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25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 11:00

Notre homme se cache derrière un pseudonyme car il est connu comme le loup blanc de tous les bobos de Paris, plus particulièrement les addict de Télérama. C’est un virtuose qui allie talent d’écriture, sensibilité exacerbée, pertinence de ses accords les plus inattendus, finesse de ses références politiques et une culture encyclopédique. Il adore Paris, aiment les jolies femmes et le divan.


J’invite tout particulièrement, celles et ceux  de mes confrères blogueurs s’intéressant à la table, à se pencher sur ce texte d’une profondeur abyssale afin d’affiner leur style et renouveler un genre qui a tendance à se cantonner dans les clichés, Instagram tout particulièrement. Excellente lecture et, si vous découvrez qui s’est glissé dans les oripeaux de ce critique gastronomique d’un autre type rien ne vous interdit de le révéler aux lecteurs du Taulier.


La critique ci-dessous concerne le restaurant Villa Nova de Fabrizio situé dans la Seconde Avenue de la Grosse Pomme.


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« Chez Fabrizio, la touche artistique réside dansle poulet désossé à la Parmigiana de Spinelli. L’intitulé est au deuxième degré, puisqu’il a fourré le poulet de petits os supplémentaires, comme pour signifier que la vie ne doit pas être consommée trop vite ou sans précaution. L’obligation d’ôter constamment de petits os de sa bouche et de les déposer sur l’assiette donne au repas une sonorité mystique. On est obligé alors d’évoquer Webern qui semble ressurgir à tout instant dans la cuisine de Spinelli. Robert Craft, parlant de Stravinsky, suggère un intéressant rapprochement entre l’influence de Schoenberg sur les salades de Spinelli, et l’influence de Spinelli sur le Concerto en pour cordes de Stravinsky. À cet égard, le minestrone est un superbe exemple d’atonalité. Accompagné tel qu’il est de croûtons aillés et de petits morceaux de légumes, le dîneur, quand il le boit est obligé de faire des bruits harmonieux avec la bouche. Ces accords sont disposés selon un rythme précis, et se répètent dans un ordre immuable. La première  fois que j’allai chez Fabrizio, deux clients, un jeune garçon et un gros homme, mangeaient leur soupe à l’unisson, et l’émotion fut telle qu’ils reçurent une vibrante ovation. Comme dessert, nous eûmes des tortoni, ce qui me rappela cette remarquable phrase de Leibnitz : « Les monades sont des fenêtres. » Quelle lucidité ! Les prix chez Fabrizio, sont, ainsi que me le dit un jour Hannah Arendt, « raisonnables sans être historiquement inévitables ». Je souscris à ce jugement. »


3 notes en bas de page :


1-      « La pasta, en tant que mode d’expression du néo-réalisme italien, est bien mise en valeur par Mario Spinelli, le chef de chez Fabrizio.


2-      Spinelli a milité des années durant dans les rangs du Parti communiste italien, et s’est révélé par l’inclusion subtile dans ses tortellini.


3-      C’est grâce à Spinelli que la Cour Suprême déclara solennellement que « les hors-d’œuvre ont droit à une protection totale en vertu du Premier Amendement. »

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans les afterwork du taulier
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commentaires

Michel Smith 25/06/2013 20:35


Il me semble que c'est du Woody Allen tout craché dans The NewYorker...

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