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8 mai 2014 4 08 /05 /mai /2014 00:09

Mai, mois de tous les dangers, 3 jours fériés plantés un jeudi, le 1er mai, le 8 mai et l’Ascension le 29 mai ce qui permet de jeter des grands ponts de 4 jours. C’est lourd ! Très lourd, comme moi qui insupporte de plus en plus quelques dévots qui n’aiment pas mon ego, filerais-je un mauvais coton ? Non, je fais le ménage. J’élimine. Je coupe les ponts. Pourquoi, à mon âge, m’embarrasserais-je de gens qui se plaignent de la « violence » de mes mots alors qu’eux tolèrent celle, bien plus redoutable, des maîtres du troupeau. Génuflexion. « Connivence quand tu les tiens tu ne les lâche pas… » Je ne leur dois rien, je ne leur demande rien si ce n’est qu’ils passent leur chemin : nul n’est tenu de s’infliger la lecture de mes chroniques. En mai, je fais ce qui me plaît, le restant de l’année aussi.


Comme c’est férié aujourd’hui je confie mon tablier à un homme de paix : PAX !  


Pax2.jpg

 

TOUT FAUX épisode II  ou  Méfions-nous des idées reçues!

 

               

« Il n’est de règles que générales mais seul le particulier existe …»  Aristote

 

 

Quelles leçons tirer de la découverte suivie de la dégustation en 2014 d’un CLOS BEARD Saint-Emilion AOC 1954 ? link

 

 

D’abord se garder des idées toutes faites et proférées par des gourous comme des dogmes hors desquels, point de salut.


 

C’est le moment de rappeler, j’ai l’âge de l’avoir vécu, le tournant pris par les vins de Bordeaux dans les années 1982/83. Avant cette date il était connu que ces vins qualifiés d’austères devaient vieillir de longues années avant d’être « buvables » (on ne parle plus ainsi aujourd’hui !) Ces années 80, celles du tournant économique de François MITTERRAND, ou la finance a commencé à prendre le dessus sur tout le reste, reléguant les valeurs travail et morale au rayon des vieilles lunes, il est apparu comme ni raisonnable ni efficace ou rentable d’avoir des stocks de vins alourdissant les bilans des viticulteurs et grevant leurs trésoreries. Aussi, contre tous les usages constants, loyaux et marchands, se mit on à produire des bordeaux pouvant être bus jeunes ! (Ce qui, naturellement les rendit inaptes à vieillir et nécessita, par la suite, toute les techniques et le savoir-faire des « faiseurs de vins » pour compenser les faiblesses du « produit ».


 

Mon 1954, pourtant petite année pour les Bordeaux rouges, vinifiés avant ce tournant historique, a démontré toute les qualités du savoir-faire des anciens. Soulignons également qu’il ne s’agit que d’un Saint-Emilion générique ce qui devrait permettre de contredire l’adage qui voudrait vous faire « acheter les petites années dans les grandes maisons et les grandes années chez les autre ! »


 

J’ai malheureusement vécu une autre expérience de même nature à la naissance de mon fils aîné en 1973. J’ai fait l’acquisition d’une caisse bois de 6 BRANE CANTENAC de ce millésime et me laissant baratiner par un vendeur : de 6 MARGAUX génériques toujours de 1973. Ces deux caisses, furent stockées côte à côte, dans la même cave, jusqu’au jour prévu pour commencer à les déguster. On attendit, pour se faire, « la communion du gamin ». soit 14/15 ans plus tard. Que croyez-vous qu’il se passa ? Le pauvre BRANE CANTENAC fit piètre figure : passé, lessivé, de l’eau colorée alors que ce brave MARGAUX générique s’en sorti avec les honneurs de la guerre.


 

Il y a aussi beaucoup à dire sur les conditions recommandées de stockage et de conservation du vin, de ce que doit être une cave idéale etc. etc. Le CLOS BEARD, si je dois reconstituer les résidences successives de mon père, a connu cinq caves différentes dont deux dans des immeubles d’après-guerre , une dans un immeuble du 19e siècle en bord de Seine et deux dans des immeubles contemporains, sans compter les longs séjours en appartement au moment de l’inventaire de la cave avant partage ou en attente de nouveaux lieux de remisage.


La cave de bord de Seine était régulièrement inondée tout au long des dix années où il y fut entreposé. A tout cela s’ajoute, les déménagements, qui considèrent le vin comme du mobilier, un point c’est tout !


 

Cela me rappelle l’expérience de MM GAULT et MILLAU, relatée dans leur magazine à l’époque ou ils tenaient le haut du pavé de la gastronomie et de l’œnologie française. Ils avaient chargé le coffre de leur voiture de plusieurs «  caisse bois » de bouteilles réputées bonnes de par leur origine. Elles ont ainsi été trimballées tout au long de leur pérégrination saisonnière à la recherche de bonnes adresses. C’est vous dire les chocs thermiques (parking en plein soleil de midi à l’occasion du déjeuner, fraicheur nocturne de l’étape du soir) et mécaniques, dus aux kilomètres abattus à l’occasion de trajets qui, c’est la loi du genre, vous mènent par monts et par vaux. Que croyez-vous qu’il advint ? Rien : quelques semaines de repos et après dégustation (contradictoire ?vraisemblablement, c’était quand même des pros.)


Les duettistes affirmèrent que, dans l’ensemble, les vins n’avaient pas souffert, le moins du monde, de ce traitement barbare.


 

Ce type de mésaventures, qui n’a rien d’exceptionnel, a le mérite de remettre à leurs justes places les propos et oukases de certains grands prêtres qu’on est tenté de croire par peur de mal faire et hors desquels il n’y aurait qu’hérésie et risque d’ être relégué au rang de rustres incultes si vous y contrevenez.


 

Enfin rappelons qu’il en va du vin, comme de la vie. C’est le moment d’évoquer la superbe réplique de Lino VENTURA dans « La Bonne Année » de Claude LELOUCH. Une idylle nait entre l’antiquaire  très bcbg (la ravissante Françoise FABIAN) et le malfrat (Lino VENTURA, qu’on ne présente plus) Il est invité chez elle pour un diner rassemblant sa ribambelle de copains bobos (dirait-on aujourd’hui). Conversation d’intellectuels autour de la table, devant un Lino muet. Question de l’un des «petits marquis » à Lino : quelle revue lisez-vous ? Réponse : aucune ! Mais alors comment faite vous pour choisir un film ?


Tombe alors, de la bouche de Lino regardant Françoise FABIAN droit dans les yeux, une des plus belle réplique du cinéma français : «  Comme pour les femmes, je prends des risques ! »


 

Strasbourg le 26 avril 2014


 

patrick axelroud

 

* les 2 illustrations sont de la main de PAX preuve s'il en est que votre Taulier n'est pas le seul à développer une forme  de mauvais esprit qui déplaît tant aux dévots.


pax3.jpg

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans écrits des autres
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commentaires

Roger Feuilly 08/05/2014 01:20


A l'ami PAX, pour François Mitterrand, il est plus probable qu'il s'agisse des "dessus" que des "dessous". Et, par ailleurs, il est quelque peu dommage de confondre l'auteur du film "Un homme et
une femme" avec le piètre politicien de l'UMP Lellouche...

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