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31 août 2013 6 31 /08 /août /2013 00:09

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C'est la rentrée !


C'est la ruée !


Ma messagerie prise d'assaut, regorge, déborde, ruisselle jusqu'à la poubelle de propositions alléchantes des grands épiciers qui m'invitent à goûter les vins de leur Foire aux Vins, d'agences qui veulent me balader en troupeau, de vignerons qui affirment que leur vin et bel et beau...

 

Bref profusion n'est pas raison !


Comme vous le savez votre Taulier n'est mû que par ses désirs qui sont les seuls marchepieds du plaisir...link 

 

Alors si vous me désirez vraiment, si vous souhaitez que je me transporte jusqu'à vos lieux de dégustation : transportez-moi ! débauchez-moi ! excitez-moi ! Je suis votre homme...


Ceci écrit j'ai extrait du flux torrentiel une accroche qui se voulait alléchante:


« Si le vin a toujours enchanté les poètes, force est de constater que rares sont les écrivains actuels qui savent encore faire des textes de rêve sur ce noble breuvage... Loin des descriptions cliniques, il a écrit une ode aux sens titillés par sa dégustation. Peut-être est-ce le côté bucolique de la culture bio qui l’a inspiré ?»


Vérigoud me dis-je !


D'autant plus que le message provenait d'une appellation chère à mon coeur de rabibocheur de vignerons querelleurs.


J'ouvre les pièces jointes.


Première constatation : le domaine ployait sous une pluie de médailles d'or, d'argent et de bronze...


Même qu'il alignait une belle triplette au concours des vins bio Amphore : 1 médaille d'or et 2 d'argent au «superbe concours, organisé par Pierre Guigui, rédacteur en chef vins chez Gault & Millau.» où j'étais pour la première fois de ma vie juré. C'est dire...


Des coups de coeurs de l'auguste RVF et des appréciations flatteuses du célèbre duo Gilbert&Gaillard...


N'en jetez plus me dis-je.


C'est alors que je suis tombé sur une information capitale « Jean Natoli, notre oenologue, vient d'être distingué par la RVF comme l'une des 200 personnalités du monde du vin. Bravo ! De plus, il vient de faire paraître le Guide pratique du vin bio chez Dunod. La preuve, s'il en était encore besoin, de son engagement auprès des vignerons bio.»


Prudence de Sioux donc avant de m'aventurer en Terre de poètes me suis-je dit...


J'y suis donc allé, à pas comptés, façon de parler :


Et hier, alors je recevais ton message, j'ai pensé judicieux d'attendre aujourd'hui pour y répondre car je devais déguster blanc et rouge le soir même avec des amis (l'excellent Francis Z., romancier et journaliste qui a commencé sa carrière comme... cuisinier, ce qui lui a laissé d'irrémédiables et savoureuses séquelles), première occasion que j'ai jugée digne de ces flacons.

Le blanc sur une dorade grillée, le rouge un peu plus tard avec quelques fromages.

Les deux vins sont des merveilles d'équilibre et de complexité. Pas une complexité qui les rendrait compliqués, non, car ils gardent une évidence éclatante.

Les robes sont limpides et sexy sans être aguicheuses.

Je ne sais pourquoi, j'ai envie de parler de ces deux vins ensemble.

Ou plutôt si, je le sais. Ils ont un net air de famille dans leur structure, dans leur construction.

Le vigneron a su leur donner une hérédité commune, que chacun exprime à sa manière, de manière flamboyante.

Comme deux sœurs, l'une danseuse étoile en ballerines blanches et l'autre chanteuse de blues qui flirte avec les comètes.

Bref, tu vas croire que je divague. Non, la science des œnologues m'agace parfois quelque peu (par le côté normatif du vocabulaire, entre autre :-), mais ce n'est pas ce qui m'empêche d'apprécier les grands vins que je ne peux guère m'offrir pourtant, et en parler... à ma manière.

Le blanc a un nez subtil, tout en finesses. Des nuances étonnantes, changeantes, malicieuses sans doute. On ne finit pas d'en faire le tour, de surprise en surprise. D'étonnement en étonnement –tiens voilà Noisette qui passe... Ai-je rêvé? Etait-ce bien elle? Ou sa sœur Pistache?). Beaucoup d'exubérance finalement, sous la discrétion de façade...

L'attaque est elle aussi étonnamment discrète (était-ce les poivrons aillés de l'apéritif qui donnaient cette impression?) mais pleine d'évidence. Comme s'il disait, ce vin : « voilà, je suis un blanc, pas de quoi en faire un fromage, »avec la modestie de celui qui connait ses atouts avec certitude et attend le moment de les lancer en pleine lumière.

Un corps fluide, des muscles longs qui glissent tous seuls en bouche très sensuel sur les papilles. On comprend bien qu'on puisse parler de "corps". On le sent glisser sur la langue.

Et là, c'est un corps de nageuse, souple, élégante, racée, fuselée... Qui monte en puissance tout au long de sa course.

Et puis viennent les bouquets de nuances, qu'il jette longtemps, assortissant les arômes de manière déconcertante.

On comprend alors ce nez qui nous étonnait tellement, comme s'il s'amusait de nos sens en changeant sans cesse.

Et puis, il y cette finale qui n'en finit plus et qui évoque tellement ces vers :

« Longtemps, longtemps, longtemps après que les poètes ont disparu... leurs chansons courent encore dans les rues.

Après avoir fait connaissance, ce blanc se livre davantage à chaque gorgée... montre de nouvelles facettes où la seule constante est le plaisir et une complicité un peu canaille...

Et quand la bouteille est finie, le vin est encore là, même si on sait bien qu'il n'a pas encore tout livré, que, malgré ce long voyage, on n’en a pas encore fait le tour. Ou est-ce juste le prétexte que l'on se trouve pour imaginer, déjà, les plaisirs secrets que l'on découvrira encore dans... la prochaine bouteille de la même caisse ?...

J'ai envie de parler du rouge de la même manière... Même si, évidemment, il n'a rien à voir avec son frère de sol.

Mais cette fraternité a laissé des traces...

Lui, il est davantage ancré dans sa terre, ce n'est pas une naïade, celui-là.

Il est moins discret à l'approche, plus tonitruant, sans être fanfaron.

D'entrée on le remarque, lui. Costume impeccable, juste un peu froissé par la dernière bagarre.

Ce n’est pas une mauviette. Il est franc, lui aussi. (Le côté changeant du blanc n'entamait rien de sa franchise...)

Pas plus de chichis que son frère chez ce beau rouge-là.

On approche le nez du verre et le bouquet explose. Pourvu qu'il n'ait pas tout en devanture, pense-t-on aussitôt, habitués qu'on est aux facilités modernes. Pourvu qu'il y ait quelqu'un derrière cette embardée flamboyante.

Et on n'est pas déçus. Déjà, le nez se creuse, un tournoiement d'arômes. C'est bien le fils de son père, le frère de son frère.

Dans cette famille, on n'est pas des caricatures. L'équilibre est là, pardi, la structure qu'on attend d'un ... , parfaite, solide, avec ses rondeurs et sa puissance. Mais, pétard, ces nuances, ces subtilités, ce sens de la pirouette!

Comment imaginer une danse si légère, si enlevée, si spirituelle, avec un corps aussi charpenté, solide... Mais qui a su garder une âme flexible.

Même ce soir d'été, à une température un peu trop forte sans doute, l'agilité et les finesses de

ce malabar sont déconcertantes. Les nuances des valeurs d'arômes sont inépuisables, elles assemblent selon leur fantaisie une palette qui semble inépuisable, ce qui donne cette

impression changeante qu'on avait déjà vue chez le frère. Mais quelle personnalité dans la permanence du plaisir, quel caractère.

Un caractère généreux, un caractère qui donne, un caractère d'artiste.

Les tanins sont là, pardi, dans cette belle jeunesse, mais ils ne forment pas carcan, ont déjà une belle souplesse qui laisse s'exprimer les merveilleuses fantaisies de l'artiste.

Je n'ose imaginer que donneront les sœurs de cette bouteille quand le temps aura encore assoupli la structure et que les myriades d'arômes s'en trouveront encore plus présents, encore plus riches, encore plus déconcertants...

Ce jour-là, peut-être, ce vin pourra-t-il me rendre fou; fou d'un plaisir inépuisable...

Oui, merci G..., pour ces trésors que je ne mérite guère.

La vie est parfois délicieusement injuste !

 

Voilà j'ai fait par deux fois le parcours et je me suis assis sur mon céans au bout du rang de vigne.


Qu'allais-je faire ?


Des commentaires ?


C'eût été outrecuidant de la part du plumitif comme moi non déclaré à la Sécurité Sociale face à une écrivain patenté et installé.


Alors, j'ai décidé de vous interroger : Dites-moi si ce texte sur le vin vous fait rêver ?


Bien évidemment, le Pousson des vins virils eût sans doute préféré que j'utilisasse un autre verbe chéri par le grand Georges Brassens, mais comme j'ai décidé de ne plus choquer, d'être sage comme une image pour que l'on puisse me donner le bon Dieu sans confession, je me replie sur le politiquement correct.


Toute personne ayant reconnu le domaine n'est pas dans l'obligation de lementionner l'important c'est que vous me donniez votre sentiment sur cette ode au vin qui selon le vigneron titille les sens...

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

Jean Lou 03/09/2013 15:49


La poésie, quand elle est prose, doit se lire l'âme ouverte, car le rythme ne suffit pas à faire danser les images dans nos têtes. C'est donc ce que j'ai fait. Et en imaginant ces corps de femmes
et d'hommes, en lisant leurs mouvements, leurs parfums... J'en suis venu à imaginer le vin, pas pour ses arômes, mais pour sa forme et son émotion. J'ai rêvé... Un peu sans doute. Mais n'ai pas
trouvé les saveurs dans leur entierté. 
Alors, le rigorisme dans la description d'un vin n'est pas là pour servir l'élite mais pour nourrir en détail les impressions de celui qui déguste.
Si les fruits avaient chanté davantage au fur et à mesure de ce texte, le rêve et la réalité se seraient embrassés. 

Denis Boireau 02/09/2013 10:55


Bon, c'est pas tout de critiquer, mais soyons aussi constructifs: puisque ce domaine est fier de ses medailles au concours Amphore, ou le Taulier nous a fait le plaisir de rejoindre le jury, je
leur donne un excellent conseil pour des commentaires sobres et precis = s'inspirer du style de Pierre Guigui (Gault-Millau). 

Denis Boireau 02/09/2013 10:50


Je suis strictement incapable de lire une tel magma de texte pontifiant (Ha ha, c'est encore pontifical!).


C'est plein d'emphase lourdingue.


L'auteur semble plus chercher a faire du style en Francais du XIX eme siecle que de nous donner envie de gouter a ces vins.

Luc Charlier 31/08/2013 22:20


Sur le pont ... Davignon. Celui qui a fait assassiner Patrice Lumumba sur l'ordre de Baldovinus Primus. 

Jean Natoli 31/08/2013 16:05


Je ne connaissais pas ce texte même si je semble faire partie de l'aventure du domaine, très en amont de sa communication. Mon idée, à sa lecture, serait une origine pontificale. Me trompe-je
????

JACQUES BERTHOMEAU 31/08/2013 16:26



OUI Jean mais nous ne le chanterons pas sur le pont 



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