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28 juillet 2014 1 28 /07 /juillet /2014 00:09

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Montand chantait, « à bicyclette » Quand on partait de bon matin /Quand on partait sur les chemins /A bicyclette / Nous étions quelques bons copains /Y avait Fernand y avait Firmin /Y avait Francis et Sébastien /Et puis Paulette…


Quand on approchait la rivière / On déposait dans les fougères /Nos bicyclettes /Puis on se roulait dans les champs / Faisant naître un bouquet changeant /De sauterelles, de papillons / Et de rainettes


Hier à Paris y’avait beaucoup de bicyclettes sur les Champs Elysée et aussi beaucoup de poulets qui ont pu, par le truchement des gens de Loué, se faire charrier gentiment. En effet, les petits futés du poulet de Loué ont profité de l’été pour afficher le poulet libre de Loué. C’est la 3e édition de cette campagne link et link qui déplaît tant aux syndicats de poulets qui passe leur temps à nous expliquer à la télé les causes des crimes et des méfaits.


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Les bicyclettes des ex-« forçats de la route » ont tout de la formule1, les poulets parisiens ne sont plus des hirondelles avec pèlerines, bâton blanc et vélo, mais y’a des rivières et des canaux dont les berges sont pris d’assaut le soir venu par la folle jeunesse d’aujourd’hui.


Je longe souvent, sur ma flèche d’argent, le canal Saint-Martin, et je suis atterré de constater que tous ces pioupious se nourrissent en majorité de bouffe toute préparée accompagnée par des boissons sucrés de marques ou de la bière (faites les poubelles et vous verrez !). Une misère ! Mais c’est qu’ils sont fauchés me rétorquera-ton ! Billevesées, c’est trop souvent qu’ils sont indifférents à ce qu’ils mangent et boivent.  L’important pour eux, c’est d’être ensemble. Normal, mais les grands chantres du vin convivial, les pleureurs de la loi Evin, devraient tout de même se poser la question de leur propre responsabilité dans cet état de fait.


Trop facile de jouer les Ponce-Pilate, en effet lorsque nos jeunes des canaux s’offrent du jaja, et y’en a aussi, c’est aussi misère. Là encore j’invite nos chères interprofessions à venir faire les poubelles ça vaut tous les panels. Dans notre beau pays c’est toujours la faute des autres mais quand on propose à des prix canons des vins qui sous des étiquettes d’appellation ne sont que des jus alcoolisés sans authenticité il ne faut pas s’étonner que le goût des pioupious se tourne vers des liquides plus rafraichissant. On se gargarise du développement des clubs de dégustation, des master-class, les conseilleurs pullulent sur le Net et ailleurs, des e-vendeurs se la jouent start-up, alors que ce n’est que l’épaisseur du trait, une infime minorité, tout le monde broute dans le même pré.


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« Misère, misère… » chantait Coluche


L´argent ne fait pas le bonheur des pauvres

Ce qui est la moindre des choses…

Misère, misère!

Peut-être qu´un jour ton président

Sentant monter notre colère

Misère, misère!

Devant les peuples sans frontières

Alors il s´en mordra les dents

Misère, misère!

 

Et Coluche de se gondoler : « Attendez que la gauche passe en 2012 ! »

 

Épisode nostalgie d’un vieux con


Chacun d’entre nous, pour les vieux comme moi, se souvient du bon poulet de grains acheté à la ferme qui grattait et picorait dans l’aire avant de finir de s’engraisser dans l’ombre de la mue nourri aux croutons de pain trempés dans du lait. C’était du costaud avec des os solides, du goût et une graisse claire qui fondait en cuisant. On les achetait pas vidé mais plumé avec les pattes et le cou. Ces poulets avaient du temps devant eux pour atteindre leur maturité.


Puis, très vite, tout au début de ce que l’on a baptisé les 30 Glorieuses, les marchands d’aliments ont débarqué avec dans leur besace ce que mémé Marie appelait de la farine, de la bouffe en sac, et aussi des petites capsules pour piquer les poulets : les hormones. Mémé n’y a jamais touché mais dans nos campagnes certains s’extasiaient devant la croissance éclair de leurs volailles, leur forme ronde et joufflue. Jean Ferrat le chantera dans « La montagne ».


Les hormones furent interdites mais les bâtiments d’élevage laids s’érigèrent dans nos paysages, chassant les volailles en liberté des aires de ferme, laissant la place aux camions de farine déversant dans des trémies la bouffe des volatiles cloîtrés. Le paysan est devenu un travailleur à façon, tout, du poussin aux médicaments, car bien sûr la concentration amène des maladies, lui était fourni. Fin d’une époque, c’est le grand virage de la productivité qui sera l’un des atouts de la future GD seule en capacité à écouler une production de masse.


Mais laissons-là ces souvenirs nostalgiques pour nous poser une question simple : est-il possible, non pas d’effectuer un retour en arrière mais de mettre en œuvre une production de poulets de grains qui permettent au plus grand nombre de retrouver le goût de la volaille en ne se ruinant pas. Pour l’heure, l’accès à ce type de volatile est un luxe que tout le monde ne peut s’offrir.


La ferme avicole des Grands Champs en Dordogne, tenue par le papa de ma copine Fleur Godart s’y essaie :


« La ferme avicole des GRANDS CHAMPS est spécialisée dans le démarrage et la finition de volailles de qualité fermière vendues en direct. Dans notre belle région du Périgord, la ferme occupe 30 hectares dans des bois où les animaux bénéficient d’une totale liberté lorsqu’ils sont lâchés.


Les exploitants représentent la 3° génération depuis 1928, le gérant actuel étant Etienne GODART.


L’aliment fabriqué sur place depuis 1961 (formule inchangée depuis 1975) est de type fermier. Il contient des céréales (maïs et soja), des protéines végétales (gluten de maïs), des vitamines, des minéraux et … c’est tout !


Nous avons des méthodes de production dans l’esprit bio mais nous rejetons ces normes plutôt adaptées à l’industrie. Par exemple, nous refusons de lâcher les poulets par temps humide à cause des risques important de maladie. Risques accentués par une contrainte liée à la vente directe permanente: la présence d’une grande diversité d’âge de volailles, contrainte que n’ont pas les éleveurs en « bande unique » travaillant pour des groupements ou des abattoirs. Nous savons de quel champ vient le maïs, ce qui n’est pas le cas de la grande majorité des producteurs « bio » ne fabriquant pas leur aliment. Nous préférons l’agriculture durable, naturelle, traditionnelle, sans traitements antibiotiques (sauf maladie), en totale transparence, dans la vente directe, sans marketing, sans emballage tapageur. Des produits simples à des prix équitables pour tous. »


Fleur distribue les poulets de son père sur Paris et l’on peut aussi les acheter sur les marchés des Enfants Rouges ou des Batignolles et lors de certaines manifestations ponctuelles : Paris Fermier, le salon du parc floral, Champerret…


Les tarifs sont ICI link


Le Panier parisien link


Voir ma chronique : « Sans contestation, les pieds trahissent les poulets » de l’Audiard pour le panier de Fleur Godart vins & chapons link


C’est beaucoup de temps et de travail, est-ce reproductible ? Y-a-t-il encore des volontaires pour ce type d’entreprise ? Je ne sais, mais ce que je sais c’est que tant que les consommateurs seront aussi indifférents à la fois au produit vraiment fermier et au travail qu’il nécessite, peu de candidats se présenteront au portillon. Il est si facile d’appeler le développement de ces produits en se contentant de complaintes de soi-disant commis de cuisine pour quelques semaines. Vivre et produire au pays c’est  365 jours sur 365 sans répit, du courage, du courage… pas une petite mise en scène à 2 balles avant de s’en retourner pénardement dans le confort de sa métropole.


J’ai beaucoup écrit sur le poulet : Florilège


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-         Poulet au vinaigre de cidre augeron link


-         Le poulet du dimanche, ses pommes de terre nouvelles de l’Ile de Ré et sa bouteille de Vin bouché de Vendée sélectionnée par Michel Smith... link


Bref, rien ne vaut pour un beau pique-nique au bord de l’eau ou ailleurs de beaux pilons de poulets de grains, des vrais, bien fermes, à la peau croustillante et pour faire couler rien ne vaut Le Vin des amis de Jeff Coutelou


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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

patrick axelroud 28/07/2014 10:02


Après les vaches, les porcs,les chats, le maigre, 22 v'la les poulets ! C'est plus un fana de vins c'Taulier mais un membre actif de la SPA !

Michel Smith 28/07/2014 06:04


Ton clignement d'oeil ne restera pas sans réponse, Taulier... ;-)


Je maintiens modicus que la plupart (je n'ai pas dit "tous") des vignerons, cavistes et restaurateurs servaient des vins de Vendée aux touristes sans se soucier de leur qualité. Mais tout change,
heureusement avec le sursaut de négociants-vignerons tels Jérémie Mourat et la véritable foi biodynamique qui fait marcher la famille Michon du côté de Brem et du village de Saint-Nicolas.


Ce qui m'incite à renouveler mon offre de mariage : d'un côté le rosé 2013 Reflets (Fiefs Vendéens Brem) de Thierry Michon, de l'autre le VMQ (Vin Mousseux de Qualité) Blanc de Noirs (Pinot noir
sur schistes) du Clos Saint André à Mareuil-sur-Lay que l'on doit à Jérémie Mourat. Niveau prix, ces deux "petits grands" vins sont accessibles.


Voilà pour ton déjeuner sur l'herbe bien emballé !

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