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2 août 2013 5 02 /08 /août /2013 11:00

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En ma prime jeunesse, nos curés, qui en ce temps-là savaient cultiver leur fond de commerce, organisaient à espace régulier des «missions» afin de réchauffer, de raviver la pratique de leurs ouailles. Ils invitaient donc des prêcheurs à venir faire des sermons incendiaires en chaire. A la manière des prêcheurs US ces porteurs de soutanes tonnaient, appellaient ceux et celles qui vivaient dans le péché à la repentance, promettant aux mécréants les flammes éternelles de l'enfer. C'était impressionnant même si moi ça me faisait doucement rigoler, sous ma soutane d'enfant de choeur, car je savais bien que passé l'effet de manche du prêcheur la femme du maçon, qui baissait les yeux sous sa mantille, continuerait de s'envoyer en l'air avec le brigadier de gendarmerie et que le marchand de vaches ne se priverait pas de plumer les fermiers sur le foirail de la Mothe-Achard. Le côté machine à laver les âmes de la confession, contrition, absolution relevait pour moi de la pure hypocrisie.


Combien de fois, dans le confessionnal, ai-je mouliné, tel un Paganini de la repentance, l'acte de contrition ?


Je ne sais...


En revanche, ce que je sais c'est que j'étais un adepte de l'« attrition » ou « contrition imparfaite » qui « marque une étape vers la contrition parfaite.» En clair, j'estimais que mes fautes étaient bien vénielles et que tout ça ce n'était que du cinéma.


« Mon Dieu, j'ai un très grand regret de vous avoir offensé

parce que vous êtes infiniment bon, infiniment aimable,

et que le péché vous déplaît.

Je prends la ferme résolution,

avec le secours de votre sainte grâce

de ne plus vous offenser et de faire pénitence.»


Je n'aborde ici que la repentance individuelle, celle que je maîtrise, laissant de côté l'épineux débat sur la repentance collective.


Faute avouée est à demi-pardonnée dit-on.


Je ne sais, mais ce que je sais c'est que parfois mes doigts sur le clavier se laissent aller à des mots outranciers qui peuvent blesser.


Quand je me relis (quelque temps après) je le regrette.


Que faire ?


Succomber à la facilité : les effacer, les remplacer par des mots doux... Pourquoi pas, reconnaître que l'on s'est laisser aller et se corriger me semble un acte de réelle humilité. S'excuser aussi n'est pas interdit.


Ainsi l'autre jour, j'ai écrit «torche-cul papier glacé» à propos d'un brave magazine culinaire. Dans mon esprit cette expression se référait à une pratique de mon enfance où le Petit Echo de la Mode ou Mode de Paris de ma mère couturière, finissaient leur vie, comme les journaux, sur le trône en bois des cabinets du fond du jardin. Nous pestions contre le papier glacé des magazines. J'avoue donc ma faute, je me repens de ce recours peu appétissant. Nous à la campagne on ne faisait pas de chichis mais je comprends que la qualification puisse choquer même si je ne faisais que me référer dans ma chronique au côté peu pratique non au contenu de ce beau magazine pour ménagères de moins de 40 ans.


Mais ce n'est pas tout, ce n'est pas tout, bien plus graves sont les fautes d'ortographes, de grammaire, de syntaxe... évoquées par le perfide Roger Feuilly approuvé par l'escrimeur Luc Charlier qui révère Maurice Grévisse bien plus que Léon Trotsky.


Ce n'est pas nouveau, déjà le 22 janvier 2008 je répondais à Denis Saverot Bonnet d'âne mérité, merci la RVF * link


Et pourtant, à cette époque, j'écrivais peu et j'écrivais court alors je n'avais aucune excuse.


Si une seule : j'ai l'orthographe manuelle, c'est-à-dire qu'avec un porte-plume tout allait bien j'étais le roi du zéro faute. Tout a déraillé avec l'irruption du clavier. La vitesse ça change tout. De plus la relecture sur écran ne me fait déceler aucune de mes incongruités. Si je veux me corriger il me faut imprimer mon texte, ce que bien sûr je ne fais jamais et ne ferai jamais car je n'aime pas gaspiller du papier.


En 2008, j'avais proposé à mes lecteurs de jouer le rôle de correcteur - profession exerçant dans la presse écrite et l'édition - l'un d'eux releva le défi et jeta l'éponge très vite. La raison ne fut pas la profusion, car en ce cas l'encre rouge jaillit vite, mais le côté fastidieux de débusquer les fameuses fautes.


Nous sommes en 2013, je ponds beaucoup, beaucoup trop diront certains, et sans doute que ça va de mal en pis. Je faute, je faute, c'est ma faute, c'est ma très grande faute... (ça c'est le Je confesse à Dieu qui précède la mise en machine des fautes)


Que faire alors ?


Demander aux sieurs Feuilly et Charlier réunis de me corriger moyennant une juste rétribution ?


Je suis pour.


Sinon, à quoi bon ça servirait de me rouler dans les délices hypocrites du repentir si, après contrition parfaite, nul ne venait à mon secours de pécheur afin qu'il ne retombât point dans mes odieux péchés, souillant ainsi la belle langue française, ou italienne pour les spaghetti et les macaroni du sieur Feuilly.


Accord du participe passé - Les fautes que j’ai commis / commises ?

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans les afterwork du taulier
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commentaires

Feuilly 01/09/2013 20:08


Perfide, perfide, peut-être, quoique... Mais je me réjouis de tomber du côté Grévisse, comme Luc Charlier, plutôt que du langage "texto". A part cela, Jacques prend toujours les choses avec
humour, non avec esprit. Rappelons que l'humour est britannique et l'esprit est français !

Gosselin Jean-Noël 01/09/2013 08:59


J'adore...Les scènes de ma prime jeunesse me reviennent subitement à l'esprit car j'ai vécu les mêmes tableaux... missions, rogations, vêpres, catéchisme (sauf que j'ai refusé
d'être enfant de choeur...ouf) dans ma campagne natale du pays d'Ath picard...j'en remets une couche:..."ce qui m'irrite le plus aujourd'hui c'est l'aveu au cureton, la tête cachée dans le
coin le plus sombre du confessionnal, de nos premières émotions charnelles...." 

JACQUES BERTHOMEAU 01/09/2013 09:01



Le curé posait toujours la question seul ou avec d'autres 



tomassian 31/08/2013 14:23


Pas la peine de s'excuser pour des fautes d'orthographe tout le monde en fait, le fond est plus important que la forme. Moi aussi je suis de la génération papier et j'ai du mal a me relire sur
ecran. Il n'y a pas de quoi en faire un plat (de spaghettiz)


 

Luc Charlier 31/08/2013 13:35


Toute modestie bue: http://coumemajou.jimdo.com/2013/08/31/apr%C3%A8s-la-luxure-c-est-l-orgueil-que-je-pr%C3%A9f%C3%A8re/


 


 

le taulier pour Régis Bourgine 31/08/2013 13:06


 Bon article, de là à confier la
relecture à un auteur qui écrit lui-même " des vins de Champagnes "

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