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11 décembre 2013 3 11 /12 /décembre /2013 00:09

GammeAutreRouteFiche-copie-1.jpg

 

« Une autre route » nous assène-t-on du côté de chez Pousson, seul porte-paroles autorisé de coopérative paysanne d’Embres&Castelmaure mais moi je sais que pour se rendre dans ce pays perdu il n’y en a qu’une route et même que y’a pas la place pour mettre en place une biroute dans le style plan routier breton du grand Charles.


Même si je sais que les hautes autorités de la coopé ont la tête près du bonnet (plutôt blanc pour le grand président PHDM) je suis en droit de m’interroger face à cette indéfinition : est-ce que la route indiquée c’est une parmi d’autres ou est-ce celle d’un alter-vin ?


UneAutreRouteJe_re_mie2011V.jpg

 

Certes notre Pousson dans son style incomparable paysan -rural tente de nous orienter. Je le cite « Oui, la route continue, UNE AUTRE ROUTE continue. Apparemment, l’idée d’un vin « de luxe » sans bois vous a enchanté : ça fait d’ailleurs longtemps qu’il ne nous reste plus une bouteille du millésime 2010 d’Au village sans prétention. »


UneAutreRouteMauvaise2011V.jpg

 

Y sont sortis du bois les gars, tout comme il y eu autrefois la route de la soie, celle du fer qui ne devait pas être coupées maintenant il y a celle du bois qui elle doit être barrée par les croisés de la divine coopé des Corbières.


Notre chantre continue son homélie missionnaire (aucune allusion à la position) « Voici le 2011, pardon, les  2011 ! Car nous vous l’avions promis (NDLR à E&C les promesses sont toujours tenues), cette cuvée n’était que le premier virage d’une autre route,  de cette autre façon de concevoir le vin du Sud. »


UneAutreRouteVillage2011V.jpg

 

Là, je crie halte au feu « Sortons de l’indéfinition hollandaise », avec les virages à répétition nous risquons de zigzaguer et de verser dans le fossé.

 

Bien sûr le chanoine Pousson se veut rassurant, il nous brosse dans le sens du bois, nous fait le coup du cran au-dessus, de la sélection au terroir. C’est du marketing pataugas pur jus. Comme c’est la mode de nos jours le père Pousson du haut de sa chaire nous énumère la litanie des cépages « Du carignan, parce qu’on est dans les Corbières, du grenache d’altitude et un tour de poivre de syrah… » Au nom de la tradition, contre l’impérialisme des vins de cépages, je revendique le droit de boire du Corbières et non une addition de cépages.

 

Je m’enflamme mais je dois à la vérité de noter qu’à E&C ils savent prendre les bons wagons même si la SNCF n’a pas cru bon de doter ce haut-lieu d’une gare comme celle de Latour-de-Carol. « En cave, la recette reste toujours la même : en faire le moins possible ! Les jus sont embouteillés dans leur prime jeunesse, au sortir de la cuve, puis élevés sur lattes. Résultat, du fruit, énormément de fruits et une incroyable disgestibilité. Des espèces de « grands vins de soif »… »


Je note avec regret l’emploi de « vin de luxe » et « grands vins de soif » : la coopé ne serait-elle pas en train de se saint et millionisée ?


Mais ce n’est pas tout mes biens chers frères, étant destinataire du routage client de la coopé que vois-je inscrit en toutes lettres sur la page 2 « Et puis il y a les classiques, les incontournables… »


Qu’est-ce à dire ?


Qu’Embres&Castelmaure soit incontournable c’est indubitable puisqu’il n’existe pas de rocade mais que sont donc ces classiques ?


Des Corbières Rouge élevage traditionnel : la Pompadour 2011, La Grande Cuvée 2011, le N°3 de Castelmaure 2011…


photo623.JPG

 

La route du bois n’est donc pas totalement coupée. La nurserie de la coopé dorlote toujours de beaux bébés dans des berceaux issus de nos belles forêts françaises.


Attention ne voyez pas dans ma remarque une quelconque critique : tous les goûts sont dans la nature et ce n’est pas moi qui vais vous dire comme élever le vin.


Mon propos matinal s’adresse essentiellement au grand maître de l’orientation le sieur Pousson : alors questions :


-          « On the road again?... » ça se traduit comment en français, en català, en deutsch, en occitan ?


-          Quelle est la marque de la camionnette qui roule encore sans contrôle technique ?


-          Quel est le numéro du chemin vicinal reliant Embres&Castelmaure au reste du monde ?


-           J’adore Charly Mingus mais… à part ça où sont passés les vins ?


-          A quand « l’autre route » à sens unique ?


Je m’en tiens là avec cette chronique à ne pas piquer des vers – ne pas confondre avec piquer des verres au Grand Tasting de B&D – sinon je vais finir dans le goudron et les plumes lors de mon passage dans la cité des Hautes Corbières.



UneAutreRouteContre2011Je_re_mieV.jpgUneAutreRouteContre2011Re_putationV.jpgUneAutreRouteContre2011VillageV.jpg

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

Vincent Pousson 11/12/2013 11:02


Oui, Jean, Manset, évidemment. Je ne vais pas te faire le coup de te raconter qu'à force de voir les caves et les domaines fermer, les vignes s'arracher, on se sent un peu voyager en solitaire
dans les Corbières. Juste t'offrir la version de Comme un Lego, par Bashung, parce que
contre vents et marées, il faut continuer de bâtir.


Michel, j'ai révélé les marques…


Jeff, c'est vrai, on a trouvé la solution, dans le Sud, on est arrivé au bout de la route, il est urgent d'arrêter de chercher. Pour ce qui est des vins "pur jus", ce n'est pas vraiment une nouveauté, ni à Embres, ni ailleurs; je me souviens d'une cuvée baptisée envie de raisin en 2001 (et encore,
parce que l'Administration avait retoqué jus de raisin…). La recherche, elle est sur des vins de garde en élevage-bouteille, avec mise précoce.


 

jean heritier 11/12/2013 08:35


j'aurai terminé cet article original et pertinent comme dab par une référence à Gerard Manset


"Y'a une route, y'a une route on marche dessus y'a pas d'tapis Y'a des fleurs comme des anémones qu'attendent la pluie Y'a une route, tous les dix ans y'a un marin, qui jette l'ancre au café du
coin Qui parle de voyage et plus loin, après la route faut prendre le train Tu descends dans le p'tit matin, avec ta valise à la main Y'a tellement d'bruit qu't'as plus d'oreille, pendant qu'la
fumée mange le ciel Puis final'ment tout est pareil, parc'qu'y'a une route, tu la longes ou tu la coupes Tu t'allonges et on t'passe dessus, ou tu t'lèves et on t'tire dessus, mais Y'a une route,
c'est mieux que rien,"

Michel Smith 11/12/2013 08:08


Bon, comme je n'ai aucune réputation à défendre, je m'avance pour dire que le petit nom de Charles Mingus était plus "Charlie" que "Charly" , dire aussi qu'en French, "On the road again" (rien à voir avec Mingus) se traduirait bêtement par "Encore sur la route", que la
camionnette pourrait être une 4L ou une C15, que la route est définitivement Départementale et qu'un grand projet va - enfin - voir le jour à Embres en 2014... Mais ça, je laisse le soin au
porte-parole de la communeauté vigneronne des Corbières quasi maritimes de nous l'annoncer !  Suspense quand tu
nous tiens...

Jeff Carrel 11/12/2013 07:08


d'abord une petite diatribe contre les vins élevés sous bois et puis voilà une shtite série de vin "pur jus"...je reste coi. Après l'artiste incompris visionnaire au talent inconnu, voici
venu le temps du paysan incompris et de son terroir inconnu, à force il se peux que la corde ne soit plus vraiment à leurs gouts. Sieur Pousson j'aime beaucoup ce que vous faites
mais les redondances...

Vincent Pousson 11/12/2013 02:04


Le mieux, quand un type te pose une question, c'est de lui répondre. Mais d'abord, Jacques, quelques utiles précisions géographiques. Il n'y a pas qu'une route pour aller à Embres. Heureusement,
d'ailleurs : comment pourrait il en être autrement pour une commune aussi vaste qu'Embres-et-Castelmaure? 32,2 kilomètres carré ! Évidemment, le Parisien que tu es devenu va me rire au
nez, la Capitale comme chacun sait mesure 105,4 km2. Mais songe à ton pauvre village vendéen de La Mothe-Achard: avec ses 8,73 km2, il ne fait vraiment pas le poids, à peine plus d'un quart de la
surface d'Embres-&-Castelmaure! Une telle étendue donc méritait bien plusieurs artères pour l'irriguer, dont les deux principales, goudronnées d'un bout à l'autre: la classique qu'empruntent
les étrangers, depuis Saint-Jean-de-Barrou; la buissonnière, sublime avec sa multitude ponts dans le maquis et les pinèdes, celle de Villeneuve-les-Corbières.


Le décor étant planté, les réponses.


1°) On the road again, évidemment ne se traduira jamais. Tout comme Los Angeles ne deviendra jamais Les Anges. On the road again, c'est en Californie que ça se passe. 1968,
Canned Heat, la voix suraigüe d'Allan Wilson. Un morceau historique, le premier blues à monter à l'assaut des charts. Eh oui, même les bouseux des montagnes et des campagnes,
parfois, écoutent de la musique en patois d'Amérique, il y en a même comme le Boulard de Champagne qui jouent de la gratte. Oh yeah! Alors, oui, c'est vrai, on aurait pu le faire en
occitan, avec boudègues et sabots ; franchement, Jacques, on n'a pas osé afin de ne pas contredire l'ode à la modernité que tu nous chantait (in french, c'est vrai) dans
Cap 2010.


2°) La camionnette, laquelle, car il y en a deux sur ces étiquettes. L'une dont on devine le rétroviseur (dans lequel se reflète l'église Saint-Félix), c'est une C15, diesel bien sûr, impavide et
chevronné chameau des Corbières. L'autre est un luxueux engin d'importation, une Anglaise (on ne se refuse rien!), ni plus ni moins qu'un Land Rover 109, rutilant car retraité d'une glorieuse
carrière chez les Sapeurs-Pompiers des Pyrénées-Orientales. L'un et l'autre sont à jour de cotisations…


3°) Ce n'est pas à proprement parler un chemin vicinal mais une départementale (heureusement avec les camions qui quotidiennement viennent charger la production d'une des dernières entreprises du
canton!), la D205. Les chemins vicinaux, il y en a plusieurs, la Route des Canelles qui file vers Vingrau et le chemin de la Fontaine, via les pistes, en direction du Col d'Extrême et de Tuchan.


4°) Je ne comprends pas la question? Les vins, pour ceux qui ne sont pas vendus, sont dans la cave, rafraîchis par le cooling (encore du patois!) de Lacaton & Vassal.


5°) Jamais, je pense. Et pourquoi le faire? Quelle drôle d'idée! Une partie des vins de la cave continuera sûrement d'être élevée en futs, en foudres, dans le bois, quoi (ce qui ne signifie pas
chêne neuf !), parce qu'il y a des styles de jus qui aiment ça, parce que des vieilles cuvées comme La Pompadour sont faites ainsi depuis des dizaines d'années et qu'en fonction des
jours, des envies et des plats, ça procure du plaisir, beaucoup de plaisir.


Cette “expérience” d'élevage-bouteille a débuté en 2007, pour voir, pour essayer, parce que dans la vie, on ne fait pas toujours “à la papa-maman”… De quoi s'agit-il ? D'embouteiller des jus
très jeunes, de quelques mois, mais pas de gentils vins de soif, des sélections parcellaires (débutées il y a vingt-cinq ans), des jus concentrés, à faible rendement, habituellement réservés au
cuvées élevées sous bois. Et de les faire vieillir ainsi, en cave. L'objectif était de “piéger” le fruit, de l'emprisonner du fait de cet embouteillage précoce (avec au passage quelques risque
sur des cépages réducteurs comme le carignan) mais aussi de ne pas surcharger aromatiquement les vins. Et au bout de quelques années, quand les essais sont arrivés à maturité, tout le monde s'est
régalé, d'où l'idée de développer ce projet, d'y travailler plus à fond. Effectivement, le premier millésime, 2010, s'est vendu comme des petits pains. Parce qu'effectivement, ça plait.


Juste une digression, si tu permets, Jacques, sur les cépages. Ça te dérange, toi qu'on donne cette indication au consommateur dans un coin de la contre-étiquette? Moi non. En fait, j'ai rarement
rencontré de gens que ça dérangeait qu'on les instruise de ce qu'il y avait dans la bouteille. Ni devant un riesling alsacien, ni devant un carignan languedocien.


Une autre route, donc, une autre façon de construire des vins de garde, sans bois, avec une reserva sous verre. Nous verrons dans dix ou vingt ans si c'était la grande
idée; d'autres d'ailleurs dans le Sud ont commencé à travailler comme ça, ça fait des petits jusque dans le Priorat. Et pour l'instant, franchement, il n'y a que les tonneliers qui n'aiment pas
l'on suive une autre route qu'eux. Les brav' gens (peut-être pas les mêmes que ceux de notre voisin Brassens), eux, ne montrent personne du doigt, ils en redemandent.




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JACQUES BERTHOMEAU 11/12/2013 09:19



Pour les cépages on ne parle plus que de ça et ça me gonfle quand je bois.


Pour la question c'était une façon de dire en déconnant que la musique occuppe tout l'espace 


Tu n'as pas répondu à la seule question importante pourquoi une autre route et non pas l'autre route



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