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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 00:09

En ce temps incertain qui précède ce dont les Français raffolent le plus : la campagne électorale pour l’élection présidentielle je n’ai pas pu m’empêcher de jouer avec le mot Champagne qui comme chacun sait signifie campagne. Ce faisant, contrairement à ce que j’écrivais souvent pour  justifier les errances de ma plume, je n’ai pas l’esprit de l’escalier mais plutôt l’esprit de marelle. En effet, suite à la remarque d’un lecteur je suis allé vérifier la signification de cette expression et j’ai découvert  que l’esprit de l’escalier, ou esprit d’escalier signifiait que l’on pense souvent à ce que l’on aurait pu et dû dire de plus juste, après avoir quitté ses interlocuteurs ; « l’inspiration nous vient en descendant l’escalier de la tribune », mot de Diderot, dans son Paradoxe sur le comédien.

 

Pour le mot compte associé à campagne il évoque les valises pleines de précieux liquide alors que le taulier en suggérant que je me colle à un conte de champagne n'a pas voulu sous-entendre que, moi, Marie de Saint Drézery marquise de Bombon je me mettais à la colle avec un comte de Champagne.


Vous voyez comme c'est simple l'esprit de marelle ; marelle qui, avec son parcours dessiné sur le sol : simple tracé à la pointe du pied dans la poussière ou marqué à la craie sur le bitume du préau de l’école, va de la terre au ciel et se joue à cloche-pied. Jeu d’évitement : les pierres des autres et les limites, c’est aussi un jeu de filles. Et alors ? J’aime les filles mais pour satisfaire les tenants de la virilité je peux aussi faire dans la métaphore sportive et dire que je fais des passements de jambes, que  je change de pied pour tenter de vous surprendre mais comme je n’ai pas le talent de Zidane il m’arrive souvent de m’emmêler les guiboles.


Tout ça pour vous dire que venant de lire le second opus de Jean-Paul Kauffmann « Voyage en Champagne 1990 » il me fallait rebondir face à la dédicace taquine de JPK « Pour Jacques Berthomeau qui n’aime pas le champagne, je crois, non ? » Aurais-je manqué au Champagne sur cet espace de liberté ? Non bien sûr, ce désamour supposé, je le sais, n’a rien à voir avec mon amour immodéré du vin de Champagne, mais trouve ses racines profondes dans ma mauvaise réputation. Je ne suis pas sortable et surtout en Champagne. Et pourquoi me direz-vous ? Je ne sais pas, ou je fais comme si je ne le savias pas, seul Ghislain de Montgolfier pourrait vous éclairer.


Trêve de mystère et boules de gomme ce qui est incontestable c’est que je n’ai mis les pieds en Champagne que quatre fois dans ma vie et, à chaque fois, en fonction, loin des vignes : un voyage d’études avec des énarques et un dîner chez Ruinart juste avant 1981 puis suite à mon rapport pour rencontrer le président de la CNAOC et Yves Bénard et enfin récemment pour un autre rapport dont je tairais le nom. Comme vous le constatez c’est l’horreur absolue, la mise à nue d’un chroniqueur imposteur, et c’est pour cette raison que, toute honte bue, je ne pouvais ce matin que me livrer d'abord à ce coming out et ensuite, pour me sortir de ce mauvais pas, sortir ma botte secrète : Marie de Saint Drézéry.


Pour ne rien vous cacher au cœur de l’Ouragan Marie de Saint Drézéry se cache un zéphyr de légèreté qui permet d’aborder les sujets qui fâchent. Notre marquise de Bombon sait poser le doigt là où ça fait mal avec grâce et élégance. Le taulier lui a beaucoup crapahuté du côté de Cognac qui est l’image inversée de l’organisation du champagne. Il y a croisé : Christophe Navarre actuel PDG de Moët-Hennessy, Dominique Hériard-Dubreuil qui s’est aventurée en Champagne avant de s’en retirer, les gens de chez Pernod-Ricard qui juraient qu’on ne les reprendrait pas à vendre du champagne (Besserat de Bellefon) et que le cognac n’était pas leur tasse  de thé et qui sont revenus en Champagne avec Mumm et Perrier Jouet et ont conforté leur position à Cognac avec Martell… Que du beau monde, mais qu’irait-il faire en Champagne ?


En deux chroniques magistrales en janvier 2008 : Les champenois y font rien comme les autres...link et Je rêve d'épouser la veuve du sacristain de Bouzy...link  le taulier s’était déjà aventuré sur les terres de la Champagne pouilleuse mais lorsque JPK dans sa postface lève les mêmes lièvres (lire ci-dessous), alors il m’a dit avec grandiloquence : Marie tu seras mon Missi Dominici ! 

 

« La nouveauté est que le Great Game* champenois se joue pour une large part à Paris et non plus à Epernay ou à Reims. Ce déplacement du pôle de décision vers la capitale, qu’ont choisi d’habiter les chefs de maison des grands groupes et leurs états-majors, est un objet de préoccupation pour l’avenir. L’absence d’enracinement est un handicap pour un produit issu de la terre. Une marque de champagne a besoin d’être représentée autrement que par un gestionnaire qui sait baisser les coûts et optimiser les stocks. Il entre en effet dans cette fonction une dimension humaine et culturelle impliquant un ancrage solide et durable dans l’environnement immédiat. Poser au milieu du vignoble pour la photo, convier à déjeuner la presse dans les salons désuets de la marque soigneusement entretenus et repartir ensuite pour la capitale constituent les limites de l’exercice. »


Et, avec son air de pas y toucher, un peu chanoine sur les bords, le taulier m’a dit : « tu y passeras aussi tes week-end, sinon tu manqueras l’essentiel : la messe ou le temple, le passage à la pâtisserie et la brocante… » et il a soupiré : moi je me contenterai d’aller à la rencontre des petits vignerons qui font et a sitôt appelé son vieil ami Ghislain de Montgolfier en me confiant, avant que celui-ci ne décrochât, qu’il me faudrait trouver un éditeur ce qui serait plus facile pour moi que pour lui qui n’est qu’un chroniqueur de l’inutile…

  • Expression inventée par Rudyard Kipling pour désigner au XIXe la lutte d’influences en Asie centrale  entre l’Angleterre et la Russie. Le Grand Jeu est aussi le nom de la revue lancée en 1928 par quatre lycéens de Reims parmi lesquels Roger Vaillant et René Daumal.
  • Le terme de chef de maison serait intéressant à décrypter, à Cognac on ne parle que de chefs de famille pour désigner ceux qui s’affrontent au BNIC.9782849902011.gif

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

tchoo 21/11/2011 11:40


Pas compris grand chose, mais je ne désespere pas d'y arriver!

Olivier Borneuf 21/11/2011 07:53


No comment, mais on le sait déjà par là-haut…

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