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27 février 2012 1 27 /02 /février /2012 09:00

Pour les bobos et les bobottes pousseurs de gnards calés dans des poussettes Mac Laren je signale que les Maisons Familiales Rurales ne sont pas des haltes garderies situées à la campagne mais des établissements d’enseignements dépendants du Ministère de l’Agriculture. Pour faire court, ce sont dans le paysage éducatif français des établissements qui ont gardé leur spécificité originelle : dans les 1935/1937 elles sont nées de la volonté des familles, qui se sont groupées pour agir, ensemble, au sein établissements de petites tailles, proches, permettant à leurs enfants de rester au «pays» tout en continuant à se former, à réfléchir à leurs projets professionnels, à participer à la modernisation de leur exploitation agricole, à s’engager dans le métier d’agriculteur. Très inspirées du catholicisme social du début du XXe siècle et pris en mains par les organisations militantes type JAC puis MRJC, elles ne situent pas totalement dans le clivage enseignement privé/enseignement public.

 

Lorsque j’étais au cabinet de Rocard j’ai suivi avec mon voisin de bureau, le sémillant professeur de Droit Public Guy Carcassonne, les négociations qui aboutiront aux lois dites Rocard de 1984 link Ainsi les maisons familiales rurales qui ont des formations agricoles sont régies par la loi du 31 décembre 1984 (Art. L813-9 du Code Rural) portant réforme des relations entre l'État et les établissements d'enseignement agricole privés. Cette loi reconnaît la spécificité structurelle et pédagogique des maisons familiales rurales et en fait des partenaires à part entière du paysage éducatif national.

 

Mais mon rapport intime avec les Maisons Familiales Rurales date du parcours scolaire de mon frère aîné Alain. Celui-ci développait une forte allergie vis-à-vis de l’école et, au grand désespoir de notre sainte mère, refusait de faire des études. Il voulait être paysan. Drôle d’idée ne trouvez-vous pas, non ! Ainsi, on l’inscrivit à la Maison Familiale Rurale du coin qui, je crois, se situait à quelques dizaines de kilomètres de notre maison à Venansault. Moi je trouvais ça chouette car il pratiquait l’alternance c’est-à-dire des périodes de formation à la MFR suivies de retour à la maison. Pour ceux qui me prennent pour un polar ils se trompent : user mes fonds de culotte sur les bancs de l’école ne m’a jamais passionné. C’est pour cela que j’ai refusé d’aller au lycée préférant l’Ecole d’Agriculture où j’ai expédié mes études secondaires en 5 ans. Bref, j’ai le souvenir de mon frère partant sur sa mobylette bleue à la Maison Familiale c’était pour moi comme s’il prenait son sac pour aller s’embarquer pour les Amériques.

 

Ce passage personnel dans l’enseignement privé, et mon souvenir ému des maisons familiales rurales ont ensuite fait de moi, lorsque je dirigeais, le cabinet du Ministre, le discoureur patenté devant les Congrès du CNEAP ou du mouvement des MFR. Je bénéficiais d’une cote d’amour face aux congressistes, après tout j’étais un produit de leur enseignement et ils m’accordaient le crédit d’être attentif à leurs problèmes. Joseph Bonnemaire, bon aveyronnais, grand connaisseur des arcanes de l’enseignement agricole, me mitonnait de bons discours et je m’en sortais sous les applaudissements. Démagogie ? Non, bien au contraire respect des différences et des convictions, et surtout le courage de revenir chaque année défendre son action. Moi j’aimais bien cet exercice de tribune, souvent ardu, car il me permettait de mieux comprendre ce que l’on attendait de nous.

Melon-002.JPG

 

J’arrête là mes souvenirs qui doivent depuis le début de cette chronique passablement vous gonfler. Mais que voulez-vous ça me fait du bien, de temps à autres, d’évoquer les souvenirs d’un temps heureux. Ne croyez pas que je ripoline en rose ce temps, il reste encore des acteurs pour témoigner qu’au 78 rue de Varenne le dialogue, même musclé, existait. Trêve de pétales de rose, passons aux choses sérieuses : le vin et le Melon de la Maison Familiale de Beaune-Grandchamp link 5 rue de la Corvée de Mailly 21200 Ruffey-lès-Beaune Tél. : 03.80.26.61.44 / Fax : 03.80.26.52.21 / E-mail : mfr.grandchamp@mfr.asso.fr

 

Melon-001.JPG 

Grâce à Xavier, l’un de mes dénicheurs de rareté, je renoue ce matin avec la vraie démarche d’un blogueur : sortir des sentiers battus. Franchement, où trouverez-vous ailleurs qu’ici un vin de pays de Sainte Marie la Blanche ?

 

L'Article 2.du décret dit – Pour avoir droit à la dénomination “ Vin de pays de Sainte-Marie-la-Blanche ”, les vins doivent être issus de vendanges récoltées :

 

– dans le département de la Côte-d’Or : communes de Sainte-Marie-la-Blanche, Merceuil, Combertault, Levernois, Montagny-lès-Beaune, Meursanges, Marigny-lès-Reullée, Villy-le-Moutier, Argilly, Broin, Auvillars-sur-Saône, Bonnencontre, Corcelles-les-Arts, Ebaty, Tailly, Chevigny-en-Valière.

– dans le département de la Saône-et-Loire : commune de Géanges.

 

Les vins doivent provenir des cépages suivants :

– pour les vins rouges : pinot noir et gris, gamay noir ;

– pour les vins blancs ; chardonnay, aligoté, melon, auxerrois, pinot blanc, pinot gris G.

 

Là encore, permettez-moi d’évoquer un souvenir : celui du chef de centre de l’Office des Vins de Table de Dijon, Raymond Bernard, le pauvre souffrait de la hauteur de ses petits camarades de l’INAO de Dijon et son plus grand plaisir fut de créer, en pleine Bourgogne, des vins de pays. Je ne sais si celui-ci est son œuvre mais, si j’ai un conseil à donner à ceux qui veulent tout compacter dans les IGP, ne touchez pas à l’IGP vin de pays de Sainte Marie la Blanche. C’est un must. Une perle rare. Ne gtouchez pas à mes souvenirs !

 

J’aime beaucoup l’étiquette un peu désuète de ce vin, qui affiche son cépage MELON comme une marque, avec cette belle bâtisse à un étage : une maison familiale sans aucun doute, bourgeoise, flanquée d’arbres. Mais ce qui est extraordinaire pour un vin de pays (le cépage 2009 a été embouteillé sous l’ancienne législation) c’est que tout au-dessus de l’image de la maison familiale cossue il est écrit Vin de Bourgogne, ce qui en soit n’a rien de choquant puisque ce vin a effectivement été produit en Bourgogne mais, que je sache, Bourgogne est une AOC maintenant AOP, et je me réjouis de voir un petit vin de pays revendiquer sans complexe son appartenance à la grande maison des appellations de Bourgogne. C’est Raymond Bernard qui serait content.

 

Pour le reste rien à dire si ce n’est que ce Melon de Bourgogne est un fieffé coquin puisque d'origine bourguignonne  il est peu utilisé dans sa région d'origine, il très répandu du côté de chez moi sous le nom de Muscadet. Ce sont les hollandais au XVIIe (rires) qui ont poussés à sa culture en ces lieux où il s'est définitivement imposé après l'hiver 1709 par sa résistance relative au terrible froid qui gela la mer3 Cette année-là, -23,1 °C fut relevé à Paris les 13 et 14 janvier.

 

Et, pour encore une dernière couche de souvenirs le chef de centre d’Angers de l’ex IVCC : Mellin était un grand défenseur du Melon de Bourgogne. Lorsque je suis arrivé dans le tout nouvel Office des Vins de Table la première réunion des chefs de Centre de l’établissement me fascina : autour de la table que des vieux briscards de la vigne, férus de bois&plants de vigne et de cadastre viticole, revenus de tout et au milieu d’eux l’homme du Languedoc Pierre Marcou, fin connaisseur  de la population locale, des us et coutumes des grands chefs, qui m’a beaucoup appris sur le South of France de l’époque qui s’apparentait à un océan de vignes pissant un jus qui iraient finir sa vie à la chaudière de la distillation…

 

C dans l'air d'Yves Calvi sur les MFR link

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

clavel 28/02/2012 10:04


J'ai vécu aussi une partie de ces rappels historiques sur les Maisons Familiales dont la pédagogie originale permettait à des jeunes allergiques à l'école publique d'acquerrir des compétences et
une culture qui les sert dans toute leur vie. J'ai bien connu Pierre Marcou (sans X) qui était mon compagnon dans les Chevaliers du Cep. Il était en effet un trés bon connaisseur du milieu
professionnel viticole traditionnel, à l'époque des CAV et d'Antoine V.

Patrick 27/02/2012 15:02


Ces souvenirs sont très sympathiques et j'aime beaucoup le titre de l'article qui correspond bien, sincèrement, au mouvement pour qui je travaille...

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