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20 septembre 2010 1 20 /09 /septembre /2010 00:09

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Michel Bettane vit en Beaujolais, il y respire, lorsqu’il ouvre sa fenêtre c’est son horizon, son port d’attache, sa terre de prédilection alors sa plume pour dire le Beaujolais dans tous ces états  exprime beaucoup plus que le point de vue d’un expert, elle dessine, mieux qu’un changement de nom, des perspectives pour que les vignerons retrouvent le cœur des consommateurs. Cet article est publié dans l’Express du 18 septembre 2010 Spécial Vin. Mon emprunt sans versement d’intérêt est justifié par l’utilité publique.

 

Beaujolais En garde ! 

 

Une mauvaise communication de l'interprofession

« Parce que le gamay produit des vins tout en fruit et parce qu'on a pris l'habitude de boire les beaujolais sans façon, sur le zinc, on croit communément qu'il ne se garde pas. Sur les rayons des supermarchés, même pour les crus, un millésime de trois ans, c'est comme une date de péremption sur un yaourt. Il fait fuir la ménagère qui craint pour la flore intestinale de toute la famille. C'est un désastre.  

Désastre de communication de l'interprofession, qui n'a jamais appris à bien boire aux Français. Désastre économique, aussi, pour les producteurs qui voient fondre sur leurs invendus les rapaces du commerce, ravis d'acheter à la baisse ce qui n'était déjà pas très cher. Alors, profitons du magnifique 2009 pour rappeler la règle du jeu. Boire bon, c'est boire au bon moment. Respectons la vitesse d'épanouissement de chaque vin. On débutera donc (il est déjà trop tard pour les finir) par les beaujolais primeurs, en principe élaborés pour donner le meilleur d'eux-mêmes aux alentours de Noël.  

"Seul le temps développera vraiment l'expression des terroirs"

A partir de Pâques, les beaujolais et les beaujolais-villages peuvent commencer à se boire, en sachant que les communes du sud de Villefranche-sur-Saône donnent des vins assez corsés et sainement rustiques dans leurs arômes et leurs tanins, qu'il faut boire après les "villages" de granit, plus souples, plus vite ouverts. Au mois de septembre de l'année suivant leur naissance, on débouche les regniés et les brouillys, souvent parfaits entre un an et deux ans. On fait de même avec les chiroubles. Dans leur troisième année, on inspecte l'état d'avancement des saint-amours, des juliénas, des côtes-de-Brouilly, des morgons les plus souples et des fleuries les plus... fleuris.  

Pour leur quatrième anniversaire, on ressort les mêmes, de terroirs un peu plus corsés, et les chénas. Enfin, et régulièrement après la cinquième année, on passe aux moulin-à-vent et aux vins des plus vieilles vignes et des meilleurs terroirs de tous les crus, voire aux beaujolais simples de montagne. Bien sûr, en année moyenne, on peut aller un rien plus vite, et en grand millésime, beaucoup plus lentement, mais seul le temps développera vraiment l'expression des Peut-on aller encore plus loin dans la conservation? Il arrive parfois que le buveur chanceux tombe sur des bouteilles étonnantes de trente ans ou plus. Le plaisir de les boire procède plus de la rareté ou de l'étonnement que du goût. En revanche, les meilleurs moulin-à-vent et quelques autres parcelles de crus produisent régulièrement des vins capables de donner (de dix à quinze ans d'âge) des bouteilles plus complexes, plus subtiles qu'à leur naissance. A condition qu'elles préservent une grande partie du fruité d'origine, qu'elles embellissent d'arômes épicés, délicatement viandés parfois, mais évoquant plus souvent la truffe, le sous-bois - un peu à la façon des vieux bourgognes, avec lesquels on les confond souvent. terroirs. Et les artifices des maquillages, même de ceux qui se vantent d'incarner le triomphe du naturel...

 

Reste la question des vins élevés tout ou partie en bois neuf. L'expérience montre que seuls quelques crus, en général du secteur de Moulin-à-Vent, supportent ce type d'élevage qui peut affiner leur tanin et leur donner un chic un peu bourgeois. Il vaut mieux alors les attendre cinq à dix ans. Mais il faudrait réserver le soin de le faire aux producteurs sachant élever sous bois. Cela éviterait bien des erreurs, et bien des horreurs. »

 

Pour consulter le liste des vins sélectionnés

http://www.lexpress.fr/styles/saveurs/vin/beaujolais-notre-selection_917766.html

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

Olivier Borneuf 20/09/2010 08:35



Bonjour Jacques


Magnifiquement écrit… Mais je pose tout de même une question sur la présentation du sujet : je suis, moi aussi, intimement convaincu que l'éducation du consommateur aide considérablement au
recrutement de nouveaux aficionados et à leur fidélisation. Néanmoins, après lecture on a la drôle de sensation que le problème du Beaujolais est lié à une méconnaissance du consommateur. Oui !
Mais pour être complet, j'inverserai les mots !! Trois points essentiels n'apparaissent pas ou mal dans ce papier (à moins d'avoir fait mauvaise lecture, ce qui est tout à fait possible, le café
est encore en train couler !). Le premier concerne la segmentation : des vins de tous les jours et des grands vins - de garde. Oui les Beaujolais peuvent vieillir mais pas tous ! Ce schéma est
celui de la consommation. À qui le problème alors ? Peut-être que la distribution devrait elle aussi revoir sa copie… Le deuxième c'est la communication : qui sait, croyez moi c'est fréquent, que
Saint Amour est un Beaujolais ?? Je me souviens, Jacques, d'un excellent papier sur Ginestet parlant des GGC et leur rôle de locomotive. Enfin troisième point : la production : par exemple,
nombreux sont ceux qui travaillent encore sur des tailles gobelet alors même que le prix de vente de leur bouteille ne dépasse pas les 2 €… Une culture c'est long à changer, et pourtant tout
passe par là.


PS : Je précise avant d'en prendre plein la figure, que je suis un grand buveur de Beaujolais pour preuve ma bouteille de hier soir : Jean-Marc Burgaud - Côte de Py… !!


 


Bonne journée



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