Mercredi 3 octobre 2012 3 03 /10 /Oct /2012 00:09

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Dominant le bocage de ses 290 mètres d'altitude, Saint-Michel-Mont-Mercure est le point culminant de la Vendée, du parvis de l'église ou du haut du clocher d'une hauteur de 47 mètres, surmonté d’une statue de l'archange saint Michel terrassant le dragon on contemple mon pays de bocage, de plaine et de marais. L’église de style néo-romane fut bâtie en deux temps : le chœur et les 3 premières travées à partir de 1877, puis le reste fut construit entre 1895 et 1897. La statue de Saint Michel archange est la réplique exacte de celle qui domine la basilique Notre-Dame de Fourvière, à Lyon, en cuivre rouge au départ, les deux exemplaires de la statue de l'archange avaient été préparés pour l'exposition universelle de Paris de 1889. Déstabilisée lors de la tempête du 3 février 1957, la statue fut descendue pour sa restauration puis remise en place le 15 août 1961 par hélicoptère en présence d'une foule nombreuse.


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Deux souvenirs de jeunesse : le premier lié à mon père fin connaisseur de la carte électorale de la Vendée qui me parlait de Lionel de Tinguy du Pouët, membre de l'Assemblée constituante (juin-novembre 1946), élu député de la Vendée le 10 novembre 1946, il siège sur les bancs du MRP. Il est réélu en 1951 et en 1956, et battu en 1958 par Michel Crucis maire de Chantonnay (UNR). Réélu député de la Vendée en 1962 contre Michel Crucis, et battu en 1967 par Paul Caillaud pharmacien et maire de la Roche s/Yon. Sénateur de la Vendée de septembre 1977 au 9 septembre 1981, date à laquelle il décède. Membre du groupe de l'Union Centriste des Démocrates de Progrès (UCDP, qui devient le groupe de l'Union Centriste en octobre 1986), il siège à la commission des lois constitutionnelles, de la législation, du suffrage universel, du règlement et de l'administration générale du Sénat. Maire de Saint-Michel-Mont-Mercure de 1945 à 1981, et président de l'Association des maires de France de 1965 à 1974. Conseiller général du canton de Pouzauges (1970-1981). Il fut Sous-secrétaire d'État aux Finances et aux Affaires économiques du gouvernement Georges Bidault (du 29 octobre 1949 au 17 février 1950), Secrétaire d'État aux Finances et aux Affaires économiques du gouvernement Georges Bidault (2) (du 17 février au 2 juillet 1950), Ministre de la Marine marchande du gouvernement Henri Queuille (du 2 au 12 juillet 1950. Son fils, Montfort de Tinguy du Pouët, lui succéda à mairie de Saint-Michel-Mont-Mercure (1981-1989), ainsi que comme conseiller général du canton de Pouzauges (1981-1994) sous l'étiquette CDS. Candidat (UDF) à l'élection législative de juin 1988 dans la cinquième circonscription de la Vendée, il fut battu par le député sortant Pierre Métais (PS)


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Pourquoi cette longue digression, dont les grands goûteurs de vin n’ont que faire, sur le parcours politique d’un notable du bocage vendéen. Tout bêtement parce que ça illustre la lente dissolution des démocrates-chrétiens dans les deux grands courants majoritaires de l’UNR à l’UMP et du PS. L’équilibrisme de Bayrou et le racolage de la branche droitière du vieux Parti radical dit valoisien, bouffeuse de curés, via notre Jean-Louis Borloo qui n’aime rien tant que notre merveilleux Nectar. De plus, mon premier emploi, hasard de mon histoire, à l’âge de 18 ans fut un poste de professeur à mi-temps au CEG de Pouzauges, patrie de la grande entreprise du cochon Fleury-Michon (mon premier bulletin de paye, faites le compte de mes annuités…) J’étais étudiant en 2d année de Droit à Nantes et je me rendais à la Faculté avec ma toute nouvelle 2CV, achetée d’occasion au curé de la Mothe-Achard, et j’empruntait la D 752 pour filer vers les Herbiers afin de rattraper la nationale me conduisant à Nantes. Je passais par Saint-Michel-Mont-Mercure et combien de fois dus-je affronter un épais brouillard, que les lumignons de ma Citroën avaient du mal à percer, qui disparaissait dès que j’avais gagné l’autre flanc.


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Voilà, après vous avoir bassiné avec mes souvenirs, j’en reviens à l’essentiel : le château de Saint Michel du Viala sis à Paraza dans le Minervois. Jusqu’ici ce Saint Michel là se résumait à un lecteur, vigneron-éleveur sans modération, Régis Cogranne, signant ses commentaires Reggio, attentif, parfois caustique, fin connaisseur  de la gente post-soviétique du département de l’Aude que j’ai tant fréquenté lorsque je me coltinais le dossier des vins bénéficiant de la garantie de bonne fin (eh oui mon cher Hervé Lalau encore un truc bien français payé par les contribuables européens pour faire du bon alcool de mobylette avec du vin). Bref, comme je monte facilement en régime, qui s’y frotte s’y pique, que j’adore l’estoc, lorsque le Reggio me titille je dégaine et j’entends faire respecter mon territoire : charbonnier reste maître chez lui. Bref, rien que des relations comme je les aime, bien directes, sans chichis mais avec un respect et une estime mutuelle. La dernière passe d’armes a amené Régis Cogranne à doter mon Grand jeu de Piste Normal de l’été (que les participants ne s’inquiète pas trop le taulier assez occupé en ce moment pense à eux) de 2 flacons d’un Grand Vin du Languedoc : le Château de Saint Michel du Viala un Minervois, bien sûr, millésime 2010. www.domaine-du-viala.com


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Bien évidemment, je l’ai invité à ma table avec une belle omelette aux cèpes. Même si je ne suis pas la mère Poulard du Mont saint-Michel, et que je n’ai pas son coup de battoir pour fouetter les œufs, mes omelettes sont baveuses au cœur et croustillantes sur les bords. Quand fond sur moi une envie d’omelette c’est irrépressible : je me rue ! Je ne les fais jamais nature je mobilise ce que j’ai en réserve pour leur gonfler le ventre. Jamais aussi je ne mange d’omelette au restaurant, elles sont insipides. Il me faut une salade craquante avec mon omelette et, bien sûr, un jaja qui me chauffe le cœur. Lorsqu’apparaissent les cèpes sur les étals parisiens je m’octroie la Rolls des omelettes : l’omelette aux cèpes. Bien sûr faut trouver des beaux cèpes et les payer mais quand on aime on ne compte pas. Donc exécution et faites-moi plaisir, ne me parlez pas de dégustation moi je me contente de manger et de boire assis comme le commun des mortels. Si je tirais les conséquences ultimes de ma phrase précédente je m’abstiendrais de faire un commentaire de dégustation puisqu’il n’y a pas eu de dégustation. Mais votre Taulier, n'est pas à une contradiction près, il ne désarme jamais face à l’adversité et il vous fait remarquer qu’autour de la table un bon vin délie les langues en même temps qu’il réjouit les cœurs. Bien évidemment autour de la table la langue des commentateurs patentés n’est pas de rigueur. Le premier test probant avant toute parole c’est la descente du premier verre et la promptitude à la demande de son réemplissage. Combien de vins encensés qui finissent leur carrière dans le verre de l’encenseur.  


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Si le château Saint Michel du Viala terrasse le dragon sur l’étiquette, comme le veut la tradition, dans mon verre il requinque le mécréant que je suis car il est franc du collier (je ne connais pas le nom du cheval ou de la jument), il vous aborde sur le seuil de la porte à bras ouverts sans faire de grandes démonstrations, ce n’est pas le genre de la maison. Cet entrez-donc, franc et avenant, laisse du temps au temps, l’extériorisation trop rapide des sentiments est rarement le gage d’une longue et solide amitié. Faut se poser, prendre son temps, je n’aime pas être bousculé, comme le disait mémé Marie « bechaïe après bechaïe » prononcer aye et traduire bouchée après bouchée, avec le couteau, et pour moi entre les deux des petites lampées de ce Minervois. La volupté se niche aussi dans la simplicité, celle qui naît d’un en-cas pour apaiser une belle faim, de celle qui me prend sur mon vélo parisien. Les crocs quoi, une faim de gamin, une faim de tartine de pain de 4 livres et privilège de l’âge aujourd’hui du vin. Pour faire plaisir aux plumes du vin ce Minervois de Reggio il a le charme de la veste et du pantalon de velours patiné par l’usage, ce que portaient les charpentiers, avec plein de poches pour le mètre, les crayons, je ne sais quoi et dont les marques affichaient la couleur : le Populaire, le Travailleur… Ce n’est pas de la frime pour amateur de poutres anciennes des bars à vins à l’ancienne qui hésitent à fournir la paille et les sabots pour bobos. C’est du vin qui dit son nom, décline son identité, l’assume sans forfanterie et mon omelette aux cèpes avaient besoin d’un allié à la hauteur pour que ma satiété ne se transforme pas en simple envie de mariennée, faut aller travailler après le déjeuner. Bien sûr je n’ai pas la notoriété de B&D, ni l’ancienneté  de la vieille dame permanentée mais je puis assurer que ce Saint Michel là du Viala peut arborer sans complexe son titre de Grand Vin du  Languedoc.Pour satisfaire mes chers confrères goûteurs sachez que ce St Michel 2010 c'est 80ù de Syrah et 20ù de Carignan élevage 10 mois en 1/2 muids c'est Reggio qui me l'a dit..

 

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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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