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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 00:09

Les réseaux sociaux ont ceci de formidable : ils fourmillent de gens absolument insupportables et détestables  (remarque que certains m’appliquent sans aucun doute). Moi ça ne me dérange pas : j’adore être détesté et je m’adonne de temps à autre à une saine détestation. Alors, si vous en avez le loisir un jour dressez donc la liste de celles et ceux « que vous ne pouvez plus voir en peinture. »


L’idée initiale est de « ne pas supporter même l’image, la reproduction d’une personne que l’on n’aime pas ». Avec les réseaux sociaux, en dépit de la persistance de certains à faire accroire qu’ils ou elles ont moins de 30 ans en publiant de vieilles photos ou des réajustées par Photoshop, l’expression reprend toute sa saveur. Ce petit détour, évoquant une expression de la langue française, afin de me soumettre aux tests de contrôle du Dr Charlier, me permet de bien introduire mon sujet en détournant cette vieille expression.


Oui, j’adore voir en peinture les harengs-saurs.

 

La preuve :


photohareng2-copie-1.JPG

Ce tableau d’André Lemaître, au temps où j’étais fou de peinture, j’ai longtemps désiré en faire l’acquisition à la Galerie Danielle Bourdette-Gorkowsky 5 Quai Saint-Etienne 14600 Honfleur, www.galeriedaniellebourdette.com/ mais, après moult hésitations, liées bien sûr au prix, je ne l’ai pas fait et je le regrette. Cette huile sur isorel, peinte en 1929, faisait partie de la collection de l’artiste et ses héritiers l’avaient mise en vente. La récente exposition Chaïm Soutine à l’Orangerie m’a mis sous le nez une nature morte aux harengs et de nouveau j’ai de nouveau succombé à la fascination du hareng saur à l’huile (désolé, je n’ai pu m’en empêcher). Scotché le Taulier !


20.-Soutine-Nature-morte-aux-harengs.jpg

 

Ce qui me fascine c’est l’ascétisme, le minimalisme, et de l’œuvre, et du sujet, ce hareng saur nourriture des pauvres, de la classe ouvrière (ça c’est pour plaire à Léon) qui a fait la prospérité de Boulogne-sur-Mer, dès le Moyen Âge. La préparation du hareng par les Boulonnais fut reconnue internationalement.


À l'origine, simple hareng desséché pour sa conservation et sa consommation par les peuples de mer, le hareng sor va prendre une grande importance commerciale à partir du XIIIe. Alexandre Dumas, dans son Grand Dictionnaire de cuisine, affirme que « C'est un nommé Bruckalz qui a inventé l'art de fumer les harengs. » Il précise : « Le hareng pec et nouvellement salé doit toujours venir de Rotterdam, de Leawarde ou d'Enkhuizen, en Hollande ; on le coupe par rouelles et on le mange tout cru, sans lui faire subir aucun autre apprêt que celui d'une salade. Les plus beaux harengs saurs, les plus grands, les plus charnus, les plus dorés, les mieux fumés au genièvre sont les saurets de Germuth, en Irlande. »


800px-Kipper.JPG

 

Saur selon le Robert : adj. m (1573, d’abord écrit sor, 2e moitié du XIIIe ; emprunté selon Wartburg au moyen néerlandais soor « séché ». Selon P. Guiraud, le mot vient d’une base latine saur servant à désigner des animaux à couleur mêlé de brun. Ce terme ne s'utilise habituellement que pour ce type de hareng dont la peau, initialement d'un bleu profond, se dore sous l'effet du fumage, pour certains chevaux et, en fauconnerie, pour un oiseau de moins d'un an.


En fonction du temps de salage et de fumage – et en fonction des pays –, le hareng saur peut être appelé différemment :


-        Fraichement salé, c'est le hareng pec ;

-        moins salé, c'est le craquelot.

-        bouffi ou bloater ; fumé entier, c'est le buckling ;

-        ouvert et aplati, légèrement fumé, c'est le kipper que les Anglais prennent au déjeuner ;

-        très sec, fabriqué pour être conservé très longtemps, c'est le hareng franc-saure.

-        en wallon, c'est un haring saur ou un sorèt, néologisme qui se rapproche de sauret, un ancien adjectif synonyme de saur.

-        En Brusseleer, c'est un boesjterink.

 

Ayant à nouveau satisfait Léon j’en viens à l’essentiel :  l’avantage de la consommation du hareng saur c’est que ça donne soif et que la soif c’est bon pour l’extension du domaine du vin. Quel vin ? ça nos grands experts en alliance en tout genre, s’ils ne sont pas trop occupés à Twitter vous le diront bien mieux que le Taulier qui lui vous propose tout même un pouilly fuisse en chatenay 2011 de la maison PUR link , 3 eme année en convertion AB, vinif zero sulfites, mise en bouteille zero sulfites !!!!!! Tout pour plaire au meilleur promoteur des Vins naturistes... les vins à poils... je sens monter la bête qui sommeille en moi... vive la nature !


PURPOUILLYFUISSE2011.JPG

RECETTE qui devrait plaire à SAMIA cuisineetsentiments.com/   : Harengs en condiment.

 

« Fendez un hareng saur par le milieu et grillez-le. Enlevez la chair et la laitance (œufs). Pilez-le dans un mortier avec une cuillérée à soupe de moutarde forte, 1 cuillerée à soupe d’huile d’olive, quelques grains de poivre de Cayenne, une pointe de sel. Réduisez en purée. Mettez dans des petits bocaux de verre. Fermez hermétiquement et gardez au réfrigérateur où il se conserve longtemps. Servez-vous-en délayé dans de l’huile et du vinaigre. »

 

chaim_soutine_nature_morte_aux_harengs_avec_plat_ovale_d540.jpg898514264.jpg

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

Raphaële 15/09/2016 20:46

Merci pour l'originalité et la beauté méditative des harengs peints...Je vis maintenant au bord de la Loire, magnifique mais...muette de harengs !
Raphaële

charles 14/01/2013 19:12


Excellent plat !


A consommer sans modération.


Tout comme la macédoine de légumes, oeufs durs, mayonnaise...Et une bonne tranche de jambon blanc...

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