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23 septembre 2010 4 23 /09 /septembre /2010 05:50

Laurent Bourdon « L'homme qui en savait trop » sur Alfred Hitchcock comme de bien entendu avait publié en 2007 « Le dictionnaire Hitchcock » préfacé par un certain Claude Chabrol. Il allait donc de soi que les deux hommes se retrouvassent autour d’une table pour à la fois coucher sur le papier les anecdotes recueillies derrière la caméra et ponctuer les 57 films du cinéaste de morceaux de bravoure de l’œuvre culinaire de l’épicurien Chabrol : « Du pâté de la mère Chaunier dans le Beau Serge à la pintade au chou de Bellamy en passant par le ragoût de mouton de Que la bête meure, le fricandeau à l'oseille des Fantômes du chapelier et la lamproie à la bordelaise de la Fleur du mal » C’est donc un « Chabrol se met à table » 57 films et 25 recettes publié chez Larousse fort goûteux que nous propose Laurent Bourdon www.larousse.fr  170772_50415e006956955609120b8c3a3c3e94.jpg 

 

Pour vous mettre en bouche voici deux morceaux choisis :

 

1 - Un extrait du petit entretien entre l’auteur et Claude Chabrol

Laurent Bourdon : Quelle est la véritable signification de la nourriture dans vos films ?

Claude Chabrol : C’est tout simple : Si les personnages ne mangent pas... ils meurent ! Donc je les fais manger. Et puis, c’est un moment particulier, car c’est à table que l’on ment le plus mal. Difficile de mentir la bouche pleine, donc, évidemment, les masques tombent, le vernis craque, le naturel reprend le dessus, appelez ça comme vous voudrez, mais ces moments passés autour d’une table permettent un certain relâchement tout à fait propice à la dramaturgie. On ne va pas entrer dans les détails puisque ce livre étudie tout cela, mais c’est vrai que j’aime ces scènes qui mettent véritablement à nu les personnages. Il faut retirer son masque pour manger !

Laurent Bourdon : Ce que mangent vos personnages n’est pas anodin non plus.

Claude Chabrol : Evidemment. Ce qu’ils mangent les révèle tout autant. Dans Poulet au Vinaigre par exemple, Pauline Laffont et Lucas Belvaux dînent au restaurant et commandent des plats un peu tape-à-l’œil, un peu vulgaires, qui ne vont pas ensemble, médaillons de foie gras, feuilletés de ris de veau, profiteroles, le tout arrosé de champagne ! – un Piper 1976 c'est moi qui le précise C’est médiocre et ça ressemble aux personnages qu’ils jouent. En revanche, dans Que la bête meure, Michel Duchaussoy commande un merveilleux canard rôti qui va être découpé sous ses yeux avec le même soin et le même raffinement que lui-même a mis pour élaborer et conduire sa vengeance envers le meurtrier de son fils. Il n’y a pas de hasard dans ce que mangent les personnages dans mes films.

2 – Un petit morceau de Poulet au Vinaigre (1985)

Pour la petite histoire j’ai assisté à la projection du film en avant-première lors du festival du film policier de Cognac. L’inspecteur Lavardin, Jean Poiret, ne commence jamais sa journée sans ses deux œufs aux plats accompagné d’un grand crème. Au bar il affirme même « avoir passé le cap des trente mille le mois précédent ! »

« L’affiche et la bande annonce de ce film mettent en scène Claude Chabrol la pipe au bec qui, l’air très mystérieux, ouvre la grosse cloche d’argent d’un chariot à gigot. Alternant avec des images du film qui illustrent son propos, le cinéaste explique : «Pour faire un bon poulet au vinaigre, prenez un poulet authentique ; un poulet pas trop nerveux ; un poulet plutôt tendre. Une pincée de folie. Saupoudrez d’agressivité. Ajoutez deux cuillérées de mystère. Déglacez avec un brin d’érotisme. Laissez mijoter dans le suspense, sans oublier le vinaigre. C’est une recette secrète. Et servez chaud ! Bon appétit et régalez-vous. »

 

Comme les cordons bleus le savent pour faire une sauce il faut du liant alors que pour faire un blog il faut du lien. Comment résisterais-je au plaisir de vous donner ma propre recette de Poulet au Vinaigre « Poulet au vinaigre de cidre augeron » http://www.berthomeau.com/article-21223208.html  en signalant à mes chers lecteurs qu’ils y trouveront :

- Une référence au Pied de Fouet le merveilleux petit bistro de la rue de Babylone qui serait allé comme un gant à notre regretté Chabrol ;

- Un conseil pour redécouvrir un poulet oublié : le Coucou de Rennes ;

- L’adresse d’un producteur de vinaigre de cidre du Pays d’Auge ;

- Enfin un conseil de vin qui va avec : le Picpoul de Pinet.

- Un grand Bonus : la chronique de François Morel sur France Inter à écouter ou réécouter absolument.« les bons vivants font de mauvais morts... »

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

Larousse 23/09/2010 20:03



Bonsoir!


Merci d'avoir mentionné notre ouvrage dans votre blog.


Très cordialement


Paula Braconnot


Larousse Cuisine



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