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30 avril 2014 3 30 /04 /avril /2014 00:09

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Sur la 4e de couverture de l’ouvrage de référence d’André Gluksmann, du moins celui qui lui rapporté sa part de notoriété sur laquelle il a survécu, le plus imbuvable des « nouveaux philosophes » qui ont éclos dans la grisaille des années 70, « Les maîtres penseurs » on pouvait lire :


« Toute la famille fait dans la politique. L’aîné, Johann Gottlieb Fichte, passait pour jacobin – un futur Lénine ? Hegel, un peu tout, un peu là, offre de devenir maître et possesseur non seulement de la nature (style Descartes) mais de la société. La domination de la terre, résume Nietzsche. Ça ne se refuse pas.


En cent ans la pensée allemande est devenue mondiale. La dernière fleur de la métaphysique occidentale ? La première pousse du Goulag ? Une anémone, une fleur de vent, du vide, glisserait Socrate.


Panurge qui ne veut ni être battu, ni volé, ni trompé a droit au cocktail. Un rien de révolution française, un zeste d’économie politique anglaise et un vieux fond de science allemande recommandée par Marx. Cela n’a pas empêché les marxistes de battre et d’être battus, volés, cocus.


L’ordre règne dans le siècle et l’obéissance dans les têtes. Face Est, le continent du grand mensonge, côté Ouest, les provinces du se mentir. A la porte, un vagabond, personne visiblement déplacée. Il y a quelque temps on eût dit : un juif. La famille prouve que Mai 68 est impossible. Et la révolte des jeunes Américains. Et la résistance des Russes qui kidnappent Pinochet pour l’échanger contre Brejnev. Quand il entend parler de contestations, Doc prépare la piqûre. »


J’ai toujours eu, et j’ai toujours, le plus grand respect pour les maîtres, ceux dont je me suis nourri, mais je fuis comme la peste bubonique les nouveaux maîtres penseurs du vin, ceux qui nous vendent  du prêt à penser en kit sous prétexe qu'eux savent.


Imbuvabilité ?


-          Le noah de mon pépé Louis était-il imbuvable ?


-          Non, j’en ai bu et ce fut mon vin d’initiation…


-          La Suze de mon père était-elle imbuvable ?


-          Bien sûr que non, j’en ai bu car ça faisait genre au temps des babys de whisky en boîte.


-          J’ai toujours trouvé au whisky (celui de ma jeunesse) un goût de punaise, pour autant je n’ai jamais affirmé que ce fût imbuvable.


-          Les vins de voile sont-ils imbuvables pour madame Michu qui carbure au jaja minable ?


-          La réponse est oui, elle n’aime pas !


-          Et si l’imbuvabilité n’était qu’une simple question d’aversion, de goût personnel, au nom de quoi de nouveaux maîtres-penseurs viendraient du haut de leur chaire imposer leur norme de buvabilité ?


-          Mais ici il s’agit de vin Taulier…


-          Et alors, je suis bien d’accord, mais est-ce que ça justifie de s’interroger doctement : Doit-on parler des vins imbuvables?link


-          Bien sûr que oui, mais n’en déplaise à l’auteur de la question : sa notion d’imbuvabilité est la sienne et je ne vois pas en quoi elle devrait s’inscrire comme une référence.


-          Oui mais c’est un maître, une référence, une vigie…


-          Et alors, si je n’ai pas envie d’entrer dans son port, d’y amarrer mon galion, je n’en ai rien à faire de ses lumières. Elles sont là pour ceux qui estiment en avoir besoin, ceux qui ont besoin qu’on leur tienne la main…


-          C’est la fonction même d’un critique que je sache ?


-          Bien sûr que oui mais moi qui suis un buveur, et non un dégustateur en boucle, je ne vois pas au nom de quoi je m’interdirais d’emprunter des chemins qui ne sont pas les siens et surtout que mon goût fasse l’objet de ses risées… de ses sarcasmes... comment ose je boire l'imbuvable ?


-          Compris mais puisque tu dis aimer la castagne dis-nous Taulier si tu as trouvé le film de Nossiter imbuvable ?


-          … je ne suis pas sorti de la salle…


-          Mais encore…


-          Rien, il serait cocasse que je me mette dans la peau d’un critique alors que je réfute une certaine forme de terrorisme intellectuel. Si vous souhaitez avoir un avis éclairé allez donc lire ce que pense du film Fabrice Le Glatin c’est ICI link 


-          C’est noté mais pourquoi avoir associé imbuvabilité et infaillibilité ?


-          Pour faire genre, les 2 vont en général bien ensemble… je m’explique !


INFAILLIBILITÉ


Je lis dans le Libération Next-food du 25 avril 2014 sous la plume d’Olivier Bertrand et de Christophe Maout « le rouge et le blanc», une revue vin sur vin ceci :


« François Morel, le rédacteur en chef, intervenait souvent, parfois bourru. L’homme a la voix un peu rauque de Philippe Léotard et un drôle de tic de la main, comme s’il vidait un verre d’un trait. Tout le monde était admiratif du saut qualitatif survenu à la fin des années 2000. «L’élevage est là mais il ne marque pas, disait Morel. Il ne ramène pas sa gueule. De toute façon, il n’y a jamais trop d’élevage, c’est seulement qu’il manque parfois un peu de vin derrière.» A la fin, la vigneronne leur a fait goûter une cuvée ratée. L’acide acétique avait pris le dessus, elle a appelé cela «Oups», le vend comme vinaigre. Ils ont goûté sérieusement. «Désolé, ce n’est pas du vinaigre, c’est du vin piqué», a tranché sans fard le rédacteur en chef. » link 


Et je n’aime pas ça !


Je suis 100% Le Rouge et Le Blanc !


J’ai une grande estime pour François Morel.


Ce que je n’aime pas c’est sa dernière phrase, même si elle correspond à une réalité, je la trouve donneuse de leçons, irrespectueuse de ce que fait la main, celle de Claire Naudin en l’occurrence. Lorsque le critique se pique de jouer au vigneron à mon sens il sort des limites de l’épure de son travail. Comme le dit très justement Marc Parcé : « il est plus facile de faire du vin avec des mots qu’avec du raisin… » Qui risque rien n’a rien ! Si Claire Naudin s’est plantée c’est qu’elle a essayé. Vinaigre ou vin piqué qu’importe, ce qui compte c’est le faire. Les jugements tranchés du haut de la chaire très peu pour moi.


J’adore les bulles mais j’exècre les bulles pontificales trempées dans l’infaillibilité.


« Je suis pour le retour du fouet. Mais entre adultes consentants. » Gore VIDAL  écrivain et acteur américain (1925-2012)


comment cracher le vin avec élégance par Miss_GlouGlou

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

je me cache encore et je suis un cuistre 30/04/2014 15:39


il manquait la chute:


 


avec les mêmes résultats. Lassés de tant d'échecs, ils
retournent à leur métier de copiste.

je me cache et je suis un cuistre 30/04/2014 15:31


Encore si bien vu ce que tu écris.


 


Sur le deuxième sujet, Flaubert nous a tous devancé.


Le dictionnaire des idées recues (ou catalogue des opinions chics) devait figurer en appendice de Bouvard et Pécuchet. Flaubert ne termina jamais cet ouvrage.Il avait songé au sous-titre:
"encyclopédie de la bétise humaine."


Le résumé:


Par une chaude journée d'été, à Paris, deux hommes, Bouvard et Pécuchet, se rencontrent et font connaissance. Ils découvrent que, non seulement ils exercent le même métier de copiste, mais qu'en plus ils ont les mêmes centres d'intérêts. S'ils le pouvaient, ils aimeraient vivre à la campagne. Un héritage fort opportun va leur
permettre de changer de vie. Ils reprennent une ferme dans le Calvados, non loin de Caenet se lancent dans l'agriculture (agronomie, arboriculture, jardinage, conserverie, distillerie). Leur incapacité à comprendre va n'engendrer que des désastres. De la même manière, ils vont s'intéresser, dans l'ordre, aux sciences
(chimie, anatomie, physiologie, médecine, nutrition,astronomie, zoologie, géologie), à l'archéologie (architecture, muséologie, religion celtique, antiquités, histoire, biographie), à la littérature(roman historique, théâtre, critique littéraire, grammaire, esthétique), à la politique, à l'amour, à la philosophie (gymnastique, spiritisme,magnétisme, 

Roger Feuilly 30/04/2014 02:13


Allez en vrac, à une heure tardive, après un dîner chez Rodolphe Paquin au "Repaire de Cartouche" et quelques quilles bienvenues, un commentaire : je n'aime pas le terme "buvabilité", c'est
moche, c'est même impropre ; je préfère Jean-Paul (et même si j'aime bien aussi Raymond) Aron à Glucksmann et Finkelraut ou BHl ; et bah voilà, il est l'heure de faire dormir les yeux... à
demain. Bon appétit et... large soif ! Du moins celle à venir...

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