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20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 00:09

« Ce genre de choses » chez Stock écrit par Jean Rochefort.


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« C'est un ouvrage à son image : foutraque, touchant, excentrique, cocasse, drôle. Une anti-autobiographie sans ordre chronologique, sans enfance racontée par le menu, sans emphase ni litanie sur son impressionnante filmographie, sans bavardage superflu et avec une dose réjouissante d'autodérision. Ce genre de choses est un recueil de souvenirs truculents, d'anecdotes délicieusement contées, de réflexions délicatement nostalgiques, d'hommages véritablement sincères ; un pêle-mêle de vie dans lequel il est davantage question des autres que de lui. »


« Jean Rochefort, dandy cool » LE MONDE du 25.10.2013 par Sandrine Blanchard.


Bravo ! Chapeau ! Mes compliments, je vous ai tellement houspillé Sandrine Blanchard.link 


En 1990 Jean Rochefort, homme de spectacle et éleveur de chevaux – c’est ainsi qu’il signait ses chroniques lors des Jeux de Londres * – accepta à ma demande de présider la première journée nationale du Cheval qui se déroula pendant 2 jours, les 22 et 23 septembre, pour la première et dernière fois, dans les jardins des Tuileries. L’homme est délicieux, drôle, très nature, notre rencontre dans mon bureau du 78 rue de Varenne fut un de ces moments que je garde précieusement en mémoire.


Avec son petit sourire sous sa moustache « puis-je vous demander une faveur, monsieur le directeur (ironique) ?


-         Bien sûr…


-         Pourriez-vous me faire chercher et reconduire ?


Jean Rochefort habitait alors à Neauphle-le-Château (un chapitre de son livre est consacré à une audience qu’accorda, à Rufus et lui-même l’ayatollah Khomeiny qui séjourna en cette bourgade des Yvelines avant son retour à Téhéran le 1er février 1979.


La classe ! Ce fut notre seule contribution pour sa venue...


Quelques traits de Jean Rochefort relevé par SB qui me vont bien au teint.


« Quand je vois les femmes, je regrette d'être né en 1930 ! »


Le pull-over vert pomme, le pantalon violet, les baskets blanches ; c'est pour lutter contre « la crainte de l'érosion », résume-t-il. Avec le gris et le noir, «on sent la grande faucheuse qui rôde».


L’incroyable tournage du Crabe tambour (1977), de Schoendoerffer. « On ne jouait pas, on s'enivrait d'exister, la vie et le cinéma s'agrippaient l'un à l'autre. C'était unique. »


Mais Dieu que ces treize mois d'écriture furent difficiles ! , reconnaît-il. « Je vivais dans une insatisfaction permanente de relecture le matin de ce qui m'avait enthousiasmé la veille, ce qui me désespérait et me mettait dans un état dépressif fort. J'ai eu des moments de découragement. Je suis pathologiquement organisé comme cela ; j'ai toujours vécu dans le doute, dans le manque de confiance en moi. Aborder une nouvelle activité à 83 ans, c'est l'arthrose qui se réveille, le corps gueule et dit mais tu es fou, à quoi tu joues là !”


Le « Déjeunons à Nogent-le-Rotrou, ils ont du pouilly-fuissé et ils ont reçu des ormeaux » de mon titre c’est du Rochefort pur sucre (page 45-49). La MG TF 1500 « avec phares incorporés dans les ailes, noire, capote beige intérieur cuir vert. La voiture de mes rêves.


La même que lui, l’amant de la femme que j’aimais et dont j’étais l’amant »


La Triumph TR3 bleu ciel de Calder, « cent trente kilos, un mètre quatre-vingt-dix… comment fait-il pour entrer et sortir de cette petite automobile ? »

La Panhard et Levassor « imposante et sans soupapes, avec vases à l’arrière où l’on pouvait disposer des roses en petit nombre » de Jean-Pierre Marielle

 

« M. Ymonet, grand maître des carburateurs Paris-Banlieue » et sa clé de douze...


« Bruits somptueux des moteurs. La chienne de M. Ymonet, comme pour un au-revoir, assise sur le bord du trottoir, patte gauche dans le caniveau, à l’aide de sa patte droite se masturbe.


Avec tendresse M. Ymonet nous avertit : « Regardez, messieurs, elle part pour le grand voyage ! »


La manière incomparable de Jean Rochefort de conter son étrange relation « avec l’amant de la femme que j’aimais et dont j’étais l’amant »


Un bijou !


Et pour nos amis les chevaliers à la triste figure un  dernier petit coup pour la route :


« Ce cher Harold (ndlr Pinter), à la cravate inamovible, me prouvait son amitié en m’invitant avec Fresson à des mufflées historiques. Devant le café du Dôme, au lever de l’aube Fresson et moi, enroulés tels des boas constrictors autour d’un bec de gaz, là où pissent les chiens. Fresson tentant de lever la tête pour, dans son brouillard éthylique, admirer ce cher Harold toujours debout, négligeant même l’appui du bec de gaz, cravate en place, veste sortant de l’armoire, défiant le boulevard Raspail, l’horizon ce cher Harold ! Nelson sans tonneau, Nelson sans pitié pour notre Trafalgar. »


* Les juments impavides, par Jean Rochefort LE MONDE SPORT ET FORME | 04.08.2012


« Sachez ici qu'impavide est la jument quand l'étalon la pénètre, impavide et pourtant nous n'ignorons pas que la verge de l'étalon est digne d'estime lorsqu'elle sort de son fourreau. Les juments sont-elles insensibles à Eros ? « J'étais victime d'Eros ! Eros qui fait trembler même les petits oiseaux. »Coetzee, Prix Nobel de littérature.


Il me faut briller encore, amis : les juments n'ont pas les muscles faciaux qui nous permettraient de décrypter chez elles les tsunamis du plaisir, les vagues bouleversantes qui selon une confidence avaient fait hurler à une amie, qu'un de mes amis honorait : "C'est pas possible, ils sont plusieurs." Ah, le beau constat ! Oh la somptueuse mise en confiance. Mon ami bouleversé réussit ensuite tout ce qu'il entreprit, de la belote coinchée à la formule 1.


Darwin est au courant, il y a des manques, des erreurs, des oublis. C'est pourtant beau les partages, hélas les juments n'ont que leurs yeux pour nous transmettre un message. Tandis que l'étalon ivre de plaisir mord brutalement la crinière de l'honorée, celle-ci, au monde impénétrable, semble somnoler. Nos belles juments, les bais brunes, les alezanes au crin lavé, les rouannes et les isabelles sont donc à nos yeux surpris les Buster Keaton de l'étreinte.

 

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

Hervé LALAU 20/01/2014 10:13


Tiens, Mme Blanchard a changé de rubrique? Elle ne fait plus dans l'hygiénisme? Comment a-t-elle pu aimer un livre où l'in parle de Poully-Fumé?

JACQUES BERTHOMEAU 20/01/2014 10:14



Pire Hervé de mec en état de quasi-coma éthylique (Harold pinter, Fresson et Rochefort) 



patrick axelroud 20/01/2014 05:48


Sacré Taulier, je viens d'en terminer la lecture cette semaine et tout a fait d'accord avec toi : comme disait La Fontaine de Peau d'Ane,j'y ai pris un plaisir extrème.

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