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20 avril 2013 6 20 /04 /avril /2013 00:09

« Marre de vins élitistes et difficiles à appréhender ? » telle est la question posée par la maison Gabriel Meffre sise à Gigondas.

Fort bien, ça part d’une bonne intention, et la réponse est dans les flacons mais comme je n’ai pas eu l’occasion de tremper mes lèvres dans les jus proposés je ne puis vous dire si la promesse est tenue.

Les communicants de la maison Meffre affirment vouloir casser les codes des linéaires vins et pour ce faire il leur suffit de mettre un hippopotame joufflu, jovial, enrobé, sur le bouteille, genre gros marin vu le tatouage sur l’épaule de sa patte droite. Pour autant ça en fait-il un mauvais garçon en référence à la chanson (1) paroles de Jean Boyer. Musique de Georges Van Parys   1936 interprétée par Berthe Sylva (1936), Andrex (1971), Mouloudji (1974), André Dassary (1977), Renaud (1981), Francis Lemarque (1989). La réponse est non, d’autant plus que les noms des cuvées (2) et les visuels évoquent plus les marlous ou les zazous revisités à la sauce sixties : ganpette, rouflaquette, grosses  lunettes de soleil, petit chapeau tyrolien… Je ne vais pas chipoter mais lorsqu’on joue les décalés il faut aller jusqu’au bout de ses intentions et ne pas tergiverser. Les mauvais garçons c’étaient les blousons noirs, des gars qu’aimaient la baston et qui ne fumaient pas la moquette…  

Reste la surprise sur le gâteau, le rosé étant comme chacun sait une boisson de fille, que vient faire cette meuf avec bandana, cheveux calamistrés, yeux faits et bouche rouge baiser pour booster Cool Raoul ? Serait-ce une mauvaise fille ?

(2)

-         Cool Raoul ! pour le rosé Syrah-Grenache

-         Tranquille Émile ! pour le blanc Chardonnay

-         Relax Max ! Merlot

Bon, moi ce que j’en dis c’est pour causer mais comme toute cette littérature m’a été adressée c’est bien pour me faire parler des « vins sérieux qui ne se prennent pas au sérieux ! » de la maison Gabriel Meffre. Je viens de le faire c’est déjà beaucoup et plutôt que du copié-collé j’ai préféré photocopier les papiers (3). Pour être gentil je me contenterai d’écrire que c’est gentillet, c’est même mignonnet, un peu surjoué, et que je ne suis pas vraiment sûr que ça bouleversera vraiment l’ordre éternel des linéaires de Carrefour ou de Système U. Qui vivra verra ! Y’en a certains qui diront que c’est la faute à Evin qu’on a du mal à vendre du vin dans notre pays. Je pose simplement une question basique : combien de pognon ces mauvais garçons mettent-ils sur la table pour que les petits loups et les petites louves aient envie de licher leurs charmantes boutanches ?

 

(1) C'est un mauvais garçon

Il a des façons

Pas très catholiques

On a peur de lui

Quand on le rencontre la nuit

C'est un méchant p'tit gars

Qui fait du dégât

Si tôt qu'y s'explique

Ça joue du poing

D'la tête et du chausson

Un mauvais garçon

(3)

agneau-039.JPGagneau-040.JPG

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

Raoul 06/05/2013 15:27


Cher Monsieur Berthomeau,


Mes potes & moi, on est bien contents que vous preniez du temps pour parler de nous. On vous connaît, on vous respecte. Vos
avis sont souvent tranchés mais toujours bien sentis.


Vous regrettez de ne pas nous avoir dégusté ? Quelle manque d’élégance en effet de la part du porteur de babillarde. Pas
d’malaise, on va y remédier séance tenante. On aurait juste besoin de savoir où vous créchez pour vous envoyer une quille.


Vos collègues commentateurs sont plus amèrement critiques. On aurait pu mal le prendre et la jouer à la Audiard, dans le
style :  « Mais y connaissent pas Raoul ce mec ! Va y avoir un réveil pénible, j’aurais voulu être diplomate, éviter que le vin coule.
Mais maintenant c’est fini, je vais les travailler en férocité, les faire marcher à coups de lattes, à ma pogne je veux les voir... ». Mais la jolie blonde au bandana rose qui ne semble pas
ravir votre œil m’a vite calmé... « Le vin est une boisson de plaisir à partager entre potes » qu’elle nous a dit... Sous ses airs de rockeuse sixtie, un vrai cœur de porcelaine, pas
vrai ?


 


On nous traite de « produit marketing » : mais tous les vins sont en puissance des produits marketing puisque du
plus petit vigneron au grand groupe, chacun travaille sur son packaging (comme on dit maintenant) pour que sa bouteille attire l’œil du consommateur plus que celle du voisin,
non ?


Pourquoi en vouloir à une bande qui souhaite juste apporter une touche d’humour et de couleur dans un rayon un peu
tristounet ? Ne retrouverait-on pas là un brin de chauvinisme viticole français que vous avez été un des premiers à combattre ?



Avec mes potes, si on arrive à décomplexer la consommation de vin autour des notions de plaisir, de « buvabilité »
(ouais, c’est moche comme terme mais ça veut bien dire ce que ça veut dire) et d’accessibilité, alors on aura rempli notre mission... Que ça en défrise certains, c’est la règle mais qu’on ne nous
reproche pas d’essayer...


En vous souhaitant une bonne future dégustation, au plaisir !


Raoul, un Mauvais Garçon, (mais pas trop...) 


PS : quant à la question du pognon, croyez-moi si vous voulez mais les acheteurs étaient si contents de se voir proposer un
concept qui les défrisait un peu qu’ils ont référencé le rosé sans poser de questions. A moi maintenant, Raoul le rosé, de réussir mon entrée pour que mes p’tits copains Emile et Max me
rejoignent en linéaire à l’automne ! (voilà, maintenant j’ai la pression...)


 


 www.vins-mauvais-garcons.com

Christophe Libaud 20/04/2013 20:27


Bonsoir,


Pour la mise en musique "décalée" mais "d'époque" Gainsbourg et Guy Marchand :


- Cool Raoul s'accompagne d'un "Vilaine fille, mauvais garçon" qui twiste avec efficacité ;


- Tranquille Emile s'installe sur "L'herbe tendre" en duo avec Michel Simon au bord du fou rire ;


- Relax Max infuse dans le moelleux du saxo de Guy Marchand sur "Relax".


C'est ce qui manque le plus dans cette com "baloche", la musique on voudrait,  on pourrait, y croire, s'y croire et claquer la langue sur le palais. Et comme disait l'éternel second "la
prochaine fois je ferais mieux".

Vincent Pousson 20/04/2013 16:58


Éternel problème des marques de GD qui veulent se la jouer rock n' roll: passé le brain-storming, les poncifs du directeur marketing, le coup d'eau froide à la réunion aven la "force de vente",
la giclée d'auto-censure (parce que quand même!), on arrive toujours au même résultat, nunuche.

Michel Smith 20/04/2013 08:31


Sans vouloir jouer les mecs à la page, il me semble que les expressions retenues pour désigner ces "nouveaux" vins datent d'il y a au moins vingt ans. Payer une agence pour trouver ça, ça m'en
touche une et ça.... Bon, bref, ça pue le marketing de bas étage à pleines narines !

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