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20 février 2014 4 20 /02 /février /2014 00:09

L’appellation « vigneron-paysan » accolée à son patronyme est du cru de la Rouletabille des GCC Isabelle Saporta dans son petit brulot VinoBusiness. Dans cette chronique je ne vais pas tirer le portrait de Dominique Techer, nous ne connaissons pas assez même si au travers de discussions passionnées sur le forum de Sève j’ai apprécié sa droiture et les raisons de son combat qu’il mène avec Claire Laval son épouse. Claire  a pris en main le destin de Gombaude-Guillot en 1983, Dominique l’y a rejoint un peu plus tard.


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Moi, qui suis un parigot tête de veau, je croise souvent au Lapin Blanc, le terrier des naturistes, Olivier Techer qui, sur Face de Bouc décline son pedigree ainsi Olivier Techer De  Latécherie directeur artistique/agent de surface, à Château Gombaude-Guillot Pomerol link 


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C’est lui qui sur son compte Twitter a posté le 12 février la nouvelle ‎ « Pas de millésime 2013 pour Gombaude-Guillot, soyons lucide, le niveau espéré n'y est pas. Vivement 2014! #vin #bordeaux #pomerol ». En clair pas de premier vin le château Gombaude-Guillot en 2013.


« On ne peut pas produire la qualité que l’on désire cette année. Nos vins ont vocation à s’épanouir sur 20 ans, cette année la structure est trop légère. On ne veut pas prendre le risque de décevoir » explique Olivier Techer. Lire la suite ICI link 


Le château s’étend sur 7 hectares pour élaborer entre 25 et 28.000 bouteilles par an. S’y ajoute le clos Plince, une propriété de 1 hectare 15, situé dans le secteur des sables de l’appellation.link 


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Dans l’opus de la grande copine d’Hubert, le Sarkozy du vignoble, Dominique Techer est cité à plusieurs reprises en contrepoint de la bonne conscience et de l’hypocrisie ambiante.


Page 103 « il y a ceux qui ne travaillent correctement leurs sols qu’aux abords immédiats du château et pour le reste de leurs parcelles, c’est banzaï. On sort l’artillerie lourde…. Ça leur permet de prendre de jolies photos et de faire une brochure réussie dans laquelle ils vantent leur attachement à l’écologie »


Page 235 « cette année, les viticulteurs vont crever, mais les vendeurs de peur vont se faire des couilles en or… Quand les vignerons vivent mal, le business des petits chimistes se porte à merveille »


En novembre 2012, à la suite la bénédiction des cloches d’Angélus par Mgr Ricard « devant un parterre de négociants et de journalistes forcément éblouis, dans une scénarisation tout à la fois bling-bling et grotesque, grandiose et ridicule, kitch assurément… » je lui avais donné la parole le 8 novembre 2012 dans une chronique « Après son envol dans les cieux de Saint-Emilion faut-il sonner les cloches de Mgr Ricard : François des Ligneris, Dominique Techer répondent… » link


Comme les voix du Seigneur sont toujours aussi impénétrables, et celles de ses serviteurs simples mortels bien plus encore, je me suis adressé à deux hommes du terroir profond de la Rive Droite pour les scruter.


Je les connais tous les deux et je sais que ce sont des hommes de bonne volonté. Fortes têtes, certes, peu adeptes de génuflexions civiles, mais leur fierté en ce monde si vénal trouvera, sans nul doute, une oreille attentive de celui que mon brave curé doyen de la Mothe-Achard appelait Le Très Haut.

 

Et que les thuriféraires des capitaines d'industries des GCC, ces supplétifs trop contents de grapiller les miettes du festin, ne m'accusent pas de cracher sur la brillante réussite de faiseurs de vin pour nouveaux riches. J'aime le talent, l'esprit d'entreprise, celles et ceux qui innovent, qui crééent... mais dans le cas d'espèce je n'ai rencontré que des voraces qui n'éveillent guère l'admiration.


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Magnum de Chateau Gombaude Guillot 1997 en vente chez le meilleur caviste de Paris : Philippe Cuq Le Lieu du Vin link 

 

Intervention divine à Saint-Emilion.


La cérémonie de bénédiction du carillon du Château Angélus de Hubert de Boüard par l’archevêque de Bordeaux a irrésistiblement réveillé en moi le souvenir de pratiques passées, peu glorieuses, de l’Eglise catholique : les indulgences. Elles consistaient à racheter ses pêchés, et par là s’assurer une place au ciel, au moyen de dons sonnants et trébuchants à l’Eglise. Comme le disait un ecclésiastique vénal du 16e siècle : « Aussitôt que l'argent tinte dans la caisse, l'âme s'envole du Purgatoire ».

 

Qu’un notable parvenu fasse admirer par le Rotary Club local et ses plumitifs l’étendue de sa réussite financière,  qu’il fasse se pâmer les sommités de la sous-préfecture en étalant le montant des travaux entrepris, qu’il les éblouisse par une débauche de vins prestigieux, de mets raffinés et de spectacles grandioses, rien que de plus banal.

 

Par contre, en ces temps  de spéculation financière indécente et de paupérisation d’une part croissante de la population dans notre pays lui-même, comment un archevêque peut-il accepter, de venir faire la promotion médiatique d’un vin vendu plus de 300 € la bouteille, soit près de la moitié du minimum vieillesse ?   Quelle humiliation pour lui d’être ravalé au rang d’acteur de cinéma perché dans une nacelle et de devoir attendre pour officier, la dissipation de la brume matinale afin qu’arrive de la belle lumière pour les photographes !

 

On espère que la participation à cette farce n’a pas eu pour simple compensation les quelques bouteilles d’Angélus promises à la cave de l’évêché. Se damner pour si peu !

 

Des miracles à la pelle !

 

Mais Monseigneur Ricard aurait pu profiter de l’occasion pour édifier les populations locales en leur révélant les nombreux miracles survenus lors des opérations de classement des grands crus classés de Saint Emilion. Miracles qui, par leur ampleur, attestent incontestablement d’une intervention divine!

 

Miracle, la transmutation du modeste terroir de Château Quinault en Grand Cru Classé. Situé sur les « sables de Saint-Emilion», ce grand cru a été racheté dernièrement par Bernard Arnault et Albert Frère, et devrait voir sa valeur marchande fortement revue à la hausse.

 

Miracle, le classement direct du Château Valendraud et de La Mondotte en Premier Grand Cru Classé B, sans passer par la case Grand Cru Classé !

 

Miracle à rebours que le déclassement de La Tour du Pin Figeac pourtant situé sur un excellent terroir juste en face de Cheval Blanc, propriété de Bernard Arnault et Albert Frère. Dans leur malheur, les propriétaires actuels seront assurément réconfortés par de charitables propositions de rachat émanant de très pieux voisins.

 

Divine et totale surprise que l’accession au rang de Premier Grand Cru Classé A du Château Angélus d’Hubert de Boüard, président du Comité Régional de l’INAO, membre du Comité national de l’INAO, président de l’ODG Saint Emilion, Premier Jurat de Saint-Emilion, administrateur du Conseil des vins de Saint-Emilion, membre du CIVB et consultant de plusieurs crus promus. Parmi ceux-ci, celui du président du Conseil des vins de Saint-Emilion.

Divine surprise que la promotion en Grand Cru Classé de nombreux domaines possédés par de grandes fortunes, promotion il est vrai, légèrement favorisée par une grille d’évaluation génératrice de gros investissements de prestige.

 

Enfin, intervention divine pour que l’INAO laisse se dérouler sans broncher un classement où la grille de cotation n’existait pas à la remise des dossiers et n’a été connue de l’ensemble des candidats que huit mois plus tard.

 

Que de miracles ! Que de miracles !

 

Et s’il lui restait des forces à Dieu, ne pourrait-il pas aussi chasser les marchands du temple ?

 

Dominique Techer, vigneron à Pomerol, soucieux du devenir des Appellations d’Origine, plus très Protégées de la cupidité ambiante


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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

chantal Sclafer 25/09/2014 13:39


Dominique fait comme tous les producteurs ou entreprises pour faire tourner sa boutique il faut bien vendre !


J'ai  même envie d'écrire que pour crétiquer un vigneron, faut être capable de déposer sur la table 2 années de salaires !! C'est aussi ça notre métier ! Rien n'est garantie !


C'est exactement cela que j'ai balancé à un ancien président du CIVB lui même viticulteur  il ya exactement  5 ans. Le rêve reste en bouteille pas sur le terrain pour les exploitations
familiales.

Arnaud Julien 23/09/2014 09:19


Pour un "boutiquier" comme vous l'écrivez, c'est quand pas mal de faire parti des 50 meilleurs cavistes de Paris dans le Gault & Millau de Mai-Juin et d'en faire la couverture...

JACQUES BERTHOMEAU 23/09/2014 09:32



certes certes mais les meilleurs y'en a chaque année dans les guides mais ça ne vous confère aucun droit sur ce que pratique un vigneron pour vendre son vin



Arnaud Julien 19/09/2014 09:56


Puique Monsieur Techer se targue de défendre ses valeurs paysannes et bachiques, et s'insurgue devant la spéculation des grands crus et du foncier dans sa région. Alors je vous le demande
pourquoi s'est-il sacrifié à la grande machine industrielle que représente le groupe de M.Pierre Castel, patron de l'enseigne Nicolas. Les vins de M.Techer figurent bien au catalogue du pseudo
caviste Nicolas ! De qui se moque t-on ?

JACQUES BERTHOMEAU 19/09/2014 10:01



Vous avez du Gombaude-Guillot chez vous ? Dominique Techer vend à qui lui achète ses vins. Ces petites batailles de boutiquiers m'énervent. les vignerons ne vivent pas de l'air du temps ni dans
le 9e arrondissement...



pas fou alors caché 20/02/2014 08:20


Encore caché quand on observe tout cela: finir avec une poire d'angoisse dans la bouche n'est pas de la plus grande élégance non plus.


Dans "l'éloge de la Folie", Erasme est le premier à s'attaquer au traffic des indulgences. Préférant la discussion, l'échange, la négociation, l'humanisme. Pour une évolution sans heurs.


Pusillanimité lui répondront Von Hutten son fils spirituel qu'il a abandonné, et Martin Luther. Il faut revenir aux Evangiles.


Honte à l'INAO et tous ces petits bras qui permettent tout cela. La pourriture n'est pas noble... 


 


 


 


 


 

patrick axelroud 20/02/2014 07:10


Le plus étonnant est que ces francs et fiers vignerons soient cités en exemple tant cela devrait aller de soi.C'est toute la différence entre l'amour du travail bien fait et l'amour du lucre.Même
le dernier des industriels sait qu'il existe , sans aller jusqu'au rebut, des pièces de sa fabrication qui seront classées deuxième choix et feront le bonheur des clients des  "soldeurs" ou
des marchés sans la moindre triche. Mais le Monde du Vin mon bon Monsieur, vous n'y pensez pas, Nous.....! Déjà , il y a près de 20 ans ( désolé, bibliothèque en pagaille, pas de
référence précise ) Serena SUTCLIFFE dans son ouvrage sur Les Vins de Bourgogne, rapportait qu'elle était personna non gratta à La Romanée Conti car elle avait osé écrire, entre maintes louanges,
qu'une maison de cette rénomée se devait et ne pouvait pas vendre sous son nom les rares mais existants mauvais millésimes.Les temps changent semble t'il et c'est tant mieux.

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