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14 décembre 2009 1 14 /12 /décembre /2009 00:00

Au temps de mes études agricoles le Yorkshire évoquait essentiellement une belle race de porc et non une future AOC viticole. En effet, hormis quelques excentriques ou d’exilés, tel le frère Bécot mon professeur d’histoire et mon maître vigneron (lire son histoire anglaise http://www.berthomeau.com/article-34022380.html) l’idée même d’implanter un vignoble en Angleterre ou au Pays de Galles relevait d’une forme de galéjade très So british. Sans exagérer l’importance du mouvement ils sont tout de même à ce jour 416 viticulteurs répertoriés en « Cornouailles, dans les étendues sauvages du Pays de Galles ou dans la périphérie de Londres. » Le Courrier International grand humeur de tendance consacre quelques pages à un dossier vins « Et maintenant les vins nordiques » Royaume Uni, Belgique, Danemark, Pologne. Même s’ils partaient de pas grand-chose l’expansion des surfaces est significative « au cours des cinq dernières années, la surface consacrée à la viticulture a augmenté de plus de 50%)

Les politiques toujours à l’affut s’y intéressent. Lors Du G20 d’avril dernier à Londres, alors que le libéralisme débridé branlait en manche, Gordon Brown servait à ses invités « un nyetimber blanc de blancs de 1998, un vin effervescent à bulles fines produit dans le Sussex, dans le sud de l’Angleterre. Roger Helmer, eurodéputé conservateur, eurosceptique et climatosceptique, déclare « quand quelque chose change, il y a toujours des perdants et des gagnants.. Regardez, la Grande-Bretagne a maintenant une industrie du vin. Il y a même des producteurs français qui achètent des terres chez nous... » Tremblez les bouffeurs de grenouilles la perfide Albion après avoir accueillie à bras ouverts les barbares du Nouveau Monde va débouler plein pot en notre doulce France avec ses « bubbly » En effet, c’est un professeur émérite de géologie à l’Impérial Collège à Londres, Richard Selley, qui a découvert que « les sols crayeux du sud de l’Angleterre étaient identiques à ceux de la Champagne. D’après lui, il suffisait de sélectionner des coteaux exposés au sud pour que les vignes poussent bien. » Les romains avaient bien fait pousser de la vigne en Angleterre jusqu’à ce que « le petit âge glaciaire, à la fin du Moyen Age » mette fin à l’aventure viticole. L’auteur de l’article du Der Spiegel, Marco Evers, note que « les plus grands viticulteurs de Champagne, comme Louis Roederer, ont commencé à étudier la possibilité d’acheter des terres de l’autre côté de la Manche... où elles valent le dixième de ce qu’elles pourraient coûter en France. » Bonne pioche, au lieu d’aller au Chili créer un vignoble comme certains je vais prendre l’Eurostar pour faire pousser mes ceps sur le terroir du Kent. Pourquoi le Kent ? Parce que c’est chic : imaginez la marque « Duc de Kent » by appointement de sa gracieuse majesté, le pied !

LeventhorpeDukeofKent1
Que le plus grand vigneron british se nommât Mr White ne s’invente pas. « En 1984, Adrian White, un entrepreneur ayant fait fortune dans les usines de traitement des eaux usées » rachète une ferme à 40 km de Londres où l’on cultivait du maïs et où on élevait des porcs et du bétail. Deux ans plus tard, il plante 300 000 plants sur les coteaux exposés plein sud. La première bouteille de vin a été débouchée en 1989. Le « Denbies Wine Estate » couvre maintenant 107 ha de vignes. 2009 sera selon le propriétaire une bonne année – connaît-on un propriétaire déclarant le contraire – et plus de 500 000 bouteilles : blanc, rosé, rouge et, surtout, du mousseux produit selon la méthode champenoise. Vin&Cie essayera de se procurer quelques flacons pour une dégustation à l’anglaise. Comme rien n’arrête nos voisins grands consommateurs de fish, le professeur Selley « prévoit qu’avec le réchauffement climatique les vignes pourront être cultivée jusque dans les Highlands écossais. Il est convaincu que, d’ici à 2080, les coteaux qui entourent le Loch Ness produiront un excellent riesling » Et si Pernod Ricard grand producteur de whiskies écossais s’entichait du riesling !

Au dernier International Wine Challenge « la Grande-Bretagne a décroché 24 médailles cette année, dont quelques médailles d’or. Avec ses 729 médailles, la France demeure toutefois le leader incontesté » Ouf !

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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Reggio 14/12/2009 14:08


Bonjour à tous,
Je connais perso 4 producteurs au Danemark mais il y en aurait une trentaine. J'en connais 1 en Norvège, mais il y en aurait 3 ou 4. Je n'en connais pas en Suède, mais je sais qu'il y en
a...au moins 2.
Si on parle de la qualité des productions des Scandinaves...pas terrible, mais sur la carte du "Sommelier " ( à la mode en ce moment !) à Copenhague, vous pouvez vous faire une idée des prix plutôt
assez chauds : de 100 à 350€ pour une quille du cru local ! Et ça se vend assez bien...
Moi, je vends mon joli Minervois 8€ à Copenhague...Evidement, à ce prix là je le vends bien....


Michel Smith 14/12/2009 08:25


Pour info, Steven Spurrier, jadis émérite caviste parisien fondateur de l'Académie du Vin et aujourd'hui grand commentateur du vin pour le magazine Decanter, vient de planter quelques hectares de
vignes dans la campagne anglaise pour faire du "sparkling". Et les Belges, de leur côté, aspirent eux aussi à entrer dans l'histoire de la viticulture avec quelques bons domaines en devenir. Des
tentatives ont aussi lieu au Danemark, en Irlande, en Suède, je crois, ainsi qu'en Lethonie ! "On marche sur la tête", dirait ma grand-mère...


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