Mardi 30 octobre 2012 2 30 /10 /Oct /2012 00:09

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Saint-Nazaire n’est pas à proprement parler un petit port de pêche, dans mon souvenir d’enfant son nom a toujours été associé aux chantiers de construction navale, les grands transatlantiques : le Normandie, le France lancé à 16 h 15, une demi-heure avant la pleine mer afin de profiter du courant de flot – le jour avait été choisi en raison de la première marée avec une amplitude suffisante – sa marraine, tante Yvonne, accompagnant le Général, coupait le ruban qui liait la traditionnelle bouteille de champagne, et le France glissait sur les rampes de bois, pénétrait dans l'eau à 33 km/h. Sept minutes plus tard, six remorqueurs le prenaient en charge et l'amenaient vers la forme Joubert, d'où quatre d’entre eux le conduisaient au quai de Penhoët. À 16 h 30, le Géné ral de Gaulle prononçait un discours, qui s'achevait par « Et maintenant, que France s'achève et s'en aille vers l'océan, pour y voguer et servir ! Vive le France, vive la France ! »


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Vous comprendrez donc mieux que dans mon imaginaire trottait la phrase de Jean Giraudoux dans Suzanne et le Pacifique « … des voyageurs retour de Damas, qui partaient pour l’Océanie, regardaient avec émoi, symbole de la vie errante, des mouettes qui n’avaient jamais quitté Saint-Nazaire »


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C’était aussi la base de la Kriegsmarine, et Patrick Deville, enfant, d’écrire, dans une contribution pour le livre dont je vais vous entretenir, «  au début de ce même printemps quarante-deux, l’enfant et les hommes travaillent à la vigne de Noah sur la butte lorsqu’à midi la déflagration leur fait lever des yeux vers l’horizon et Saint-Nazaire et une haute colonne de fumée noire. C’est l’opération Chariot des héroïques commandos anglais et canadiens. Ils viennent de lancer à pleine vitesse le Campbeltown maquillé en navire allemand sur la porte-écluse de la forme Joubert. Les soutes sont bourrées d’explosif. La cale est mise hors d’usage pour toute la durée de la guerre. »  La base sera elle indestructible et l’aviation alliée transformera la ville en un champ de ruines. Les allemands encerclés y résisteront. La Poche tiendra près d’un an après la libération de Paris.


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En 68, c’est à Nantes qu'a lieu à Nord-Aviation la première occupation d'usines, le 14 mai 1968. D'autres occupations d'usines et grèves vont suivre aux usines Renault du Mans ou encore dans les chantiers navals de Saint-Nazaire. La fièvre monte, la rue est en ébullition « drapeaux rouges et drapeaux noirs flottent désormais régulièrement sur les usines de cette région. On a pu parler d'une "commune de Nantes" dirigée pendant quelques jours par un comité central de grève composé d'étudiants, d'ouvriers et de paysans. La violence, la force de mai 1968 dans les deux régions sont dues certes au rôle des syndicats d'ouvriers, de paysans, d'étudiants mais aussi au développement d'une nouvelle gauche qui regroupe la CFDT, le PSU  ; ces derniers ont attiré à eux les catholiques de gauche, révoltés par les injustices et les inégalités sociales ou régionales. »


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La première fois que je suis allé à Saint-Nazaire c’était pour rendre visite au triturateur d’oléagineux Cargill  et je suis allé dans la base qui à l’époque, en quasi abandon, abritait des silos de soja importés. En 1994, la municipalité de Saint-Nazaire décide de lancer le projet Ville-Port destiné à réhabiliter la zone de la base qui n'est alors qu'une vaste friche industrielle.

Bien avant, « Le quatre septembre 1982 ouvrait la boutique Le Tastevin (87 Rue Jean Jaurès, 44600 Saint-Nazaire, France+33 2 40 66 55 57). En 1987 naissait la Meet (Maison des écrivains étrangers et des traducteurs) Celle-ci mettait à la disposition des écrivains et des traducteurs en résidence un appartement situé au dixième étage « Le Building », sur le port de Saint-Nazaire, extraordinaire belvédère sur l’estuaire de la Loire. »


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Serge Batard et Jean-Luc Danto les cavistes du Tastevin pour fêter les 30 ans de la maison ont eu la riche idée de demander « aux écrivains étrangers avec lesquels –ils – avaient noué des relations les plus amicales, souvent autour de bons repas accompagnés de beaux flacons ligériens, un texte sur la Loire et ses vins. » Pour compléter ces points de vue venue d’ailleurs « deux Ligériens et estuariens » ont été sollicité « pour remonter le temps de la vigne et du vin dans ce département de Loire anciennement inférieure et maintenant Atlantique. »


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Vous pensez bien que votre Taulier, petit Vendéen, né aux lisières du pays des Olonne et de Brem, comme le dirait le jeune Mourat « la Loire méridionale », s’est précipité sur cet opus « De l’autre côté du vin » chez Meet »  15€ www.maisonsdesecrivainsetrangers.com et sa lecture ne l’a pas déçu, loin de là, j’ai beaucoup apprécié certaines contributions. Détail d’importance : les textes sont bilingues : normal nous sommes ici dans une maison d’écrivains et de traducteurs.


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Le lundi 27 novembre, pour le vingt-cinquième anniversaire où « vingt-cinq vignerons venus de toute la France vinicole, parmi les meilleurs, ont fait le voyage vendredi et samedi pour souffler les 25 bougies du gâteau d'anniversaire de son entreprise, et fêter avec lui une réussite singulière et sans tapage fondée sur deux postulats simples : l'exigence et l'excellence. Jean-Luc Danto reconnaît modestement que « bien connaître le vin et les hommes a participé à cette évolution ».


« Il s'en souvient comme si c'était hier. Un de ces instants qui change le cours d'une vie. Jean-Luc Danto était technicien aux PTT à l'époque. Et buveur d'eau. Un jour, son frère, Guy, l'invite au restaurant et commande une bonne bouteille. « Une côte rôtie 1955 Pour moi, cela a été un choc émotionnel. » De ce moment, il a su qu'il deviendrait caviste.


Certitude diffuse qu'il concrétise en 1982 en créant avec son aîné et un ami vigneron, Serge Batard, Le Tastevin. Le commerce du vin est alors à la croisée des chemins. « Les anciens fournisseurs de vin-fuel-charbon disparaissaient du paysage. Et l'heure du renouveau n'avait pas encore sonné, à part pour quelques pionniers comme Jean-Paul Lescluze à Rennes ou Jean-Christophe Estève à Paris. » Coïncidence pour le moins symbolique, il ouvre boutique rue d'Anjou, quelques jours avant Auchan. »


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Bref votre Taulier vous propose donc d’acheter ce livre original et passionnant, si vous hésitez alors attendez les bonnes feuilles que je vais vous proposer dans quelques Afterwork du Taulier.


à suivre donc…

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Commentaires

un grand bonjour a Jean-luc et Serge qui m'ont decouvert en 1988 au salon des caves particulieres a paris porte champeret avec un vin de pays du gard Psalmodi1987 et nous avons travaillé ensemble pendant presque 20 ans.

bravo pour ce que vous faites at au plaisir de se revoir dans un salon pourquoi pas ?

c'est grace a vous que le mas Montel s'est lancé merci et bonne route

un vigneron reconnaissant Dominique Granier

Commentaire n°1 posté par dominique granier le 31/10/2012 à 14h02

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