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1 décembre 2012 6 01 /12 /décembre /2012 00:00

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Aborderl’hippophagie ici c’est prendre le risque de déchaîner la colère des ligues qui militent contre la consommation de la viande de cheval et, croyez-moi, elles sont attentives et virulentes. Dans ma longue carrière j’ai eu à gérer madame Bardot soi-même pour une sombre et peu sympathique histoire de chevaux polonais bloqués en gare de Nice un dimanche (cette ville m’a toujours semblée être l’épicentre d’embrouilles) et une affaire grave de blocage de l’importation de viande de cheval US contaminée (certains États comme le Texas, l'Illinois, la Californie et la Floride, ont voté des lois qui interdisent l'abattage des chevaux pour la consommation humaine, donc les établissements d'abattage ne peuvent pas être situés dans ces États).

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Alors pourquoi en parler aujourd’hui ? Tout simplement parce qu’un petit livre joliment titré : La boucherie chevaline était ouverte le lundi de Dorian Nieto, un blogueur gastro link aborde avec beaucoup de sensibilité « Je n’ai jamais aimé les villes silencieuses. Le vide dans la ville, les rues mortes, les quartiers sans vie, je les fuis. Longtemps j’ai traqué les vieux bistrots parisiens rien que pour y déplier mon journal et boire des petits noirs matinaux, rien que pou y être cerné de bruits. Je peux affirmer aujourd’hui sue ma décision d’écrire sur la viande chevalin, alors que rien ne m’y prédisposait – ni mon passé de sociologue (quoique, on le verra) ni mon présent de gourmand blogueur (quoique, je ne démentirai pas) –, mon intérêt, mon questionnement et l’enquête qui suivra, sans oublier mon goût pour la viande de cheval, c’est ma détestation du silence des rues des lundis de mon enfance que je le dois. »


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Ai-je mangé de la viande de cheval ?


La réponse est oui à l’insu de mon plein gré car ma sainte mère, à chaque marché de la Mothe-Achard, rapportait un beefsteak de cheval pour fortifier ma croissance à laquelle elle consacrait tous ses soins. Je n’ai plus aucun souvenir du goût de cette viande et depuis je n'ai jamais acheté de la viande de cheval. Les dernières boucheries hippophagiques m'apparaissaient d'une tristesse infinie et puis...


Pourquoi ?


Je crois que c’est à cause de Nénette la vieille jument du pépé Louis que j’ai si souvent conduit lorsque nous passions la décavaillonneuse. Elle a fait partie de ma vie d’enfant et d’adolescent, durant laquelle j’ai vu ma mémé Marie sacrifier volailles, canards, lapins, où j’ai assisté à l’abattage du cochon à la ferme, que j’ai vu les bœufs monter dans les wagons qui les conduiraient à l’abattoir de la Villette, sans pour autant m’abstenir de consommer de la viande de toutes les espèces (sauf de la viande caprine pour des raisons que j’ai expliquées dans une chronique, sentimentales aussi), jamais je n’ai eu envie de pousser la porte du boucherie chevaline. Contrairement à Dorian Neto, comme je l'ai écrit, j’ai toujours trouvé les étals de ces boucheries, tristes, comme si elles portaient la misère du monde; Donc, sans militantisme, même si j’ai côtoyé de près des opposants lors de ma présidence de la journée nationale du Cheval, je me suis contenté d’ignorer ce secteur au Ministère : il existe en effet une Fédération Nationale du Cheval affiliée à la FNSEA, dans le jargon les chevaux lourds.


Pour autant j’ai pris un réel plaisir à lire le petit livre de Nieto, il est bien écrit, respire un réel amour pour cette viande mal aimée, pour autant je ne crois pas que je changerai, non pas d’avis, mais mes habitudes alimentaires. Grand amateur de steak tartare je ne me vois pas en consommer un à base de viande de cheval, mais sait-on jamais ? Bertrand Grébaut, du restaurant Septime, se fait à la fin du livre, avec conviction, l’avocat  de cette viande qu’il a rencontré « il y a deux ans aux Deux Amis. Mathieu Perez m’avait dit : « Si tu aimes le tartare, il faut que tu goûtes le tartare de cheval ! » Effectivement, ça été une vraie révélation : exceptionnel, ce côté sucré et fondant en même temps. » Grébaut aime beaucoup le cœur de cheval, moi je ne suis pas amateur de cœur. Mais mes goûts personnels n’entre pas en ligne de compte et je vous incite vraiment à acheter ce petit livre publié chez Argol 12,50€.


Un point d’histoire pour finir : on ne consommera pas de cheval en France avant la législation de l’hippophagie en 1866.


Une remarque pour ceux qui ne consomment pas de viande en général pour des raisons, dites de respect des animaux, tout particulièrement des conditions dites barbares de leur abattage, je rappelle que tous les animaux, comme tous les êtres vivants ont une fin. S’ils meurent pour des causes naturelles, vieillesse ou maladie, ils vont à l’équarrissage. Pour les chevaux de réforme, avant la législation hippophagique, et ils étaient nombreux comme bêtes de somme « les abattoirs de Paris, sur le site des actuelles Buttes Chaumont. Un lieu terrible, dit-on, où l’on conduisait les chevaux à l’équarrissage. Les chevaux en fin de vie y étaient entassés avant d’être mis à mort, puis découpés en toutes sortes de matériaux. Tout était exploité dans le cheval : les graisses, le cuir, les os, les crins, les sabots, les tendons… et les restes servaient de nourriture pour animaux, écrit Dorian Neto.

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Dans mon quartier, au 102 de la rue de la Glacière, dans une portion de cette rue massacrée par d’indignes dit architectes de l’Office des HLM de Paris, Monsieur Julien Davin tient une boucherie hippophagique. Je suis donc allé y faire des photos dimanche.


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ATTENTION CERTAINES SCÈNES  DE CE FILM  PEUVENT HEURTER DES PERSONNES SENSIBLES !!!



Le sang des bêtes partie 1 par Hypnotic-Poison

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

Dorian 07/12/2012 13:43


Un remerciement tardif pour ton article Jacques et ne t'inquiète pas la seule chose que j'espère faire dévorer c'est bien mon livre... après chacun voit avec son estomac et sa conscience ce qu'il
a envie de trouver dans son assiette ! En tout cas j'ai pris un vrai plaisir de lecteur à te lire... mais ça c'est une habitude...


Je regrette juste de ne avoir su que tu allais faire paraître cet article sion j'aurais pu te remercier de vive voix quand nous avons trinqué ensemble la veille du côté de Montmartre !


Dorian

Denis Boireau 04/12/2012 15:36


@ Luc: faudrait quand meme ajouter les conditions d'elevage a tes criteres de choix des viandes; faut pas faire souffrir la bete!


Je partage ta position: j'adore manger de toutes les viandes, mais j'ai mauvaise conscience pour le rendement ecologique deplorable de la proteine animale.


Quand viens-tu partager ma mauvaise conscience autour d'un roti de cheval?

Luc Charlier 01/12/2012 11:07


On mange du zèbre, de l’antilope, du chevreuil et du cerf (même du faon = Bambi). On mange du singe (parfois vivant), du chien (qu’il faut battre à mort au moment de le sacrifier pour que sa viande soit tendre, paraît-il). VGE a
sans doute mangé de l’humain chez ses hôtes ougandais ou centrafricains. Les Atrides dévoraient leurs neveux, dit-on.


Ces interdits sont factices. Personnellement, par respect du prochain, je condamne l’anthropophagie dans mon code éthique. Par contre,
pour autant que l’abattage se fasse de la manière la moins traumatisante possible – je suis sûr que le cochon sait où il va au moment de la « matance » - et qu’on ne prélève pas sur
l’environnement des espèces menacées, il me semble que tout cela n’est que sensiblerie. Par contre, étant pourtant un « viandard » moi-même, j’admets que les végétariens marquent un
grand point au niveau de l’ECOLOGIE. Il est peu « écologiquempent économique » de manger de la protéine animale.


Donc, si on excepte le cas de la viande humaine, qui me pose un réel problème éthique – to say the least – je pense que les
deux seules attitudes défendables sont l’abstinence totale des protéines d’origine animale (y compris les oeufs) ou bien la consommation libre de tout ce qu’on veut, en respectant les deux
contraintes que je suggère (abattage non-traumatique et respect des espèces menacées).


Le « leitão » de la Bairrada, au délicat goût de menthe, d’eucalyptus et de poivres mélangés est une chose exquise ! Le
même vocable désigne en français toutefois un agneau de lait (allaiton) et non un goret.

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