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21 mai 2014 3 21 /05 /mai /2014 00:09

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Comment soigner les êtres vivants contre les maladies ?


« Chaque créature vivante doit être considérée comme un microcosme – un petit univers, constitué d’une multitude d’organismes qui se reproduisent, inimaginablement petits, et aussi nombreux que les étoiles dans le ciel. » écrivait Charles Darwin.

 

« Nous sommes tous, au-delà de nos différences superficielles […] un paysage pointilliste composé de minuscules êtres vivants, poursuivait la biologiste Lynn Margulis plus  d’un siècle plus tard,  quand se révéla le degré de parenté jusque-là insoupçonné, qui nous unit à l’ensemble du vivant.


Durant toute notre existence, nous portons en nous le sentiment de notre unicité, de notre irréductible individualité. Pourtant nous savons aussi que, comme l’ensemble des êtres vivants qui nous entourent, les oiseaux, les fleurs, les papillons, les arbres, les colonies de bactéries et les colonies de levures, nous sommes, chacun, composés de cellules : les plus petites entités vivantes, microscopiques, capables de puiser leurs ressources dans l’environnement et de  se reproduire. Et chacun d’entre nous ne représente que l’une des innombrables variations que les cellules ont réalisées sur le thème de la diversité et de la complexité. »


Ainsi s’exprime Jean-Claude Ameisen dans l’introduction de son grand livre « La sculpture du vivant »


L’homme du XXIe siècle, les plantes qu’il cultive et les animaux qu’il a domestiqué sont maintenant soignés par une pharmacopée et une chimie intensive, brutale parfois. Tout, même la maladie, doit être sous contrôle, maté, éradiqué. C’est rassurant mais aussi inquiétant « La résistance aux antibiotiques est « une réalité », s'alarme par exemple l'OMS link

 

L’excès « Pour l'OMS, l'usage inapproprié des antimicrobiens est une des principales causes de résistance aux antibiotiques : dans les pays pauvres, les doses administrées sont trop faibles et, dans les pays riches, leur utilisation est au contraire excessive. L'organisme dénonce aussi le manque de surveillance de l'usage des antibiotiques chez les animaux destinés à la consommation. »


Je suis frappé dans les débats, ou le non-débat plutôt, sur l’utilisation intensive des pesticides dans la vigne, par notre incapacité à sortir de nos à priori, de nos idées reçues, notre ignorance aussi, nous régressons vers un obscurantisme bien plus profond que celui supposé du Moyen Age.


Revisiter le passé n’est pas un retour en arrière, une régression, mais une approche nourrie de l’expérience de nos excès, de nos erreurs, de nos succès aussi.


Moqueries par exemple sur les tisanes des vignerons pratiquant la biodynamie, alors profitant de l’actualité j’ai décidé de vous parler des herboristes.


« Tout le monde connaît la potion magique d'Astérix. Et c'est justement de Bretagne, terre des druides, que vient l'idée de ressusciter l'herboristerie. Le sénateur PS du Finistère, Jean-Luc Fichet, vient de déposer une proposition de loi visant à recréer le diplôme d'herboriste, supprimé par Pétain en 1941. « A l'époque, Vichy a considéré que les pharmaciens devaient seuls prendre le relais, que les remèdes de grand-mères étaient dangereux », commente l'élu breton. Seuls ceux qui étaient déjà herboristes pouvaient exercer jusqu'à leur mort. »


« Aujourd'hui, il en reste officiellement un ou deux, qui ont autour de 90 ans», remarque Clotilde Boisvert, ethnobotaniste et fondatrice de l'Ecole des plantes, où l'on transmet le savoir des plantes, mais sans que le diplôme ne soit validé par l'université.


En 1514, l’année précédant le célèbre 1515 et sa bataille de Marignan chère aux vieux moutards rois du par cœur qui récitaient les dates des batailles en chantant, Louis XII fera cette distinction révélatrice : « Qui est espicier n’est pas apothicaire et qui est apothicaire est épicier »


Voilà une formule qui chagrine plus encore le Michel-Edouard Leclerc qui est épicier mais voudrait faire l’apothicaire, le potard quoi !


Mais les potards bénéficient d’un numérus clausus qu’ils défendent becs et ongles même si leurs officines sont de véritables épiceries à parapharmacie.


« Tous les pharmaciens ont écrit herboristerie sur leur boutique. Mais ils ne sont pas plus herboristes que je suis pape !  Ils vendent des gélules ou des mélanges tout prêts dont ils ne connaissent même pas la composition. »


Les officines surfent sur la lourde tendance du retour à la nature. Les plantes médicinales, délaissées au XXe siècle pour les molécules de synthèse, retrouvent aujourd'hui les faveurs du grand public. Échaudés par des affaires mettant en cause des médicaments (Mediator, Diane 35), la moitié des Français ont désormais recours à la phytothérapie pour se soigner. Et le commerce des plantes médicinales augmente de 10 à 20 % chaque année en Europe (convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages). »


Le métier d'herboriste n'existe donc pas officiellement. Le diplôme et l'activité ont été supprimés en 1941, au profit des officines. Depuis, l'ordre des pharmaciens veille sur son monopole en attaquant systématiquement les contrevenants. Michel Pierre, gérant de l'Herboristerie du Palais royal à Paris, condamné à une amende avec sursis en 2013, ou l'Herboristerie Cailleau de Chemillé (Maine-et-Loire), fermée par l'Affssaps en 2011, en ont fait les frais. »


« La plante concentre une multitude de principes actifs, et il est difficile de déterminer lequel est à l'origine de l'effet sur l'organisme, surtout sans étude clinique. « Pour certaines plantes, il est très probable que ce soit l'ensemble des molécules qui soit responsable de l'effet, comme l'artichaut », explique Julie Subirana, médecin, diplômée en phytothérapie.


C'est l' « effet totum », souvent vanté par les herboristes. « Nos préparations ne changent pas la nature de la plante : pas de modification de la composition, de la concentration de telle ou telle molécule particulière, pas de dosage scientifique de principe actif. C'est d'ailleurs ce qui distingue une préparation herboristique d'une préparation pharmaceutique », soutient Thierry Thévenin, porte-parole du Syndicat des simples, qui regroupe une centaine de producteurs de plantes médicinales en France.


« La tisane a l'avantage de libérer un maximum de principes actifs qui passent immédiatement dans l'eau et qui sont rapidement diffusés dans l'organisme », renchérit Michel Pierre.


Tisanes, crèmes, huiles de massage..., depuis une dizaine d'années les remèdes de grand-mère ont le vent en poupe. Face à une demande de plus en plus forte du public pour des "soins plus naturels", la quinzaine d'herboristeries recensées en France ont du mal à se faire une place officielle aux côtés des 22 000 pharmacies. Souvent inclassables, héritiers d'une image médiévale de "sorciers" manipulant des plantes de manière artisanale, les herboristes sont au carrefour de la pharmacie, de la botanique, de l'agriculture, de la médecine et de l'anthropologie. A quoi l'herboristerie sert-elle ? Ses remèdes sont-ils efficaces ?


Qu'en dit la science ?

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

Michel Smith 12/08/2014 15:58


Essaie les barmen. Ce sont de bons médecins et d'excellents confidents à la fois . 

Luc Charlier 11/08/2014 12:12


Une fois encore, comme quand on parle de politique ou de foi, la discussion courtoise doit s’arrêter très vite. Il faut tolérer que l’autre soit d’une opinion différente – mais sans tolérer cette
opinion en elle-même, bien sûr. Dès lors que l’exemple unique (ou peu courant), que la casuistique unitaire, que « l’histoire de chasse » suffit à convaincre l’interlocuteur, contre
toute logique, raison ou esprit d’analyse, on ne peut que s’en faire un ennemi ou à tout le moins mal le disposer. Et plus les gens sont incompétents dans un domaine, plus ils cèdent aux sirènes
de l’alternatif.


L’évolution spontanée de la « pneumonie grave » (entité qui reste à définir avec précision) est la mort dans un grand nombre de cas. Si l’origine n’est pas bactérienne, les
antibiotiques ne servent à rien. Et il y a des guérisons. Je rappelle que les sulfamidés ne sont utilisés que depuis l’entre-deux-guerres et les pénicillines depuis les années ’40 seulement.
Avant .... certains survivaient quand même.


Enfin – 100.000 ennemis tricolores de plus – votre pays est le plus gros bouffeur de médocs d’Europe, pour un oui ou pour un non. Il est donc heureux qu’une bonne partie de ce que vous avalez
soit sans effet, car on peut espérer que ce sera aussi sans effet ... secondaire indésirable. Imaginez la cata si ce n’était pas le cas !


 


Le généraliste de mon village – un adorable quadragénaire d’origine gardoise – m’a expliqué que, grâce à internet, tous ses patients lui apprenaient la médecine dès qu’ils franchissaient le seuil
de son cabinet de consultation. Et moi, ce sont les journalistes spécialisés, les animateurs de club oenophile (pas toi, Denis) et les garçons de café (surtout ceux des bars à vin) qui me disent
ce qu’ils feraient « s’ils étaient à ma place ». Putain, comme je suis con de ne pas suivre leur avis.

Michel Smith 11/08/2014 05:25


Comme Thierry, j'ai vu des cas graves où l'homéopathie - appliquée par un médecin sur un jeune enfant - a pu fonctionner bien mieux que l'administration abusisve d'antibiotiques divers et
destructeurs. Comme Luc, je n'y croyais pas. Depuis j'ai aprris à m'en servir, mais toujours avec l'aide d'un médecin. 
Autre "science" qui m'aide bien à passer l'embarquement sur le navire de la vieillesse (faut bien dire les choses comme elles sont), l'étiopathie est à découvrir pour soigner pas mal de choses :
http://www.etiopathie.com 


Enfin, j'ajouterais à l'instar de Luc qu'il y a certainemennt des charlatans dans le monde médical, mais qu'il y a aussi bon nombre de "malades" crédules, imaginaires ou simplement
collectionneurs. Je le constate lorsque j'ouvre le placard de ma propre pharmacie : combien de médicaments m'ont été trop prescrits ou precrits inutilement... J'en ai honte !  


 

Thierry WATINE 09/08/2014 16:58


Comment dire , se soigner avec les plantes existe depuis des siecles ... tout comme en homeopathie par exemple . Homeopathie qui soignait mes grands-parents et moi même depuis 30 ans . ( j'ai lu
que Mr Luc Charier n'y croyait pas en parlanr la n ieme dissolution , c'est son droit ) . Je fais confiance à mon toubib qui a enrayé une pneumonie grave en 3 jours.


...DICTIONNAIRE DE L' ECOLE HOMEOPATHISTE


http://www.homeoint.org/seror/granier/index2.htm  qui décrit à peu prés toutes les maladies  ou symptomes .....il y a
aussi beaucoup d'autres descriptions completes ...exemple sur la vigne  et le vin (en cliquant sur V par exemple ) , ce qui va vous plaire Mr Berthomeau , vous n'êtes pa obligé de valider
mon message ...néanmoins garder en mémoire ce site car il pourrait vous servir par la suite si vôtre santé pourrait défaillir , vous êtes plus jeune que moi . P.S mon toubib homeopathe soigne les
chevaux d' un centre de chevaux de courses ( sauf les maladies plus graves ).

Luc Charlier 22/05/2014 11:53


@Denis et le Taulier: je ne "rejette" rien en soi. Je refuse l'attitude béate d'admiration devant des phénomènes d'abord non prouvés ni même avérés - de quels effets "spectaculaires" parle-t-on ?
- mais surtout devant des explications fumeuses qu'on prend pour des vérités révélées. Qu'Olivier Humbrecht élabore des merveilles, je n'en disconviens pas, mais son papa le faisait déjà. Quant à
l'homéopathie, son taux de "succès" n'atteint même pas celui de l'effet placebo. Pour l'herboristerie, en soi c'est différent: à conditon d'administrer du principe actif, pourquoi ne
fonctionnerait-il pas au même titre que l'extrait "industriel" ou le produit de synthèse qui agit par la même voie? Je lui reproche simpement son à peu près, son imprécision et le risque
d'impuretés. Et surtout, le fait que ce sont les charlatans incapables de s'adapter aux exigences des connaissances "classiques" qui s'en emparent. Sinon, faire la nique à la pétrochimie me tente
énormément, vous vous en doutez. La firme Weleda - je ne parle pas de ses cosmétiques - devrait être poursuivie pour meurtre ou en tout cas pour "non-assistance à personne en danger" face à
certaines de ses affirmations dans le domaine de l'oncologie. Quand on s'entaille, on peut évidemment refuser la suture (ça marche pourtant, je vous le jure) et préférer des poudres de
perlimpinpin et des incantations. Quant on souffre d'une tumeur maligne du foie, s'en remettre à du gui fermenté (le parallèle à la  "corne de vache" ) vous conduit tout droit au cimetière.
Et les vendeurs se remplissent les poches, au même titre que les équipes techniques du TdF pour prendre un autre exemple où des individus font leurs choux gras sur le dos de victimes consentantes
mais naïves et abandonnées à leur sort. C'est le seul but de mon intervention : qu'on arrête un jour cette grande supercherie aux conséquences épouvantables.

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