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14 novembre 2014 5 14 /11 /novembre /2014 00:09

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L’éditorialiste anonyme de Vitisphère, dont tout le monde connaît le nom et le prénom, déclarait récemment que Berthomeau avait encore frappé parce que j’avais estimé dans une chronique que la vente du vin par Internet en France n’avait guère bouleversé le paysage du secteur.


« La part de marché du Net, certes conséquente, n’a rien d’extraordinaire, d’autant plus que les plus gros sites de ventes sont aussi présents physiquement avec des magasins ou sont des généralistes qui ont ajouté le vin à leur offre Ventes Privées et Cdiscount bâtis sur le modèle GD. Enfin, cette même GD emboîte la tendance et ouvre des sites de vente via Internet, c’est le cas de système U. »


Ce n’était de ma part qu’un simple constat, non une critique de la pertinence de ce mode de commercialisation du vin.

 

Je posais 2 questions simples :


-         L’e-commerce a-t-il en France étendu la part de marché du vin ?


-         L’e-commerce génère-t-il de la valeur pour les vignerons ?

 

Bien évidemment elles n’ont reçu aucune réponse de la part de ceux qui estiment que je ne suis qu’un vieux ronchon qui ne comprend rien à la magie du Net.


Sauf que ma petite entreprise est sur le Net depuis 10 ans, qu’elle s’est développée sans publicité ni moyens autres que ma persévérance, que je ne me suis pas vendu à un grand groupe de presse. Je fais du commerce à ma manière et j’ai acquis une bonne connaissance des attentes et des demandes de mes « clients ». Je crois donc à la force et à la puissance de la Toile, mais encore faut-il ne pas se contenter d’y croire, d’avoir la foi, mais de mettre en œuvre une  stratégie adaptée  au but que l’on s’est fixé.


Pour chroniquer, je m’informe et je tente de comprendre les ressorts profonds de ce que l’on nomme d’un terme générique : le marché.


Celui du vin visé par l’Internet en est un qui attire de plus en plus d’intervenants puissants. Phénomène normal qu'il faut quantifier en volume, en valeur pour savoir s'il agit sur le niveau global de la consommation.


Pour preuve les Vignerons Indépendants s’y mettent à leur tour : ils ont profité de l’ouverture de leur Salon de Reims pour annoncer l’ouverture de leur site de vente en ligne à partir de janvier 2015.


Il s’agira, selon Jean-Jacques Jarjanette le Directeur Général du syndicat, de la plus importante plate-forme de vente en ligne de vins en France. L’objectif n’est pas de prendre la relève des salons visités chaque année par  près de 600 000 amateurs mais au contraire de poursuivre ce lien avec les exposants, vignerons eux-mêmes présents. Il faut prendre acte de l’évolution du marché. Aujourd’hui, la vente en ligne de vins représente 5 % des ventes, demain ce sera 20 % !


500 à 600 vignerons seront présents sur le site à l’ouverture. Ils proposeront chacun 5 à 6 vins et tous les vignobles français seront représentés de façon équilibrée.  Les commandes seront traitées dans un centre logistique installé à Mâcon en Bourgogne et surtout en bordure de l’axe autoroutier Nord-Sud. Les clients bénéficieront d’une seule livraison quels que soient les vins commandés.


Le site www.vigneron-independant.com  a une vocation européenne. Il sera ouvert en 5 langues dans un premier temps avant de passer à 10 fin 2015. L’objectif de chiffre d’affaires à moyen terme est de 60 millions €. »


Affaire à suivre de près par le boss de Vitisphère et par les cavistes indépendants…


Dans le même ordre d’idée, horreur, malheur, j’osais aussi écrire : « Tous ensemble, têtes baissées, c’est la ruée dans l’océan rouge de la vente du vin sur la Toile, on baptise allègrement start-up des boutiques créées par de jeunes gens qui se contentent de faire financer leur business par des braves acheteurs qui payent d’avance des box qui ne cassent pas 3 pattes à un canard et qui, à l’instar de 1855, lèvent des fonds pour assurer disent-ils leur fabuleuse croissance. Moi je veux bien tout ce que l’on veut mais je ne suis pas convaincu, ni de la novation, ni du modèle économique. »


Je ne croyais pas si bien dire :


-         Et voilà que le petit Nicolas sort lui aussi sa BOX link


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-         Y’a aussi la méthode Coué ceux qui se tresse des couronnes de lauriers genre Phileas Wineclub : le plus beau catalogue de vin du web


« Il sort de sa box. Et mérite la pleine lumière.


Dans l'offre -plutôt touffue- du vin en ligne, Phileas, l'avatar-gentleman-œnophile du site Phileas Wineclub, fondé par le duo franco-italien Castelli-Foradori, propose une vision différente, pointue, ambitieuse. Et hautement buvable.


Ce qui le classe à part ?


Le plus beau catalogue du web ! Des vins rares (ce qui ne veut pas dire chers), des vins 'étrangers' autant que français, des prix tirés proches du prix à la propriété, une souplesse d'achat grâce aux possibilités d'abonnement (type box) ou d'achat simple façon e-caviste. »link

 

Y’a de la rumba dans l’air !


Le marché domestique va-t-il se réveiller sous l’effet de l’e-commerce et de la vente par abonnements ?


« Un marché français atone ? demande-t-on à Bernard Farges le président du puissant CIVB (Le budget annuel du CIVB oscille entre 35 et 40 M€ en fonction des cotisations volontaires obligatoires réglées par les membres.) link


Réponse de l’intéressé : « Pardon, mais non ! Il a beaucoup bougé. La consommation en bag in box est une évolution fondamentale, celle du rosé est une révolution. Le rosé a dépassé le blanc, c'était inenvisageable il y a quelques années et Bordeaux cherche à progresser sur ce marché. Les bars à vins se multiplient. Les jeunes reviennent dans ces lieux, ce qui était moins le cas il y a dix ans. »


Mais pourquoi diable Bernard Farges ne parle-t-il pas du boom de la vente de vin en ligne ? Michel Remondat ne va pas être très content…


J’oubliais le discours en défense : l’Internet du vin n’en est qu’à ses débuts en France, il faut laisser du temps au temps, ça prête un peu à rire, mais admettons, cependant je ne vois pas en quoi la simple prise de commandes via le Net, tout comme un nouveau contenant type Bag-in-Box, où l’explosion du rosé, constitueraient des facteurs permettant l’extension du domaine du vin en France. Ils contribuent surtout à une moindre dégradation mais il ne s’agit que de strictes substitutions qui ne boostent pas la demande. La facilité d’accès à une offre très large et diversifiée c’est pratique mais la grande majorité des portefeuilles des acheteurs potentiels ne sont pas extensibles et le nouveau vieillit si vite.


À mon sens c’est sur les marchés neufs en développement qu’il nous faut utiliser à plein la force du Net.


La bataille de la prise de contrôle de l’e-commerce sur le marché domestique va faire rage. Il va y avoir de la casse, c’est dans la logique d’un marché en construction : à la phase des 1000 fleurs succède celle de la cueillette par les dominants…


Affaire à suivre… 

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

Stéphane COUREAU 14/11/2014 09:27


L'analyse est pertiente. C'est toujours un plaisir inéfable de lire du Berthomeau

OLIVIER POULET 14/11/2014 00:23


Bravo au vieux ronchon

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