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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 00:09

Ouille, ouille, Jacquouille, je vais encore me faire des copains dans le landerneau des guides. Pensez-donc, dans le dernier numéro du magazine Challenges dans un face à face étrange avec une star de la haute-cuisine Alain Dutournier, je suis présenté comme une arme de dissuasion massive contre les guides de vin.


Moi je n’ai jamais dit qu’il ne fallait pas en acheter. Moi, bien au contraire, j’aime plus que tout le travail Jacques Dupont Merveilleux du Vignoble même si je le titille sur ses bouches tendues ; je considère, n’en déplaise à certains, que Michel Bettane est une référence et l’un des meilleurs dégustateurs qui soit ; que le grand Bob est aussi une belle pointure avec sa stratégie de businessman ; que l’équipe de la RVF est d’excellente facture.
Donc, j’espère que mes éminents confrères ne viendront pas me chercher des poux sur la tête car je n’en n’ai pas et je n’en ai jamais eu.  Bref, comme je suis totalement transparent je vous relate comme cette interview s’est déroulé.
 

 

1e acte : La demande
 

 

Bonjour
Je me permets de vous contacter dans le cadre d'un article sur les guides de vin (Bettane & Dessauve, Hachette, Revue du vin de France, Parker...).
Serait-il, en effet, possible de vous interviewer par téléphone (15 à 20 minutes) dans le cadre d'un petit témoignage sur ce sujet .Comme amateur et fin connaisseur utilisez-vous ces guides ou pas du tout ?
Quelles sont selon vous les avantages et les inconvénients de ces guides ?
Trouvez-vous  le langage utilisé abscons et prétentieux ou au contraire accessible ? Ces guides sont-ils bien faits ?  Avez-vous une préférence pour l'un d'entre-eux ? Préférez-vous faire confiance à une connaissance pour choisir vos vins plutôt qu'à cette littérature de spécialiste ?
Merci pour votre aide
Respectueusement
Jean-Pierre de La Rocque
Challenges
 

 

2e acte : Ma réponse
Bonjour,
Je veux bien répondre à votre interview à propos des guides cités mais il me sera difficile de porter une appréciation sur eux car je ne les utilise pas. Ce qui ne signifie pas qu'ils fussent mal fait mais tout bêtement parce que je n'éprouve pas le besoin de me référer à un guide papier.
Bref mon téléphone est le 06 80 17 78 25 si ça vous dit.
Bien à vous
JB
 

3e acte : interview au téléphone
 

 

4e acte : le tête à tête Alain Dutournier et du Taulier

Bouquet-021.JPG
Mon commentaire
 

Comme vous le savez je n’ai que peu de goût pour les notes et pour le vocabulaire de la dégustation. C’est ce que je me suis contenté de répondre au journaliste. D’ailleurs Dutournier évoque lui aussi « un style parfois hermétique ». Il donne d’ailleurs une bonne définition de l’acheteur de guide : celui qui ne veut pas prendre de risques. Comme lui j’adore prendre des risques et je ne me balade pas bardé de guides de ceci ou de cela. Ce n’est que mon choix qui comme je l’ai écrit en préambule ne remet pas en cause la qualité du travail des dégustateurs cités.
 

 

Je revendique le droit de privilégier le côté critique de vin, ce que j’appelle une approche plus émotionnelle, à celui de notateur-commentateur de vin. Cependant un bon critique doit, bien sûr, s’appuyer sur une solide expérience et une belle culture du vin sans pour autant l’étaler. Tout ce que je souhaite c’est que les Guides aient beaucoup plus de lecteurs qu’ils n’en ont car, en cela, ils participeraient, bien plus qu’ils ne le font, à l’extension du domaine du vin. La Toile peut les y aider : j’ai assisté récemment à de beaux échanges, lors d’une dégustation, entre Michel Bettane et Fabrice Le Glatin l’animateur de Vin sur Vin. La pollinisation croisée est bien plus fructifère que les cultures sous serres.
 

 

Dernier point à souligner : si je n’utilise pas de guides j’en reçois donc je suis en mesure de porter une appréciation sur leur contenu.  
 

 

Le journaliste a assez bien rendu mon verbiage mais alors pourquoi me flanquer sous un titre pareil : DISSUASIF ?

 

Suis-je étiqueté ad vitam aeternam comment étant ABRASIF ? Le tampon JEX du vin, merci très peu pour moi…

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

Denis 02/02/2012 16:55


J'utilise souvent le guide Hachette et je lis Bettane et Dessauve dans Terre de Vin. J'ai beaucoup plus de réserve pour la RVF qui publie trop souvent des choses clairement éronnées. Après avoir
publié que les blanc de blancs étaient des vins issus de chardonnay et pinot noir, l'erratum du numéro suivant précisait que le blanc de blancs était issu de chardonnay et le blanc de noirs issu
pinot noir... plutôt que d'écrire que le blanc de blancs est un vin issu de raisins blancs (chardonnay, pinot blanc, petit meslier...) et le blanc de noirs est un vin produit à partir de raisins
noirs (pinot noir et/ou pinot meunier...). Que d'imprécision!


Puis-je vous recommander dans la collection Marabout (1999) les livres d'Évelyne Malnic et Odile Pontillo "Les meilleurs accords gourmands" pour la qualité de la langue. Des livres que
j'utiliserais en classe pour enseigner la langue de Molière.


Menu autour d'un condrieu de 2 ans d'âge.


Apéritif, fruits secs


Quenelles de brochet sauce nantua


Chapon rôti, truffes sous la cendre


Saint-félicien crèmeux


Tarte aux abricots et aux amandes


*Apéritif, fruits secs: comme tous les grands vins, le condrieu apprécie cet instant où,
éloigné de tous tracas relationnels avec les mets, il révèle sa vraie nature. Une fois parfaitement savouré, il permet au palais l'incursion de quelques noisettes, amandes ou raisins secs qui
savent rester discrets en sa présence.


*Quenelles de brochet, sauce nantua: sur la quenelle seule, le condrieu aurait vite le dessus. À finesse et moelleux égaux, il bénéficie d'une rondeur généreuse d'alcool
supplémentaire. Avec la sauce, il se hisse tout d'abord sur la pointe des pieds pour être à la "hauteur" des ingrédients, alcoolique du cognac, épicée du poivre, aromatique du beurre
d'écrevisse... mais il prend peu à peu de l'assurance, de l'ampleur et s'avère en finale des plus dignes, des plus respectables. L'accord est riche, ample et sa générosité particulièrement
longue.


*Chapon rôti, truffes sous la cendre: le mariage du condrieu et du chapon n'apelle aucun commentaire trivial sur les détails de leur parfaite entente conjugale, tectures, arômes,
saveurs... Le couple ne manifeste que la noblesse de ses sentiments. Avec la truffe, le condrieu intériorise ses parfums pour lui offrir une sorte de nacelle moelleuse d'où émanent plus puissamment encore ses lourds parfums capiteux. Les impressions sensorielles sont fortes.


*Saint-félicien crémeux: tout est crémeux, onctueux, odorant et se malaxe longuement pour receuillir les exhalaisons confondues de fruits, de fleurs, de lait... une alliance
sensuelle et délicate à la fois.


*Tarte aux abricots et aux amandes: le condrieu est ravi de retrouver des alter ego solides, même chairs moelleuses abricotées, même fonds crémeux d'amande, même finesse
d'amandes séchées. La pâte brisée y rajoute son relief tendrement croustillant, bien beurré, à peine salé. La bouche fond de bonheur de clôturer le repas sur ce dessert, posé là... comme
l'abricot sur le gâteau.

nadine Franjus-Adenis 31/01/2012 15:47


Derrière le témoignage du taulier, je sens bien le "style" ( à moins que ce soit le parti pris) de la rédaction. Genre : " tu me fais le POUR et le CONTRE, un seul mot pour définir les
témoins et une petit extrait qui claque en guise de chapeau, faut qu'en un coup d'oeil on est reçu le message, compris?" Oui, il a bien compris la consigne, le journaliste. Bienvenue dans le
monde de la communication/information. Le texte? "trop long, et puis de toutes façons qui le lit?" sic :-(

bionnet 31/01/2012 09:51


never explain, never complain

gus 31/01/2012 08:03


Plus Bleu de Gex que Jex Bleu effectivement !!!


Mais de temps en temps un  petit coup de tampon ne gâte pas:"ça récure,ça dégraisse,ça fait briller..."


Dura Jex,sed Jex...


Bonne journée.

herve bizeul 31/01/2012 07:45


Moi je trouve ça assez fidèle à ce que tu penses et plein de bon sens. L'avis d'Alain Dutournier aussi, d'ailleurs.


Il est clair que personne ne se soucis du "grand public", qui veut boire et non "savoir". Celui ci n'a pas nos a-priori et cherche juste à prendre du plaisir, sans trop se fatiguer. C'est
l'époque. Hors, personne ne veut "déchoir" en prenant un angle consumériste et en disant : cette semaine, j'ai acheté et bu ça, allez y, ici (en GD), là (sur internet) ou encore ici (chez le
vigneron).


Au final, quand les gens se confient, acheter son vin, c'est un truc ennuyeux et ils ne veulent pas manipuler un pavé d'un kilo... Du coup, vente privée augmente à une vitesse stratosphérique !
Et où trouve t'on des cavistes ou des restaurant qui se limitent à 50 vins, par exemple ?


Notre monde est rempli de "vins problèmes" alors que les "vins solutions" restent dans l'ombre.

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