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7 mars 2014 5 07 /03 /mars /2014 00:09

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« Faire salon… », expression un peu désuète se référant au temps où les salons nommés aussi « sociétés » étaient l’une des principales composantes de la sociabilité mondaine du XVIIIe siècle dont le XIXe siècle cultiva la nostalgie.


Le divertissement lettré, la recherche du bon mot, la maîtrise de soi et du savoir-vivre mondain étaient au cœur de cette sociabilité aristocratique. Chacun se devait de s’y faire valoir et reconnaître tout en respectant les autres invités. Lorsque les conversations s’échauffaient, l’hôtesse intervenait pour mettre fin aux débats et changer de conversation.


Certes les salonnières et les salonnards du « pinard » de notre époque post-modernes n’ont pas le prestige de leurs illustres prédécesseurs Jean le Rond d'Alembert, Louis Turgot, Denis Diderot, François Quesnay, Jean Philippe Rameau, Jean-Jacques Rousseau, l’abbé Raynal, Marivaux, René Antoine Réaumur…mais pour certains il est capital d’en être, de montrer au commun des mortels que l’on représente encore la crème du marigot.


La gestuelle, le rituel, la déambulation, le cercle des idolâtres, les clans, les tribus, dans les allées des salons de dégustation, officiels ou estampillés off, les grands critiques du vin ou présumés tels, côtoient la piétaille des sans-grades pour se livrer à une forme moderne de représentation.


Pour ma part, depuis toujours je me suis défini dans beaucoup de chroniques comme étant un « dégustateur-imposteur » lorsque je me croyais obligé d’arpenter les travées de ces salons. Je m’y ennuyais. Je déteste rester planter debout, je suis un buveur assis. J’exècre la bousculade, les ramenards postés devant les crachoirs, donner mon opinion sur le sauvignon. Bref, en début d’année j’ai pris une sage décision : l’abstention.


Mais, comme je suis soucieux, en vieux Taulier roué, des intérêts de ma crèmerie j’ai décidé d’externaliser cette fonction de dégustation en lançant un appel à contribution.


Bonne pioche, le sieur Denis Boireau avec sa chronique « LA TRIBU DES CHEVEUX SALES ou « une segmentation naturelle du marché du vin »link a fait péter les compteurs.


Qu’il est doux de ne rien faire…


Il revient en deuxième semaine comme  disait pour le Schmilblick.


Merci Denis, et sache que je ne suis fâché avec personne mais il est des gens que je ne fréquente et ils savent pourquoi… Quant au titre que tu me décernes en conclusion je lui préfèrerais celui d’homme adulé des femmes… mais pas de toutes... Désolé…


Renaissance.png

A Renaissance il y avait foule, contrairement au SDVL

 

Le Taulier nous a fait part de son peu d’appétence pour  ces évènements, mais en proposant à ceux qui le voudrait d’en parler sur son blog. Puis quelques vieux routiers du monde du vin avaient ajouté leurs commentaires blasés. Faut pas charlier, ne pousson pas : moi je les trouve géniaux ces salons ! Donc j’ai pris Berthe au mot pour vous pondre cette petite revue des stars de la dégustation que vous pouvez croiser dans ces salons.


Commençons par le salon par lequel tout a commencé : le Salon des Vins de Loire, ou SDVL pour faire plus pro. Je confirme que ça semble en perte de vitesse : on ne se bousculait pas dans les allées. Mais du coup les contacts étaient faciles avec les vignerons. Ceux que j’ai revus après m’ont confirmé que ce fut un bon salon malgré l’ambiance un peu vide.  Et ça fourmillait de stars de la dégustation !


En finissant ma revue des vins de Bruno Cormerais (incontournable !), je croise David Cobbold  très studieux à la table d’à côté. Je lui balance une vanne sur les stars de la dégustation en plein travail, il me répond par une vanne sur les stars du rugby. Comment a-t-il deviné en moi l’ancien joueur ? Ça doit être son British Flair. Si comme moi vous aimez à la fois le vin, les motos et le rugby, vous devez suivre le blog de ce parfait gentleman link

 

David participe au Blog des Cinq link ‎ dont presque tous les membres ont gravité au SDVL et alentours. Soit en plus de David : Hervé Lalau, journaliste humoristique que les Belges nous ont volé, Marc Vanhellemont, journaliste-poète  réellement Belge, et Jim Budd, bourgeonnant sujet de sa Gracieuse Majesté qui aime tant le vignoble français qu’il a décidé d’y vivre. Il manquait malheureusement de la bande des cinq mon préféré : Michel Smith, un ex-bistrologue pas tout à fait retiré de la presse vineuse, qui était resté dans le Roussillon parmi ses chers  carignans.


Aussi croisé un Gaillard du guide à moitié éponyme, en train de tenir le crachoir à Henry Marionnet, mais sans déguster. Au vu de ce qu’ils sélectionnent je pense effectivement que le tandem du guide ne doit pas boire de vin.


Toujours au SDVL, j’ai croisé le meilleur dégustateur du monde : Michel Bettane. J’ne rigole pas ! Si vous êtes un néophyte du vin, vous avez au moins entendu parler de Robert Parker, le critique Américain devenu star internationale. Eh bien en France, on a mieux avec Michel Bettane. Lui et son compère Thierry Desseauve ont redressé la vénérable Revue du Vin de France pour se faire les dents, avant de voler de leurs propres ailes de guides en blog, de sélections en salon (le Grand Tasting). Comme j’allais le saluer, je comprends que Michel se rend, de sa démarche impériale, auréolé de son immense prestige, aux pissotières…je l’ai laissé aller son chemin.


Pas vu cette année Pierre Guigui, auteur du Gault-Millau des vins, et organisateur bénévole du plus important et plus anciens concours de vins bios : le Concours Amphore


Si on parle de vins bios, il faut vous parler des deux plus importants salons offs : le salon Renaissance qui regroupe surtout des biodynamistes haut de gamme, et La Dive Bouteille où on trouve la fine fleur du vin nature.


A Renaissance, je goutais les cidres d’Eric Bordelet lorsqu’arriva Olivier Poussier. J’ai immédiatement laissé la place à ce dégustateur surdoué, qui gagna le concours de meilleur sommelier du monde il y a quelques années. Ce que j’admire chez Olivier Poussier c’est son enthousiasme et sa vision sans limite du monde du vin. Pour preuve, son intérêt ici pour …des cidres ! Il aime avec autant de compétence et de passion les icones du vin comme les plus oubliées des appellations.


J’ai aussi eu le plaisir de discuter avec Nicolas Joly, le pape de la biodynamie dans la viticulture. J’entends d’ici les dents de Léon qui grincent : notre matérialiste n’aime pas les ‘explications ‘ trop ésotériques de la biody.  Moi je m’en fiche bien de leur ésotérie, la vérité est dans mon verre, et là y a pas photo, c’est chez les bios et biodys que j’ai trouvé la grosse majorité des vins qui me plaisent ces 10 dernières années.


A La Dive, j’ai droit à la bise de Sylvie Augereau à l’entrée. Maintenant ce sont les dents du Taulier que j’entends grincer, mais je ne sais toujours pas pourquoi ils sont fâchés ces deux-là. Sylvie est la grande prêtresse des vins nature. En plus d’organiser La Dive et d’un petit guide, elle collabore à la RVF, avec sans doute l’espoir de faire évoluer cette revue extrêmement conservatrice.


Bon, vous l’avez compris, tout le star-system du vin était là. Ne manquait pour éclairer ce scintillement que l’astre le plus lumineux de notre ciel vineux, la star des stars : notre Taulier Jacques Berthomeau.

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans écrits des autres
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commentaires

patrick axelroud 08/03/2014 07:09


Quel papier ! on croirait une pleine page de Point de vue/image du monde. Quel panégérique! En tous cas il montre au béotien de province la longue route qui l'attend pour parvenir aux étoiles
avec la candeur d'un ado attendant ses idoles pour faire signer son carnet d'autographes.

Luc Charlier 07/03/2014 09:09


Bravo Denis. Eh ben mon cochon, les voilà prêts pour l’hiver ... mais en « demi-saison ». Denis me donne des cours de vente par correspondance et ce petit papelard, un rien vicelard et
peu anar, lui sert d’exemple, de parangon pour mes travaux pratiques. Il ensence tout le monde, mon libertaire. Je ne sais pas s’il sent bon le sable chaud lorqu’il met ses bottes de moto pour
boire du gin dans sa Chrysler, mais, à l’inverse des Dejaby qui se contentent de moins, il habille d’un manteau de velours tant les pauvres que les malandrins. Il habille aussi de blanc – comme
un cierge de Pâques, bien sûr - tous les fils de Mandrin avant de s’en aller torcher le cul au firmament après un dernier refrain et un dernier petit vin, le cher Ange !


Tu vois, quand je pense à vous (une fois), je veux que rien ne se perde. Encore un excellent exemple du passage de la forme polie au tutoiement dans la même phrase : Weet ge, moest ik U
vertellen wat dat ikke gezien heb, gij zoudt het niê geloven.


 


Excusez mon délire, c’est l’atropine que j’ai dû absorber pour gérer mon intoxication aux organo-phosphorés après avoir fait les traitements recommandés contre la flatulence bornée.

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