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13 février 2010 6 13 /02 /février /2010 00:00

Chou 6973Pauvre andouille, faire l’andouille, triple andouille, je ne citerai pas afin d’éviter de choquer les bonnes âmes d’autres fonctions évoquées par tante Thyne dans sa cuisine enseignée aux jeunes filles ICI->  , je ne me gausserais pas d’un Ministre d’ouverture payant des figurants pour son colloque en le qualifiant d’andouille de Vire, je ne ferai pas comme notre ami Gus des jeux de mots à faire rougir sous leurs coiffes les pieuses bretonnes avec cette pauvre andouille de Guéméné, je serai charitable avec la femme du charcutier de la Mothe-Achard qui, pour que le mot ne lui écorchasse pas la bouche puisque la proximité du d avec le c sonnait comme un péché de chair, la dénommait andeille je me contenterai de tirer de l’oubli  l’andouille du Val d’Ajol et celle de Jargeau dotée d’une confrérie des Chevaliers du Goûte-andouille pour vous conter les rapports intimes que j’ai eu avec cette charcuterie composée de la ventrée complète de porc : gros intestin (40 % environ), menus (environ 43%), estomac (environ 17 %) sans adjonction de gras ni liants, avec addition de sel, poivre, épices et aromates (celle de Jargeau qui ne fait rien comme les autres c’est 60 % de viande de porc et 40 % de tripes.

 

Étudiant sans le sou, une année je fis le livreur des campings de la charcuterie Morineau sise à la Mothe-Achard pour mettre un peu de beurre dans mes épinards. Le patron était sympa, la patronne un tyran à tête de cheval qui me serrait de près vu que je draguais la nénette qui servait au dépôt de Brétignolles/Mer. Avant de partir pour ma tournée au volant de ma 4L je m’enfournais des sandwiches agrémentés de charcuterie maison. J’étais fou, non du chocolat Lanvin, mais de l’andouille du père Morineau qu’était goûteuse et bien épicée. Et pourtant, sans vouloir en rajouter, le processus de fabrication de l’andouille dans sa phase de préparation, quand il faut briquer la tripaille, a de quoi lever les cœurs fragiles. Les fragrances naviguent entre le fétide et le merdique. Pour reprendre l’expression de mémé Marie : y’ a de quoi asirer (dégoûter) tous les adorateurs de l’incolore, de l’inodore et du sans saveur. Bref, l’andouille, d’où qu’elle vienne, laisse son empreinte, marque son territoire, appelle un breuvage de terroir.

 

Et dans ce cas la prescription ne souffre d’aucune contestation : c’est un Muscadet sur lie Château de la Preuille qui s’impose.

Pourquoi me direz-vous ?

Pour un tas de raisons que je vous livre en vrac :

- C’est du bon c’est un grand blanc « 37 ha de vignes âgées de 40 ans, rendements modestes, pas d’engrais chimiques, levures indigènes et selon le Ribaut du Monde « une complexité aromatique tout à fait rare »  Pour Bettane « ce cru développe des arômes subtils et complexes de thé, de coing et une exceptionnelle longueur en bouche, qui signet un grand terroir. »

- L’ami Michel Smith que n’est pas un cul béni lui trouve « des touches de chèvrefeuille, d’amande grillée et de menthe sauvage. »

- C’est un vin qui, contrairement à moi, a fait ses Pâques sur lie fine.

- C’est un Muscadet vendéen : Saint-Hilaire de Loulay.

- L’un de ses concepteur de nomme Maisondieu

- La bouteille lourde est le flacon ancien du Val de Loire dit « Bouteille du curé »

- C’est un vin de Philippe et Christian Dumortier, héritiers de onze générations, qui m’ont accueilli, vu mon pedigree, au Salon des Vins de Loire au « mortier » ce qui m’a donné l’occasion de leur répliquer, d’abord au canon sans concession, puis de poursuivre avec eux sur le ton de la conversation une joute de entre gens au caractère bien trempé.

- C’est un vin d’un lieu chargé d’histoire le château de Preuille existait en 1515.

- C’est un vin qui irait bien avec un bar au beurre blanc façon maman.

- C’est le grand frère d’un Gros Plant fils d’une Folle Blanche qui irait bien avec une douzaine d’huîtres de Bouin.

- C’est un vin que je n’ai pas dégusté vu que je n’ai fait que bavasser avec les Dumortier. Allez, à la prochaine du côté de Saint-Hilaire de Loulay haut-lieu de mes exploits avec les basketteurs de la Vaillante Mothaise. N’oubliez pas de saluer le grand Philippe connétable du Haut-Bocage et dites-lui que le Mont des Alouettes existait bien avant son accession au trône...

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

Michel Smith 13/02/2010 12:34


C'est vrai.


Michel Smith 13/02/2010 11:53


Pour ne rien te cacher, je préfère le canon !


JACQUES BERTHOMEAU 13/02/2010 12:19


En plus ça correspond mieux à l'accueil des Dumortier


Michel Smith 13/02/2010 08:12


Surtout pas de ballon, Jacques. Ce serait le meilleur moyen de passer à côté du nez que dégage notre cher Muscadet.


JACQUES BERTHOMEAU 13/02/2010 09:19


La tyrannie du titre cher Michel ça sonne mieux qu'un verre j'aurais pu écrire un canon


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