en démontrer la nécessité.


Chaque vendange enlève au sol une quantité notable de principes fertilisants ; selon les vignobles, 1 hectolitre de vin renferme de 500 grammes à 2 kilogrammes de potasse, sous forme de tartre ; les sarments en contenaient davantage, sans compter l’acide phosphorique, la chaux et les matières azotées ; les feuilles seules sont restituées au sol.


De sorte qu’à 1 hectare de vigne(supposé suffisamment calcaire, pour simplifier les calculs) où la récolte (raisins et sarments) renferme, par exemple, 50 kg de potasse, autant d’azote et le ¼ d’acide phosphorique, il faudra restituer, si l’on veut maintenir la fertilité : 100kg de sel de potasse à 50%, et même poids de superphosphate ou 12 à 15%, sans compter la restitution en azote.


L’engrais azoté est ordinairement fourni à la vigne sous forme de compost obtenu, sur le sol même, par un amas de couches superposées de fumier frais et de terre végétale. Le nitrate de soude active singulièrement la végétation des mauvaises herbes ; on lui préfère le fumier décomposé ou mieux le compost.


En résumé, il faut rendre à la vigne après chaque vendange, les éléments fertilisants exportés par le raisin et le sarment, savoir : l’azote sous forme de compost, la potasse à l’état de chlorure ou de sulfate, et l’acide phosphorique par les superphosphates en sol calcaire, par les scories en terre argileuse. Les vignes reconstituées sur cépages américains paraissent plus exigeantes, en engrais, que les vieilles souches françaises, peut-être parce qu’elles produisent davantage. »


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41. Vendange et vinification


« Depuis longtemps on prépare, en Champagne, du vin blanc mousseux avec des raisins blancs ; mais aussi, et surtout avec des raisins rouges.


Au sortir du pressoir, le vin blanc est logé dans des fûts bien nettoyés et préalablement méchés, c’est-à-dire qu’on y fait dégager du gaz sulfureux soit en y brûlant une mèche soufrée, soit en y introduisant du bisulfite de soude. Cette opération a un double but : 1° suspendre momentanément la fermentation jusqu’au moment du débourbage, sorte de décantation qui élimine les impuretés tombées peu à peu au fond ; 2° décolorer le vin s’il est sorti un peu rosé du pressoir, ce qui se produit quand les raisins noirs sont très mûrs.


La fermentation, beaucoup moins rapide que dans la cuve à vin rouge, ne tarde pas à s’établir dans les tonneaux ; la bonde mal fermée laisse échapper le gaz carbonique dont on connaît les propriétés asphyxiantes. Aux premiers froids, tout redevient calme et le vin s’éclaircit ; avant l’arrivée des premières chaleurs printanières, on le soutire. Généralement, il renferme encore du sucre : on en détermine la quantité ; puis on calcule le poids de sucre raffiné qu’il faut ajouter pour produire une bonne mousse.


Ce qui rend le vin blanc mousseux, c’est le gaz carbonique dégégé par une nouvelle fermentation dans la bouteille même. Si, au moment de sa mise en bouteilles, le vin contient une quantité insuffisante de sucre, la mousse sera faible ; elle deviendra au contraire violente et pourra faire sauter les bouteilles, s’il en contient trop. On sait, en Champagne, régler les dosages et procéder aux diverses opérations pour la plupart délicates, qui terminent la bouteille de ce vin brillant et pétillant, expédié chaque année, par millions de caisse dans le monde entier. »

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

Pierre Masson 19/04/2012 10:38


l'était mignon, le bougre...


PHM

Bourgogne Live 19/04/2012 09:16


Dis donc le petit Jacques, il était sympa Le Bouillon ? :-))


 


Ok, je sors...


 


François

HPT 19/04/2012 08:45


Oh, Berthomeau, déjà sur la plus haute marche...Tant pis je fais le mouchard,pour ceux qui ne l'auraient pas reconnu, le 2 eme en partant de la gauche. 


Un Mothais.

Michel Smith 19/04/2012 08:42


Moi, j'en ai bavé chez les curetons de Senlis et je n'ai aucune photo de cette époque. Tant mieux !

dominique REMAUD 19/04/2012 08:37


bonjour,


je n'ai aucun mal à te reconnaitre et pour cause....j'etais aussi sur la photo.j 'en reconnais la plupart surtout sur la plus récente mais quelques noms m'echappent.je te lis régulièrement mais
n'ai jamais été un acharné de la plume.

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