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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 00:09

J’ai balancé titrer cette chronique « Avinez-vous ! » rien que pour provoquer les visages pâles d’en face, qui nous cataloguent comme le lobby des pochtrons mais, comme leur sens de l’humour est aussi mince qu’une feuille de papier à cigarette, j’y ai renoncé pour ne pas nuire à la cause du vin, la nôtre, la vôtre. Cette cause, j’ose écrire enfin, est exposée, d’une manière claire, bien argumentée, sans parti pris ou faux-semblant, par Jacques Dupont dans son dernier opus « Invignez-vous » publié chez Grasset.

Jacques Dupont sur Europe N°1 link


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Même si ce n’est pas remboursé par la Sécu achetez et lisez « Invignez-vous » et surtout faite-le lire à celles et ceux qui ne gravitent pas dans notre monde du vin. Comme je ne suis pas de ceux qui font porter à la loi Evin, que j’ai vu naître et combattue dans sa lettre depuis le 78 rue de Varenne, tous les maux de notre viticulture, je me sens très à l’aise pour écrire que le livre de Jacques est sain, salutaire car c’est un hymne à la santé publique, la nôtre, la vôtre, celle de nos enfants car c’est le livre honnête d’un honnête homme qui a longtemps contenu son exaspération face à l’hypocrisie et la mauvaise foi de ceux qui disent vouloir faire notre bonheur à notre place.


Ceci écrit ne jouons pas les chochottes effarouchées, ne donnons pas aux gens d’en face des verges pour nous faire fouetter « Le vin, c’est aussi de l’alcool. La nourriture et le vin modifient les états de conscience et changent les relations entre les individus ; c’est cela la gastronomie »link Assumons le vin pour ce qu’il est, sans arrogance ni fausse honte, soyons nous-même dans un monde qui a bien besoin de lui pour aider à renouer les liens sociaux. Nous ne vivons pas, et nous ne vivrons jamais, dans un monde à risque zéro. Le monde médical, lorsqu’il s’agit de lui-même, le sait fort bien : maladies nosocomiales, les risques chirurgicaux, les médicaments à  risque, l’actuelle transmission du SRAS.


Jacques et moi, qui nous sommes connus au moment de la publication de mon rapport en 2001, partageons la même approche citoyenne et responsable mais, pendant fort longtemps nous nous sommes heurtés à l’absence de stratégie intelligente du monde du vin face aux prohibitionnistes, une stratégie qui viserait à gagner la faveur de l’opinion publique, les fameux électeurs auxquels sont si sensibles nos parlementaires. La préférence de beaucoup dans le monde du vin a été, et est toujours, pour certains soit à l’indignation de salon où tous nos « adversaires » réels ou supposés, sont mis dans le même sac et les politiques vilipendés ; soit à de pures réactions de circonstance face aux provocations des hygiénistes-prohibitionnistes : ceux-ci savent manier avec succès la muleta.


Regagner le terrain perdu n’est, et ne sera pas aisé, dans une société très urbanisée, anxieuse, où une part importante de la population vit dans la précarité, où les soucis de forme et de santé dominent chez ceux qui ne sont pas dans la difficulté. C’est un travail  de fond, lent et patient, qui se heurte au goût immodéré des gens  du vin  de vivre en circuit fermé, entre soi. Nous vivons une situation totalement paradoxale puisque le vin, ces 15 dernières années, a gagné ou regagné ses lettres de noblesse dans les médias mais sans que le monde du vin arrive sous sa forme collective à émettre, dans ces mêmes médias, un discours porteur et audible pour le plus grand nombre de nos concitoyens.


Je le regrette et, après m’être engagé sans ambiguïté, dès l’origine de ce blog, je dois vous avouer que j’ai rendu mon tablier. En effet, j’ai fait face à la plus grande indifférence, normale car je ne suis qu’un vieux et petit con de blogueur, des dirigeants du monde du vin qui, pendant tout un temps, se contentaient de brailler à espace régulier avant d’enfin doter Vin&Société de quelques moyens et bien sûr des médias du vin : ce n’est pas vendeur coco.


Certains journalistes de la presse généraliste m’ont contacté pour, selon leur dire, faire de l’investigation sur l’ANPAA mais très vite à l’étage au-dessus le couperet tombait « pas touche à ça, il s’agit de la santé des Français... » Souvenir aussi du raffut du sieur Chabalier autour de son cas d’alcoolique et de son rapport commandé par son pote Ministre de la Santé : le célèbre Philippe Douste-Blazy et d’une réflexion d’un journaliste du Monde « c’est une vache sacré, on ne touche pas à Chabalier. Encore et enfin, la Sandrine Blanchard du Mondelink


Bref, voici un petit et dernier regard en arrière et que la vie continue.


Ça a commencé le 6 juillet 2006 par une chronique « Des mots plutôt que des maux » qui était une lettre au directeur de l’ANPAA.


Monsieur le directeur de l'ANPAA,


Je dois vous faire part de mon admiration pour le combat sans merci que vous menez contre les mots. Quel courage ! Quelle pugnacité ! Permettez-moi quand même de m'étonner du retard à l'allumage de votre dernière bataille : dormiez-vous ? Deux longues années avant d'oser croiser le fer dans les prétoires avec ces malandrins de viticulteurs du Val de Loire. De mauvaises gens, des pervertisseurs de notre belle jeunesse de France, grâce à vous ils ont le rouge au front, votre opprobre les poursuit jusqu'au fond de leur cave et ils n'osent plus s'assoir face à leur femme et leurs enfants.


Monsieur Patrick Elineau, vous qui par le hasard d'une parentèle - cousin de ma première épouse, sa mère était la sœur de votre père - avez assisté à mes premières épousailles, j'espère que votre vocation de chevalier de l'abstinence contrite ne vint pas du spectacle des banquets servis en cette occasion à l'hôtel du Stade à la Mothe-Achard, que les chansons à boire n'ont pas fait monter en vous le courroux, ou est-ce tout bêtement le hasard qui vous fit débarquer à l'ANPAA où vous faites carrière comme d'autre le font chez Coca Cola ou chez Matra missiles. Bref, vous êtes là, et du haut de votre chaire vous pointez votre doigt vers ces gens du vin par qui tous les malheurs du monde, ou presque, arrivent.


Je caricature à peine, mais vos bataillons fournis de l'ANPAA pourquoi ne les jetez-vous pas en vagues successives dans les banlieues pourries, les solitudes glacées pour lutter contre les causes profondes de l'alcoolisme. Non, il est plus facile de ferrailler avec les mots plutôt que contre les maux de notre société. Depuis que vous êtes à la tête de l'ANPAA l'alcoolisme n'a pas reflué, preuve de l'inefficacité de vos armes. Rassurez-vous, monsieur le directeur, je ne suis pas un pourfendeur de la loi Evin, ni un supporter des campagnes de promotion collective, mes écrits en attestent,  je suis tout bêtement un vivant qui sait depuis qu'il est en âge de penser que le premier risque que lui ont fait prendre ses parents c'est de l'avoir mis au monde et ce risque est, avec certitude, mortel.


De grâce, cessez d'être hypocrite, dites que vous êtes prohibitionniste : n'y touchez jamais dites-vous... Pauvre de vous que cette fuite face à la vie que l'on vit. On ne fabrique pas des individus et des citoyens responsables avec de tels principes. Affrontez la réalité, protégez réellement la jeunesse non avec des mots dérisoires, des campagnes sans impact sur les populations à risque, des messages sanitaires dont tout le monde se tamponne. Si avez le culot de croire que les accidents de la vie ne sont pas les vecteurs essentiels des abus vous vous trompez et vous trompez ceux qui payent les impôts qui soutiennent votre action. Soyez efficace et utile car la lutte contre l'alcoolisme vaut plus que vos amusettes dans les prétoires.


Je vous laisse Patrick Elineau, je suis de ceux qui, autant que vous, vivent avec le souci du bien commun, surtout n'allez pas vous asseoir à la table du Conseil de Modération vous risqueriez d'être contaminé. Restez dans votre bel isolement, vos certitudes, mais de grâce cessez de stigmatiser ces femmes et ces hommes qui, par leur labeur, leur savoir-faire, leur amour de leur bout de terre, font la vigne et le vin, portent haut l'image de notre beau pays, nous font vivre. Respectez-les, ils vous respecteront. Bonjour chez vous et faites attention en traversant la rue vous risqueriez de vous faire écraser.


Jacques Berthomeau


Puis comme je vous l’ai dit j’ai vu naître la loi Evin sous la pression des grandes pontes de la médecine. C’est à lire avant de raconter n’importe quoi.


-          La stratégie du Go de Claude GOT link 


-          3 Questions à Claude Got link 

 

Ensuite je me suis intéressé aux comptes de l’ANPAA « Dérèglements de comptes * »link  et « Une petite bordée de questions à nos "amis" l’ANPAA… »link

 

J’ai même adhéré à l’ANPAA « Matricule 17044 : au rapport ! L’argent de l’ANPAA est aussi le vôtre »link sans être suivi par qui que ce soit et avant de ne plus recevoir d’appel à cotisation de cette grande association au fonctionnement haut combien démocratique.


J’ai commis d’autres chroniques L'édito de mars de l'ANPAA : à quel jeu joue-t-on ? à lire absolument ! link ou La Cour d’Appel de Paris passe une dégelée à l’ANPAA : 6000€ dans le buffet et des attendus meurtriers link


C’est dit et écrit sur la Toile.


Maintenant Invignez-vous avec le sieur Dupont mais remuez-vous, ne restez pas le cul sur vos chaises : la cause du vin le vaut bien ! Pour moi la vie est belle, les filles sont belles et je défie le sinistre Batel, à qui j'abandonne ma bonne quinzaine d'année de handicapavec ma flèche d'argent sur le kilomètre arrêté... 


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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

Christophe Libaud 30/05/2013 20:13


Décembre 2011, c'était il y a très longtemps, Jean-Robert Pitte n'en disez pas moins sous des formes très policées, non ?


http://www.asmp.fr/travaux/communications/2011_12_12_pitte.htm


Bonne lecture à toutes et à tous :



Edouard 30/05/2013 11:11


A lire aussi Jacques, la tribune que signe Jean-Charles Chapuzet sur IntotheWine aujourd'hui : "Moi Président de la République, je boirai du vin !" qui rebondit sur le livre de Jacques Dupont
: http://www.intothewine.fr/magazine/les-news/moi-president-de-la-republique-je-boirai-du-vin

JACQUES BERTHOMEAU 30/05/2013 11:13



C'est fait au petit matin 



Jungmann 18/05/2013 07:45


C'est à une espèce de Got que pensait Dennis Lehane quand il écrivait dans Moonlight mile " J'ai du mal à supporter les parangons de vertu. Ils associent un instinct de survie totalement
narcissique à un sentiment de supériorité morale. Sans compter qu'ils ont l'art de plomber l'ambiance d'une soirée."


Merci Jacques D pour ce livre, j'espère qu'il ne servira pas qu'à convaincre les convincus !


 

norbert 14/05/2013 08:46


Tout simplement MERCI Le Taulier.


J'avais été déstabilisé par un de vos précédents papiers, me voilà rassuré.

Patrick Baudouin 14/05/2013 01:16


LOI "EVIN" : LE CHANGEMENT CELA DOIT ETRE MAINTENANT sur https://www.facebook.com/patrick.baudouin.49

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