Samedi 11 août 2012 6 11 /08 /Août /2012 00:09

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Mea culpa, mea maxima culpa… j’ai fauté... j’ai péché... je me suis laissé aller à aimer un breuvage d’appellation d’origine contrôlée, un Côtes-du-rhône qui avait fichtrement goût de raisins. Tout ce qu’il me fallait ce jour-là pour, à la fois, me désaltérer et accompagner mon petit mâchon d’été. Mais une fois mon forfait perpétré, alors que je baillais aux corneilles je fus pris soudain de remords : n’étais-je pas en train de commettre un péché mortel  en consommant un vin qui ne répondait pas vraiment aux canons de la loi tels que définit par les détenteurs du savoir du vin : tous ces grands consultants qui donnent le la, juge et partie, qui sillonnent le monde, font du vin pour eux, pour d’autres, j’en connais même un qui siège dans le Saint des saints du Comité national de l’INAO : ne l’appelez pas Hubert il ne vous entendrait pas… En clair, un vin doit avoir goût de vin et non goût de raisins… Bien sûr, dans ma tête de mécréant je minorais ma faute, la qualifiant même de vénielle, puisque le vin bu  avait reçu l’estampille officielle de son appellation. Il était donc jugé typique par les caciques mais… ce goût de raisins, si affriolant, si excitant, n’était-il pas la preuve d’une réelle déviance que je devrais avouer toute honte bue aux juges du bien boire, du boire officiel, tel que défini pour les siècles des siècles.


Si j’allais quémander auprès d’eux le blanchiment de mes fautes en me drapant dans une contrition parfaite, soit la promesse de ne plus recommencer, je ne ferais que ce que je faisais avec le curé en confession : je me soumettrais à une pure parodie. Mais, plus j’y pense plus je me dis que je suis bien con de me faire du mouron car les gardiens des tables de la Loi m’ont déjà excommunié. Boire ainsi, se régaler d’une poignée de raisins c’est démontrer son incapacité congénitale à entrer dans l’univers des grands vins. Je suis un hérétique, un schismatique, pire un acculturé qu’il faut mettre au piquet. Certains vont dire que je décoconne grave avec mon histoire de poignée de raisins, en sont-ils aussi sûr que cela ? Certes, à dessein, j’ai poussé le bouchon aussi loin que possible afin de faire toucher du doigt la ligne de partage entre deux générations de buveurs de vin. Les peintres officiels ont méprisés les nouvelles écoles, les ont rejetés, bannies et puis… les amateurs ont choisis… ainsi va la vie… même dans le monde du vin…

 

Poignée de raisins link


Appellation   Côtes du Rhône Rouge

 

Site :   plusieurs parcelles des plus jeunes vignes du Domaine, situées à Gramenon sur la commune de Montbrison sur Lez.

 

Cépage : Grenache et Cinsault

 

Taille Cordon de Royat et Gobelet

 

Age des vignes :de 5 à 30 ans

 

Rendement : 35 hl/ha

 

Sol : Argilo-calcaire

 

Vinification :            vendange manuelle en caisses avec tri

 

Macération de 10 jours en cuve ciment brut

 

Vendange partiellement éraflée

 

Levures indigènes

 

Elevage 6 mois en cuve

 

Mise en bouteille mars avec un sulfitage à 2g/hl

 

Garde à boire dans les 3 ans

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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Commentaires

Oh! oh! un vin à gout de raisins?

les raisins étant sucrés (enfin normalement) ce vin l'est-il aussi?

 

sinon, pardonnez moi, mais je ne comprends pas ce que vous voulez dire

 

Commentaire n°1 posté par tchoo le 12/08/2012 à 11h27

il n'avait pas goût de planche comme certains... et ma lourde allusion aux raisins n'était là que pour exciter l'opposition entre les partisans des vins dit nature et ceux qui sont comme Denis Dubourdieu dans le camp des classiques... C'est tout j'adore rire de tout un rien m'amuse...

Réponse de JACQUES BERTHOMEAU le 12/08/2012 à 11h37

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