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3 novembre 2010 3 03 /11 /novembre /2010 00:09

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Le pauvre, allez-vous soupirer, qu’est-ce qu’il va encore nous chercher pour se faire de la publicité... Et pourtant je ne fais là que me projeter dans les projections de l’INSEE à l’horizon 2060. Sans doute suis-je bien trop optimiste, vu mon âge qui ne semble pas être dans le bon wagon, en espérant que mon espérance de vie va se lover dans le bel élan tracé par nos statisticiens et nos démographes. Centenaire ! Qu’importe si je m’illusionne, ce qui importe pour moi c’est d’imaginer les 38 années à venir. Comme par exemple, à raison de 400 chroniques par an sur cet Espace de Liberté ça me donnerait une belle perspective de pondre dans les 15000 billets, et puis une fois passé le Cap de Bonne Espérance pourquoi ne pas se fixer les 110 ans comme nouvelle destination. Alors ce ne serait pas « super-Berthomeau » mais j’entrerais alors dans la carrière des « supercentenaires ». Enfin, pour ne pas être en reste je cinglerais avec légèreté vers l’immortalité.

Non je ne suis pas devenu fou tout ce que j’affirme ici est écrit ci-dessous par des gens sérieux de chez sérieux. Bien évidemment le seul qui ne soit pas sérieux dans cette affaire : c’est moi. En effet, vu le cahier des charges que j’exigerais pour accepter de passer le Cap de Bonne Espérance des 100 ans, c’est-à-dire être en parfait état de fonctionnement en haut, en bas et au milieu, c’est mission impossible. Le seul intérêt que je verrais dans cette longévité c’est de pouvoir continuer de me payer la fiole des prohibitionnistes, hygiénistes et quelques autres istres qui ne sont pas des histrions, à la fois par écrit bien sûr, mais aussi par le simple fait que je serais l’expression vivante de l’inanité de leur combat. Et si la vieillesse n’était plus un naufrage mais l’expression la plus accomplie de la sérénité je pourrais même envisager de briguer la Présidence d’un INAO qui aurait de nouveau perdu son Q...

  

Alors, tout ça n'est pas très grave car comme le disait Jean Paulhan « la mort, j’espère que j’irai jusque là... » en fait n’existe pas puisque ceux qui croient se payent la vie éternelle alors que ceux qui ne croient pas n’existent plus, et ne font que retrouver leur état premier, leur néant initial.

  

Selon une étude de l’Insee http://www.insee.fr/fr/ffc/ipweb/ip1319/ip1319.pdf  lire aussi l’article de Vivre au-delà de 100 ans Jacques Vallin et France Meslé* dans Population&Société N°365

http://www.ined.fr/fichier/t_telechargement/29248/telechargement_fichier_fr_publi_pdf1_pop_et_soc_francais_365.pdf , la France pourrait voir sa population âgée de plus de 100 ans augmenter 13 fois d’ici 2060. Le pays compterait alors près de 200.000 centenaires.

L’Insee vient de rendre publique une étude sur l’évolution de la croissance démographique de la population française sur les 50 prochaines années. D’ici 2060, la France comptera près de 200.000 centenaires, soit 13 fois plus qu’aujourd’hui (environ 15.000).

L’Institut national de la statistique et des études économiques explique cette anticipation par une croissance de la population (nous seront près de 73,6 millions d’habitants dans l’hexagone dans 50 ans), ainsi que par un cadre de vie plutôt bon depuis 1970 (progrès de la médecine, bonne hygiène de vie, alimentation équilibrée, vaccination, système de santé performant).

Ces différents éléments devraient donc faire croitre le nombre de personnes âgées de plus de 100 ans. La population de centenaires devrait augmenter de 2.000 par an entre 2010 et 2046 (à l’exception d’une légère baisse entre 2015 et 2019 correspondant au déficit des naissances de la Première Guerre mondiale).

 

« Dans un numéro de Population à paraître sur les « perspectives biodémographiques de la longévité humaine », James Carey estime que, de tout temps, cette longévité a évolué. D’après lui, elle n’aurait excédé l’âge de la ménopause que de 7 à 11 ans chez Homo habilis mais de 15 à 18 ans chez Homo erectus. La longévité aurait ainsi atteint 60 à 63 ans chez ce dernier avant de passer à plus de 70 ans chez les premiers Homo sapiens, ce qui laisse à penser qu’au sein même de notre espèce, elle s’est encore élevée puisqu’elle se situe aujourd’hui au-dessus de 120 ans comme l’indique l’âge au décès de Jeanne Calment. Si tel était le cas, cela ouvrirait beaucoup plus largement les perspectives d’accroissement futur de l’espérance de vie. Rien n’empêcherait alors de rêver, par exemple, à une espérance de vie de 150 ans (voir Caselli et Vallin dans le même numéro de Population). Mieux, des biologistes pensent que certains êtres vivants (la reine des abeilles, quelques échantillons de mouches, sans parler des séquoias), échappant à la règle commune d’une progression exponentielle des risques de mortalité avec l’âge, seraient quasiment immortels s’ils n’étaient soumis au risque de mort violente [5], ce qui incite un démographe comme James Vaupel à poser la question : est-ce que, à l’instar de celle des mouches, la mortalité des hommes n’est pas susceptible de régresser à des âges très élevés [6] ? Quelques heureux (?) élus pourraient alors rêver d’immortalité. »

 

Dans cette aventure, les femmes distancent de très loin les hommes. Les effets cumulés de la surmortalité de ces derniers à tous les âges de la vie conduisent en effet à un extraordinaire déséquilibre entre les sexes : après 100 ans, il ne reste plus qu’un homme pour sept femmes. En fait, cette proportion change très vite aux très grands âges : elle est encore d’un homme pour quatre femmes à 95 ans, mais n’est plus que d’un homme pour dix femmes à 104 ans. Selon les travaux de recherches disponibles, après 110 ans, ceux que l’on appelle les « supercentenaires » sont quasiment tous des femmes en France métropolitaine. La proportion de femmes parmi les personnes âgées ne cesse d’augmenter avec l’âge : 65 % des octogénaires, 77 % des nonagénaires et 86 % des centenaires sont des femmes. En effet, à tout âge, la mortalité des hommes est plus forte que celle des femmes. Si cela a peu de conséquences sur la parité hommes-femmes avant 65 ans, étant donné le risque « relativement » faible de mourir avant cet âge, ce n’est plus vrai ensuite. Le quotient de mortalité à 70 ans ou risque de mourir dans l’année (définition) est de 1 % pour les femmes et de 2 % pour les hommes (graphique 2). À 100 ans, il atteint 31 % pour les femmes et 37 % pour les hommes. À 105 ans, il s’accroît encore : 42 % pour les femmes et 46 % pour les hommes. Après 110 ans, les quotients de mortalité seraient compris entre 50 % et 60 %. La probabilité pour un centenaire de devenir un « supercentenaire» est très faible (moins de 0,5 %) dans les conditions de mortalité actuelles.

 

Les centenaires vivent de plus en plus en solo ou en couple

 

À 100 ans, une personne sur deux vit à domicile, tandis que l’autre moitié vit en institution. L’espérance de vie sans incapacité progresse, et dans ces conditions, la vie à domicile augmente : en 2007, 49 % des centenaires vivent à domicile, contre 47 % en 1999. La majorité de ceux qui vivent à domicile habitent seuls et ce mode de vie a augmenté pour les centenaires au cours des dernières années. Par ailleurs, 4 % sont en couple en 2007, les autres (18% des centenaires) sont logés avec une autre personne que leur conjoint, la plupart du temps un de leurs enfants. Ce partage du toit avec d’autres personnes qui touchait 24 % des centenaires en 1999, tend à reculer. En 2007, les centenaires vivent plus qu’avant en solo ou en couple (graphique 3). La proportion de personnes vivant à domicile diminue avec l’âge. Ce mode de vie reste toutefois fréquent, même aux âges les plus avancés. Il peut sembler étonnant que la vie à domicile soit encore fréquente à 100 ans, mais seule une minorité de personnes parviennent à atteindre cet âge et ce sont, évidemment, les plus en forme et donc les plus susceptibles de résider à domicile. Par exemple, parmi les femmes âgées de 97 ans en 1999 qui vivaient seules à domicile, 54 % ont fêté leur centième anniversaire, alors que ce n’est le cas que de 36 % de celles qui résidaient en maison de retraite.

Vivre à la maison malgré des limitations dans ses mouvements

Avant 100 ans, la vie à domicile est le mode de vie majoritaire : neuf octogénaires sur dix habitent encore chez eux ou chez leurs enfants et c’est encore le cas de deux tiers des nonagénaires (graphique 3). Pourtant, d’après l’enquête Handicap-santé, la moitié des nonagénaires, vivant à domicile ou en institution, rencontrent en 2009 beaucoup de difficultés pour exécuter seuls au moins une des tâches suivantes : se laver, s’habiller, couper sa nourriture, se servir à boire, manger ou boire. Parmi les nonagénaires évoquant ces difficultés, 44 % vivent en maison de retraite, 29 % habitent à domicile en couple ou avec leurs enfants et 27%vivent seuls. La vie à domicile est surtout le fait de personnes valides, ou alors aidées. Parmi les nonagénaires qui vivent seuls malgré des difficultés sévères d’entretien personnel, 92 % reçoivent une aide professionnelle et 26 % une aide de leur entourage pour réaliser ces tâches.

 

Les hommes sont plus souvent à domicile

 

Centenaires, les hommes résident bien plus souvent à la maison que les femmes : 68 % d’entre eux, contre 46 % des femmes (graphique 3). Les hommes centenaires sont certes plus fréquemment en couple, ce qui favorise leur maintien à domicile. Mais même lorsqu’ils ne sont pas mariés, ils vivent davantage seuls à domicile (42 % contre 27 % pour les femmes) plutôt qu’en institution. À âge donné, les hommes déclarent moins de gênes physiques que les femmes. Ces dernières sont davantage touchées par des maladies. » qui engendrent des incapacités comme des troubles mentaux ou des maladies ostéo-articulaires.

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

patrick baudouin 05/11/2010 00:41



très sceptique sur ces projections..qui ont un petit air d"avenir radieux" ; à vrai dire, je n'y crois pas. On voit déjà les "espérances de vie" (concept ambigu..) diminuer dans certains pays :
baisse du niveau de vie, dégradation des systèmes de santé..). Cela oublie que ceux qui vivent vieux aujourd'hui n'ont sans doute pas été soumis à toutes les pollutions environnementales,
alimentaires, que les nouvelles (ou moins nouvelles, comme la mienne) ont encaissé....C'est une projection qui me semble bien linéaire, digne de certaines affirmations (ou négations) bien
péremptoires de notre chère Académie de Médecine...et qui fait comme si tout allait bien se passer dans notre meilleur des mondes, sans problème climatique, sans crise des ressources, sans
conflits plus ou moins violents...et puis je n'ai pas trop envie d'être un viellard cacochyme non plus...alors essayons plutôt de "Carpe Diem" (Chamfort  : "certains ont duré, d'autres ont
vécu"...) Patrick



Luc Charlier 03/11/2010 19:27



Bien sûr, mais personne n’aurait cru que je n’ai pas de plumard !


Mon dernier chien, un setter Gordon, est mort à 14 ans sous l’aiguille de mon frère (véto), sa tête dans mes mains, aveugle,
arthritique et couvert de ses propres excréments. Je me sens encore coupable de ne pas avoir pu le supporter plus longtemps, mais également de ne pas l’avoir fait piquer deux ou trois jours plus
tôt. J’espère qu’il ne m’a jamais trouvé insupportable. Moi, je n’aurai plus jamais de chien.


Pour ceux qui sont moins au fait des textes du grand aux dents de cheval, merci d’avoir précisé quand même, cher
blogueur !


 


Ça plombe un peu l’ambiance, non ?



pierre rivet 03/11/2010 19:16



Sauf pour mon LIT  et mon maigre passé .


Je sais ,je pinaille mais on ne plaisante pas avec le Grand Jacques !!!



Luc Charlier 03/11/2010 09:30



« Quand je serai vieux, je serai insupportable ,


Sauf pour mon chien et mon maigre passé ... » (J. Brel).


Moi, c’est déjà fait et je n’ai plus de chien.


C’est vrai qu’ils sont chiants, les vieux. Les gosses aussi d’ailleurs. Et les autres en général.


Un charlatan, pourvu néanmoins du diplôme de docteur en médecine (c’est fréquent), avait écrit un livre : « Gij wordt
honderd jaar » (= vous deviendrez centenaire) où il vantait ses méthodes infaillibles. Il les mettait en application dans une clinique belge. Je pense qu’il a eu des démêlés avec la justice,
sinon avec l’ordre des médecins, qui n’est qu’une association corporatiste fleurant le poujadisme de mauvais aloi.


Et sur la radio locale du service public – que j’apprécie beaucoup par ailleurs pour sa proximité, son caractère bon enfant et le
talent d’une bonne partie de ses animateurs – sévit un certain Dr Arnold et ses chroniques « anti-âge ». Le personnage est extrêmement sympathique mais assène des banalités affligeantes
et surfe sur la vague de la mésothérapie, des poudres de perlimpimpin, du Dr Knock et de la crédulité du public : E-COEU-RANT !


Moi, en 2048 je serai mort depuis longtemps et c’est bien ainsi.



Alain Leygnier 03/11/2010 08:31



Vivre dans la déchéance physique et intellectuelle, impotent, sourd et aveugle, est-ce un sort enviable ?



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