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24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 00:09

de-Gaulle-930x620_scalewidth_630.jpgEn notre vieux pays, le maître incontesté de la Conférence de Presse fut Charles de Gaulle avec un accessit à son successeur Georges Pompidou. Dans cet exercice solitaire tous les ingrédients de la mise en scène y étaient assemblés : le décorum de la salle des fêtes de l’Elysée, l’estrade ou trônait le chef de l’Etat, le gouvernement en son entier aligné, le parterre de la presse nationale et internationale, les longues réponses du chef de l’État sans notes avec son phrasé si particulier et l’art de la formule qui frappe pour le Général, la grande érudition pour Georges Pompidou voir les vidéos :

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« Nous allons parler de la Chine.

De multiples questions m'ont été posées. Je répondrai à tout le monde en même temps, en expliquant ce qu'il en est. La Chine, un grand peuple, le plus nombreux de la terre ; une race, où la capacité patiente, laborieuse, industrieuse, des individus a, depuis des millénaires, péniblement compensé son défaut collectif de méthode et de cohésion et construit une très particulière et très profonde civilisation ; un très vaste pays géographiquement compact quoique sans unité, étendu depuis l'Asie Mineure et les marches de l'Europe jusqu'à la rive immense du Pacifique, et depuis les glaces sibériennes jusqu'aux régions tropicales des Indes et du Tonkin ; un Etat plus ancien que l'Histoire, constamment résolu à l'indépendance, s'efforçant sans relâche à la centralisation, replié d'instinct sur lui-même et dédaigneux des étrangers, mais conscient et orgueilleux d'une immuable pérennité, telle est la Chine de toujours. » Charles de Gaulle


La conférence de Presse précédant la vente des Hospices de Beaune recèle des ingrédients qui font d’elle un objet unique dans notre monde du vin et me la font qualifier de post-gaullienne : le lieu, la superbe salle des pôvres, l’horaire matinal : 10 heures, le climat proche parfois du glaciaire, le rituel quasi immuable. Comparaison n’étant pas raison je m’en tiendrai là.

Celle de 2011 était ma troisième et je l’ai trouvé fort réussie. Je n’ai qu’un regret : que des journalistes de la presse économique nationale et internationale n’y assistent point. Il me semble, qu’au-delà de ceux que l’on qualifie de people qui viennent parrainer la Vente, il serait intéressant que des invitations soient lancées dans cette direction.

  claude-chevalier-dans-ses-vignes-sur-les-hauteurs-de-ladoix

Cette année, Claude Chevallier qui s’est livré, comme d'ordinaire, en ouverture, au nom du CAVB, à des figures libres sur le processus engagé par la viticulture bourguignonne pour mieux respecter son environnement, avait des accents très convaincants : 75% des vignes sont labourées, la Bourgogne n’utilise que 6% des pesticides de la vigne France, et se situe au deuxième rang, derrière la Provence, de la consommation des fongicides. Pour lui un « processus viral » irréversible est engagé pour que la Bourgogne soit la référence mondiale des grands vins nés d'une viticulture durable. Vaste programme aurait dit le Général ! Mais comme le note Claude Chevallier : quand on fait mieux, et de mieux en mieux,on ne revient pas en arrière.

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Louis-Fabrice Latour, le président de l’Union des Maisons de Vins de Bourgogne, avec sa virtuosité habituelle, a manié les valeurs, les volumes, les millésimes, les campagnes, les pays pour dresser un tableau économique d’ensemble de la Bourgogne du vin. J’ai pris des notes à la volée ce qui est, chez moi, un exploit car j’ai en sainte horreur la prise de notes et je vous les restituent :


-         Fin 2011 retour au niveau d’avant-crise

-         Perspectives encourageantes.

-         La campagne d’achat du millésime n’a pas commencé

-         Les stocks sont plutôt bas surtout pour les vins à rotation rapide ;

-         Il reste chez certains des importateurs des 2009

-         A la fin septembre à l’exportation les volumes sont stables et la valeur a progressé de 17%.

-         Pour les prix de la campagne : être raisonnable, stabilité ou légère baisse ;

-         Pour l’aspect millésime 2009 : grand succès pour les rouges : +7% en volume et +32% en valeur. Pour les blancs : -3% en volume et +7% en valeur.

-         2011 est une bonne année pour l’exportation des vins français.

-         Attention sur les volumes comme à Chablis où les hausses de prix ont provoqué un tassement des volumes. Vigilance sur les volumes et les parts de marché.

-         Fin septembre : -9% en volume et +9% en valeur avec de bonnes perspectives de fin d’année : +12 à 13% en valeur.

-         Des vents mauvais sur le début 2012 liés à la situation de l’économie mondiale.

-         Tassement de la restauration en France et il reste des 2009 chez les importateurs US.

-         Pour 2011 les succès : la Chine et les USA : +20% en volume et +35% en valeur c’est le ¼ de l’export Bourgogne en valeur.

-         La déception c’est la Grande-Bretagne.

-         Le Japon en dépit de ses malheurs s’est bien comporté : +30% en valeur.

-         L’Europe continentale, sauf la Suisse piétine.

-         La GB+USA+Japon c’est la ½ de l’export de la Bourgogne.

-         Les émergents = la ½ de la GB mais de belles perspectives.

-         La France reste stable : +1% en valeur, la GD + 3 à 4%, la restauration reste stable et les cavistes sont en baisse.

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Pierre-Henri Gagey, a lui abordé, avec sa pertinence habituelle, le marché asiatique pour noter que le Japon restait le point fort de la Bourgogne et qu’au-delà des bons chiffres : 16% du CA et 7% des volumes c’était la force et la qualité des liens entre ce pays et la Bourgogne qui s’étaient renforcé dans l’épreuve qu’a traversé le Japon.

 

La déception c’est la Corée du Sud perçue comme un petit Japon. Il n’y a pas eu d’effet Jeux Olympiques. La Corée reste un petit marché où des pays comme le Chili tiennent le marché.

 

Reste l’eldorado chinois : Hong Kong et la Chine continentale : +70% et +1110% en partant de chiffres très bas mais les bourguignons ont une approche différente des bordelais. Ils contrôlent leur distribution et entendent progresser à leur rythme. Il ne s’agit pas de déshabiller Paul (les clients traditionnels) pour habiller Jacques (les grands émergents).

 

Pour autant la Bourgogne s’intéresse à ces nouveaux marchés en y investissant car leur croissance permettra à toute la Bourgogne de progresser. PH Gagey souligne l’une des faiblesses françaises : son manque de présence sur le milieu de gamme. La bourgogne a donc une place à prendre sur ce segment.

 

PH Gagey a aussi abordé l’épineux problème de la grande Bourgogne : les relations entre les interprofessions de Bourgogne et du Beaujolais : le BGO, les Coteaux de B, les replis, le Bourgogne rouge 70% de Pinot Noir et le Bourgogne Gamay, l’implantation du Chardonnay en Beaujolais : 41 communes et délimitation parcellaire par l’INAO… J’y reviendrai un de ces 4 pour plaider la cause du Beaujolais Blanc…

 

Ce ne sont que des notes avec leur éventuelle imprécision, et si vous souhaitez vous instruire vous pouvez consulter les tableaux et graphes ci-dessous.

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

Luc Charlier 24/11/2011 10:38


Jacques, je sais que la France rurale est un des pays les plus sous-équipés de l’UE et que mon fil téléphonique d’ADSL cornellanais,
couplé à un forfait 1 Méga chez Orange, n’arrangent pas les choses, mais ton blog tourne INCROYABLEMENT lentement depuis quelques jours, et il « beugue » presque systématiquement quand
on le quitte. Toi qui es en mission pour Sarko – il n’y a pas de mal à cela, Doc Gynéco, Koushner et Douillet aussi – essaie de voir si over-blog ne pourrait pas profiter d’un arrêté présidentiel
d’accélération (APA, cela sonne bien), une petite lettre de cachet par exemple. Plutôt que d’ennuyer la pôvre Rachida Dati, est-ce que le Président ne pourrait pas faire
dans le Rapidos Data ? Comme il s’occupe de tout, je suis sûr qu’un simple tour de tournevis du petit Nicolas arrangerait les choses.

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