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4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 14:00

  L’affaire de l’Arche de Zoé m’avait touché à plus d’un titre et, le 6 décembre 2007 je reproduisais le point de vue de Régis Debray dans le Monde du 23 novembre 2007 « Zoé et Zorro, le néo-bon et le néo-con » link. 5 ans se sont écoulés et le procès des responsables de l’Arche de Zoé, qui s’étaient lancés dans une croisade humanitaire au Tchad en 2007, comparaissent lundi 3 décembre devant la justice pour  « escroquerie ». Je vous propose et de relire le point de vue de Régis Debray et l’article de :

 

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Parents de quatre grands enfants, Citane et Antonio Ferrer ont toujours eu les bras grands ouverts. Le Secours catholique leur confie d’ailleurs régulièrement l’été des enfants n’ayant pas la chance de partir en vacances. Habité par un sens aigu de l’accueil, le couple s’est laissé convaincre par le discours de l’Arche de Zoé. Pour eux, recueillir un petit réfugié en danger de mort relevait de l’évidence. L’amertume est d’autant plus grande aujourd’hui. « L’Arche de Zoé a abusé de notre humanité,  assène Citane. Cette association a trahi notre intégrité morale. »  Lorsque ses responsables ont été arrêtés en octobre 2007, on a en effet découvert que la plupart des 103 enfants qu’on leur avait présentés comme des orphelins du Darfour réfugiés au Tchad avaient en réalité des parents.


« On s’est joué de notre crédulité. » 


Cinq ans se sont écoulés depuis les faits, mais Brigitte Danjou est toujours traversée par la même colère froide. « On s’est joué de notre crédulité. »  Le plus révoltant pour elle reste de passer pour une femme en mal d’enfants qui, dans l’espoir de devenir mère, aurait fermé les yeux sur des pratiques contestables. « Je travaille depuis toujours dans un centre de loisirs, je ne suis vraiment pas en manque de gosses ! »  explique celle qui est, par ailleurs, mère de deux enfants. Avec son discours bien rodé, L’Arche de Zoé avait fini par la persuader de contribuer à un « magnifique »  projet : sauver des enfants d’un conflit qui ravageait une partie du Soudan. Sa déconvenue a été à la hauteur de son enthousiasme initial. Le fils de Brigitte, une douzaine d’années à l’époque des faits, est sans doute encore le plus ébranlé par « l’affaire ». « Apprendre que des petits avaient été séparés de leurs parents l’avait beaucoup choqué »,  se souvient sa mère.


Avec le recul, certaines familles n’hésitent pas à faire un parallèle entre les pratiques de l’Arche de Zoé et les dérives qui ont lieu dans certains groupes. « Éric Breteau était vénéré, il suscitait une adhésion complètement délirante,  assure Citane Ferrer. Et puis il nous demandait de garder le secret sur le projet et de n’en parler qu’entre nous, un peu comme dans une secte. »  Les Ferrer, jusqu’alors très engagés dans la vie de leur paroisse, ont alors fini par vivre en vase clos et par ne plus fréquenter que les autres familles d’accueil. Quand, par moments, le couple se mettait à douter, « la beauté du projet »  le remobilisait. « On ne se sentait pas la force de faire machine arrière »,  insiste Citane.


« On ne voulait pas voir » 


Même aveuglement du côté de Martine Gergères. « L’association nous a fait comprendre que les familles qui paieraient les premières seraient prioritaires, alors on a sorti le chéquier »,  se souvient celle qui souhaitait coûte que coûte adopter. Les organismes autorisés pour l’adoption (OAA) les avaient pourtant mis en garde, elle et son mari, contre les procédés « louches » de l’Arche de Zoé. « Mais on ne voulait pas voir »,  concède-t-elle aujourd’hui. Après le fiasco de l’épopée humanitaire, Martine a sombré dans la dépression. Elle a aujourd’hui l’immense bonheur d’être maman d’un petit garçon de 3 ans, mais les séquelles de « l’affaire »  sont là. Elle attend le procès pour pleinement tourner la page. « Cette association a joué avec les sentiments de tout le monde, ceux des Tchadiens comme ceux des Français, il est temps qu’ils répondent de cela. » 


Sur les 358 familles d’accueil « victimes » de l’escroquerie humanitaire, seule une quinzaine se sont constituées parties civiles. « Les autres éprouvent sans doute une certaine honte à s’être laissées ainsi berner et à avoir participé à un tel projet »,  explique Guillaume Le Maignan, avocat de l’association Enfance et famille d’adoption.


MARIE BOËTON

 

Voir aussi:

On a retrouvé les enfants de l’Arche de Zoé link

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans les afterwork du taulier
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