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16 septembre 2010 4 16 /09 /septembre /2010 18:47

Qui suis-je donc face à un Michel Rolland ?

Rien, un moins que rien, un petit ver de terre !

De là à  à faire de moi un envieux de la réussite d’un homme qui a tant fait pour le vin, à me transformer en héraut de la France rance, il y a un pas que le sieur François a franchi allègrement. Grand bien lui fasse, mais il est bien plus tolérant à l’endroit du Pr Pitte lorsque celui-ci qualifie les vins fait à la mesure des consommateurs de noms d’oiseaux bien plus déplaisants que les miens qui ne l'étaient d'ailleurs pas eux. 

Je trouve fort plaisant que la leçon me soit faite sur l’art et la manière de vendre du vin, beaucoup de vin, le genre millions de cols, de la part de gens qui, à ma connaissance, n’en ont guère vendu dans leur vie alors que moi, le vermisseau, j’ai fait le négociant pendant 3 ans chez le N°1 de l’époque. Ça vous donne un peu d’expérience d’aller placer du Préfontaines jusqu’aux GCC, et sans contestation tout de même bien plus que ceux qui se font le grand plaisir de ne faire que déguster.

Mais ce qui m’a ravi à l’extrême c’est que soudain JP Chenet me fut balancé comme étant un enfant de la doctrine Michel Rolland. J’ai cru rêver. Je me retrouvais réhabilité moi le stipendié des « vins industriels » et soudain, ô joie, jouais dans un merveilleux contre-emploi. Bravo l’artiste ! Quel rétablissement, que de chemin parcouru dans le désert, l’indifférence et la quasi-lapidation... Au fait ils étaient où ceux qui poussent des cris d’orfraies lorsque le débat fut ouvert ? Bien au chaud, loin du bruit et de la fureur tous ces ouvriers de la 25ième heure. Permettez-moi d’avoir pensée émue pour Bruno Kessler l’artisan des « tas de raisins » pour faire le vin voulu pour les Grands Chais de France et son JP Chenet. Pas sûr que Michel Rolland fut son modèle. D'ailleurs, Michel Rolland ne fait pas dans les grandes séries...

 

Mais au fait qu’avais-je écris pour m'attirer les foudres des bien-pensants ?

 

1-     Que j’étais un adepte de l’humour de Rémi Gaillard et que je m’inspirais de sa célèbre formule à propos des propos de Michel Rolland. Les bonnets de nuit ont pris cela pour une agression à son endroit. Erreur grossière, c’était un hommage à l’artiste. Que l’humour décalé ne soit pas du goût des comprimés je comprends fort bien mais si nous voulons que les jeunes ne nous prennent pour des cons tout court il nous faudra faire un petit effort du côté coincé de la cravate.

2-    Que Michel Rolland faisait de la provocation pour créer le buzz. Je persiste et je signe et je reconnais utiliser son poids spécifique bien plus élevé que le mien pour exprimer le fond de ma pensée.

3-    Et le fond de ma pensée, celle d’un gus qui a enseigné 3 ans à mi-temps, à l’Université en 3ième cycle : c’est que devant un tel public, celui d’une école de commerce,  on utilise un autre registre. Point barre ! C’est tout. Rien de plus, rien de moins...

 

Alors pourquoi me me transformer en aigri du vin ? Soit certains ne ne me lisent pas, soit ils ne lisent que ce qu'ils ont envie de lire. Je ne sais et ça n’est pas mon problème. Très clairement, Michel Rolland, Robert Parker et bien d’autres font du buiseness, et ils le font bien, mais de grâce merci de ne pas les transformer en gourous, en teneur de gouvernail de la vigne France. D’ailleurs ils ne le revendiquent même pas. Ils sont au contact des marchés comme beaucoup d’autres bien moins médiatiques et j’ai la faiblesse de penser que j’ai beaucoup plus à apprendre de Pierre Pringuet le patron du groupe Pernod-Ricard que des propos à l’emporte-pièce d’un conférencier, sympathique au demeurant, qui fait de la petite provoc à l’INSEEC de Bordeaux.

 

En bonus je vous offre, et plus particulièrement à ceux qui ont le mot culture du vin à la bouche,  une très ancienne chronique 14/10/2005 : La culture, Saint-Emilion ou Coca-Cola ?

 

Le texte est de Christine Cayol « L'intelligence sensible » Village Mondial elle intervient sous forme de séminaires et de conférences au sein de grandes entreprises

 

« L'oeuvre d'art se donne comme un lieu d'épreuves et d'initiation qu'il va falloir traverser. Ni objet, ni sujet, intermédiaire entre le monde et moi, entre les autres et moi, entre moi et moi, elle se donne à mesure de notre patience, et de notre plaisir à la rencontrer.

Le regard comme le désir est insistant, il veut en savoir plus, il veut qu'on lui donne plus, il s'inquiète. Relire, revoir, réécouter, retourner, même si cela est illusoire, même si le miracle ne se reproduit pas, acheter le disque, retourner au musée, revoir le film.

La culture se confond avec ce retour.

Car quelle différence y a-t-il entre un St Emilion et un Coca-Cola ? Je n'ai pas besoin de goûter plusieurs fois le Coca pour savoir ce qu'il va me donner à la troisième gorgée, et lorsque j'y retourne c'est précisément pour ne pas être surpris, pour recevoir exactement le même effet, quel que soit l'endroit ou le moment. Ce que je dois attendre de n'importe quel produit de la rationalité technique, c'est qu'il me donne ce qu'on m'a dit que je pouvais attendre, rien de moins, rien de plus : le même effet pour le même prix, quel que soit l'endroit, quelle que soit ma vie. Quant au St Emilion, il peut me décevoir ou me combler, il faudra peut-être que j'attende le bon moment, le bon endroit, que je le réchauffe, qu'il s'ouvre dans un verre qui lui convient, et qu'il s'épanouisse sans que je puisse vraiment savoir comment. Dans tous les cas, il faudra que j'approfondisse cette première impression qui déjà m'échappe et s'est transformée. Il faudra que j'apprenne à attendre, à me souvenir, à y retourner.

La culture n'est donc pas ce qui reste lorsque l'on a tout oublié, mais ce qui rend impossible l'oubli en commandant le retour... » 

 

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

Michel Smith 19/09/2010 18:40



J'adore l'idée qu'un vin nous parle, qu'il nous dise une chose le matin à la première dégustation et qu'il nous raconte des histoires par la suite, qu'il nous fasse découvrir des paysages, qu'ils
nous invite à deviner les visages. Le coca, comme le dis joliment l'intervenante dans le post de Jacques, je m'en sers comme médicament, lorsque je suis barbouillé lors d'in séjour dans un pays
tropical.


J'aime aussi les petites disputes qui agrémentent les pages de Jacques. Elles sont le signe de beaucoup d'esprit. Et comme je connais la plupart des intervenants, je n'ose prendre partie sauf à
dire que j'ai beaucoup d'estime pour Michel Rolland, tout en sachant qu'il lance parfois des choses en l'air, façon buzz, et ce depuis des années et que plus rien ne me surprendra venant de lui.



le petit télégraphiste pour F.Mauss 19/09/2010 09:41



Du producteur aux consommateurs :


*La bonne parole ? Elle manque cruellement sur certains forums et blogs où, à partir de petites phrases pas méchantes pour un sou, certains montent sur des
grands chevaux qui sont de lourds bisons tétûs avec, en finale, des raisonnements qu'on croit définitifs alors que ce ne sont que groupillets de pissetrouilles.


C'est vrai que j'ai le don assez singulier de vouloir défendre mes amis avec l'erreur fatale, parfois (pas cette fois ci pourtant), de sortir la grosse bertha
alors qu'un simple mousqueton d'époque eût suffit. Mais bon, on ne va pas vous embêter avec des sornettes de cour d'école primaire. Ne cherchez pas l'origine de mon propos. Le mentionner ici sert
simplement à dire merci à mes amis et inconnus qui ont pris non point ma défense - on en n'est pas là - mais ont essayé de donner la réelle mesure de mes propos par rapport aux réponses
vengeresses et outrancières.


On se souviendra des autres qui ont su, ont lu et n'ont rien dit. Ponce Pilate a une belle descendance. 



Jacques Sallé 17/09/2010 14:03



@ Jacques : Désolé de ne pas avoir été entendu... Il me semble que vos ressentiments envers les journalistes du vin restent bien ancrés et vos opinions irréversibles...



JACQUES BERTHOMEAU 17/09/2010 14:17



Je dois mal m'exprimer je n'ai rien contre les journalistes du vin, aucun ressentiments en témoigne mon compagnonnage sur le blog des 5 du Vin avec Michel, Hervé, Jim, Marc... Ma grande
amitié avec Jacques Dupont, mon respect pour Michel Bettane, ma sympathie pour Desseauve, et bien d'autres Muteaud, Burtschy, et même le compagnon de route de Périco.


Je n'en suis pas et c'est bien ainsi mais je respecte trop les gens, même si j'ai parfois la plume un peu dure mais je ne censure personne dans les commentaires, pour cultiver ce genre de
sentiments.


 



Jacques Sallé 17/09/2010 09:22



Désolé Alain pour l'orthographe de ton nom et pour faire référence à tes propos qui illustrent bien la personnalité de Michel Rolland. Je te présente mes excuses et ne le ferai plus.



JACQUES BERTHOMEAU 17/09/2010 09:25



et oui cher lecteur à trop vouloir me mettre des opposants sur le dos  on s'enflamme...



Jacques Sallé 17/09/2010 08:51



Il y a bien longtemps qu l'on ne m'avait servi du "cher Monsieur"!


Une condescendance rare. Dans le milieu qui est le mien, on lui préfère "cher ami" tout aussi condescendant mais plus convivial.


La convivialité et le respect de l'autre sont des valeurs qui ont toujours dominé le petit monde des journalistes du vin en dépit des dfférences et des egos de chacun. Toute personne qui déguste
bien et reconnu comme tel par ses pairs entre facilement dans ce petit cénacle des critiques du vin. Et je suis convaincu que vous pourriez en faire partie. Pourquoi donc vous traiter vous-même
d'imposteur? il suffit d'être VRAI et décrire ce que l'on ressent en dégustation pour ne pas faire preuve d'imposture...


Bon, vous avez travaillé pour Jacques Margnat (ou ses successeurs) à la SVF, très bien (moi aussi, le temps d'un stage). Vous avez été "Grand Commis d'Etat" et publié un rapport qui vous a fait
connaître. Un parcours qui mérite une reconnaissance qui vous est acquise : le CIVA vous invite à ses propositions "déjeunatoires"... De surcroît vous avez un réel talent d'écriture ce qui
est assez rare dans le petit monde des journalistes du vin... Je ne comprends pas pourquoi vous voulez vous exclure vous même. Chacun de nous s'est autoproclamé dégustateur prétendant à la
fonction et cette prétention a été confirmée par ses Pairs. C'est tout.


L'ironie vous sert dans vos rubriques mais peut tout autant vous désservir lorsqu'elle prend pour cible tel ou tel à ses dépens. Elle peut être blessante. Elle peut être médisante voire
calomnieuse. Elle peut causer préjudice.


 Alors cher ami - car vous m'êtes cher et vous pourriez bien être ami - ne m'en voulez pas de vous écrire ainsi : il ne s'agit que de propos bruts et sincères résultant d'une réflexion sur
nos échanges; d'autant qu'aujourd'hui, je déguste moins et j'ai donc un cerveau beaucoup plus disponible. Enfin ces réflexions ne sont pas condescendantes, je n'ai pas cette prétention mais il me
paraît utile de vous en faire part en toute sympathie et avec l'humilité d'un dégusteur qui n'hésite pas à reconnaître ses erreurs et ses errances.


P.S. "sucre ajouté" dans le cas d'édulcoration bien sûr.



JACQUES BERTHOMEAU 17/09/2010 09:23



Cher lecteur,


Mon cher Monsieur n'avait rien de condescendant mais était lié à une forme d'exaspération due aux propos de Mauss qui pour me
disqualifier me faisait le coup du français qui déteste la réussite. Le cher ami entre journalistes n’empêche pas les vacheries et les hauts-fonctionnaires qui se tutoient parce qu’ils sortent
des mêmes grandes écoles ça ne reflète pas forcément de l’empathie.


Donc revenons au fond : la dégustation je n'aime pas, ce n'est pas dans ma culture, alors je la pratique que très modérément
mais jamais je ne me risquerais à jouer les conseils. Du côté Michel Rolland il a répondu à mes 3 Questions http://www.berthomeau.com/article-16804015.html (lisez vous verrez), je le trouve peu orthodoxe, ce qui est un compliment, bon
communicateur mais le charrier lorsqu'il affirme à des gamins et gamines que pour faire plaisir aux américains il faut leur mettre un peu de cannelle dans leur vin, ça relève de l'hygiène
mentale. Quand à blesser quiconque : en 1900 chroniques aucune des personnalités ne s'est plainte de ma plume : même Perico, alors dans le cas présent je ne pense pas avoir froissé
Michel Rolland en lui servant une formule à la Rémi Gaillard, bien au contraire j'ai joué pour lui le jeu du buzz et ça a marché : gros score. La connivence que l'on reproche aux
journalistes politiques existe beaucoup dans le monde du vin. Enfin pour la SVF elle était la propriété du groupe Pernod-Ricard lorsque j’y travaillais.


Qu’on m’attaque, qu’on écrive des choses qui me déplaisent, ne me pose aucun problème, ce qui m’exaspère c’est que l’on me prête
des intentions que je n’ai pas et qu’on lise en travers et de travers ce que j’écris. J’aime la précision et non l’approximation. Quand à ma vivacité l’ami Michel Smith peut vous en parler mais
elle n’a rien de méchante. Un garçon comme Hervé Bizeul avec qui je rompt des lances parfois violentes le sait et nous sommes bons amis. Bien à vous



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