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25 mai 2010 2 25 /05 /mai /2010 00:09

Depuis tout petit je suis fasciné par les couples commerciaux, les Roux&Combaluzier, les Panhard&Levassor, les Rivoire&Carret, les Villeroy&Boch, les Chaffoteau&Maury, les Martini&Rossi, les Thomson&Brandt et tant d’autres... Beaucoup n’ont pas résisté à l’usure du temps et se sont dissous ne laissant que des traces dans les mémoires des seniors ou sur les pignons de vieux immeubles.

Flânant, lors d’un des rares dimanches ensoleillés que nous ayons connu, sur les quais de Seine je suis tombé nez à nez avec le fameux Bouvart&Ratinet, petit opus verdâtre, tout pelé, une édition d’avant-guerre de la célèbre table de logarithmes. Mon esprit, toujours mal tourné, a alors associé ces deux dignes professeurs, Camille Bouvart et Alfred Ratinet à un autre couple célèbre : Bouvard&Pécuchet les héros du roman inachevé de Gustave Flaubert qui narre l’aventure de deux copistes qui aimeraient vivre à la campagne, et à qui un héritage opportun permet de reprendre une ferme dans le Calvados. Touchant à tout : médecine, chimie, politique, ils iront d’échec en échec avant de retourner à leur métier d’origine.

 

Je suis donc rentré chez moi avec cette idée qui me trottait dans la tête et je me suis contenté de noter sur l’un de mes petits carnets : Bouvard&Ratinet. Et puis, sans trop savoir comment, le temps passant une autre petite musique s’installait au côté de mon double duo, celle de Gilbert&Gaillard.

Trop drôle, mais quel rapport ?

Aucun, sauf que ce duo m’inspirait plus de questions que de réponses et que, sans vouloir être désobligeant avec eux, depuis que j’ai entraperçu leur guide dans les antichambres de vignerons visités je me suis toujours demandé : mais qui sont donc Gilbert&Gaillard et surtout qu’est-ce qui pousse un amateur à acquérir leur guide ? D’où viennent-ils, qui sont-ils, j’avoue humblement l’ignorer.

 

Pour en avoir le cœur net, pour éviter que je ne m’aventurasse sur les sables mouvants de mon ironie facile je suis donc allé surfer sur le Net.

Première découverte, excellente pour ma petite satisfaction personnelle, Raymond Queneau s’est longtemps interrogé sur la relation entre Bouvart&Ratinet et Bouvard&Pécuchet, au détail près, comme pour les 2 Dupont&Dupond, du t de l’un et du d de l’autre. Le notre, Jacques, le Merveilleux du Vignoble, est pourvu d’un t.

Pour autant ça n’apportait rien à mes interrogations gilbertgaillardiennes. Alors il ne me restait plus qu’à fondre sur le site www.gilbertgaillard.com .

Qu’y découvris-je ?

Que Gilbert&Gaillard, dont le premier se prénomme François et le second Philippe étaient mes concurrents puisqu’ils tenaient chacun un blog.

Que fis-je ?

J’y allais.

Que découvris-je ?

Qu’en tout et pour tout François Gilbert à commis en 2009 une seule chronique : « Répondre au défi de la mondialisation » qui reprend vaillamment quelques bribes de l’étude Vinexpo-ISWR pour conclure « Gilbert & Gaillard ont décidé d’apporter leur pierre à ce chantier vital. En septembre prochain nous lançons le Gilbert & Gaillard Wine Guide qui sera largement diffusé sur les marchés anglo-saxons (Etats-Unis, Canada, Royaume Uni notamment) : une formidable vitrine (en anglais) pour les vins français de qualité. »

Vaut mieux tard que jamais je me suis dit.

Pour 2010, en date du 2 mars Philippe Gaillard annonce que « La femme est l’avenir du vin ». Là aussi rien de très neuf et de très ébouriffant. Puis plus rien depuis.

Donc, sur le versant blog, je me sens rassuré du côté concurrence de la part de Gilbert & Gaillard. Mais sans doute vont-ils s’y coller car avec le développement du phénomène des sites communautaires Facebook, Twitter, faudrait pas que, comme les pauvres Bouvart&Ratinet ratatinés par les calculettes, ils ne se transformassent en « espèces en voie de disparition ».

Le marché étroit des guides de vin est déjà si encombré et surtout l’arrivée à mâturité des babys boomers – dont je suis – constitue un vrai défi pour leurs rédacteurs.

Mais ma question n’est pas là même si j’aimerais bien consulter les chiffres de vente des guides de vin.

Au fait qu’elle était donc ma question ?

Oui, c’était : « mais qui sont donc Gilbert & Gaillard ? »

Voilà ce qu’en dit « Le Guide Château Loisel »

« Leur guide des vins est assez différent des autres guides. D’une part, le guide ne donne que de courts commentaires de dégustation, classés par notes décroissantes au sein de chaque appellation, sans parler du vigneron ou du domaine, ne serait-ce qu’en une phrase. Seuls quelques vins bénéficient d’un traitement plus complet avec une photo de l’étiquette et une présentation du domaine. Bien que l’ouvrage ne le précise pas, on peut penser, en toute logique, qu’il s’agit là de coups de cœur.

L'autre particularité est la sélection. Les auteurs cherchent à mentionner un grand nombre de vins abordables ou disponibles en grande surface. De ce fait, l’amateur de vins pourra être dérouté en remarquant de nombreux manques et oublis, surtout en dehors de Bordeaux et de la Champagne qui sont les deux régions les plus largement couvertes.

Les vins sont notés sur 100 selon une échelle de valeur proche de celle de Parker avec toutefois une plus grande densité de vins notés entre 80 et 90. Les notes supérieures à 90 semblent réservées aux crus classés bordelais et aux champagnes de marque ; elles sont excessivement rares dans les autres régions. Si les informations pratiques sont très limitées (numéro de téléphone du domaine), les prix sont presque toujours mentionnés, en tout cas bien plus souvent que dans les autres guides où, de façon quelque peu agaçante pour le lecteur, cette information semble trop souvent classée «confidentiel défense»…

Au final, si le guide souffre de manques, il permet en revanche de lire des commentaires sur certains vins non mentionnés dans les autres guides. A noter que le Guide des vins Gilbert et Gaillard est maintenant traduit en anglais pour tenter une distribution internationale. »

Voilà c’est tout ce que j’ai trouvé. Dire que c’est tout ce que je sais c’est une autre paire de manches mais, comme je ne suis pas tailleur de costars, je m’en tiendrai là pour Gilbert et Gaillard. Si certains peuvent éclairer ma lanterne ils peuvent se fendre de commentaires.

Pour ceux, qui comme Hervé, trouve que certains jours je suis un peu trop nébuleux, trop cafouilleux, trop elliptique, trop bordélique, permettez-moi de conclure cette chronique, qui en est certainement un bel exemple, en faisant mienne cette pensée de Nietzche – encore un gonze que l’Onfray peut pas piffer – « Il faut beaucoup de chaos dans la tête pour accoucher d’une étoile qui danse ».

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

Emmanuel Delmas 27/05/2010 09:25



Bien sur, Jacques, mais cet éclairage leur offre une "pub" indirecte qui leur est inespérée ! ;-))



JACQUES BERTHOMEAU 27/05/2010 09:26



Faut pas exagérer mon influence



Emmanuel Delmas 27/05/2010 08:44



Un guide, Gilbert & Gaillard...? Un peu de sérieux, quand même...là, Jacques, vous leur offrez une pub sans équivalent !


On retrouve leurs invendus sur les étals de marché du Dimanche, à Pellebouelez à 2 euros...vous pourrez malgré tout négocier une petite commission sur vente de 10%, ainsi vous aurez idée du
nombre de guides vendus...:-)


 


 



JACQUES BERTHOMEAU 27/05/2010 08:49



Quelle Pub Emmanuel ? Je lance ma ligne dans le Marigot et je pêche des commentaires : les lire  C'était le but
du jeu. J'ai si peu de goût pour les guides que celui de G&G, dont je connais les dessous, me permettait de faire de l'interactif c'est aussi ça le Net.


 



Michel Smith 25/05/2010 18:14



Simple question : et si les domaines "coups de coeur" étaient payés par la pub ?



Le petit télégraphiste pour Alain Bringolf 25/05/2010 18:14



Alain Bringolf


Acheté une fois le guide G&G il y a fort longtemps. Passé rapidement au classement vertical. Il faut laisser le mérite à G&G de mettre en avant des domaines totalement inconnus.. mais
totalement introuvables, surtout pour des lecteurs résidant à plus de 20km du vigneron



Le Marchand de Vins 25/05/2010 18:12



Juste un petit mot suite à votre chronique sur le duo de critiques susnommés.


S’ils affichent certaines étiquettes dans leur guide, il me semble que c'est plus en lien avec
les budgets de référencements qu'avec leurs coups de coeur de dégustation.


En effet, si nul n'est à l'abri de tout soupçon dans le monde de la critique (les salons de la
RVF ou de Bettane &Desseauve ne sont pas offerts aux vignerons que je sache...) ces deux là pratiquent le mélange des genres au delà de toute concurrence : ils sont en effet agents-négociants
de manière plus ou moins officielle, puisqu'ils sont venus se vendre à une enseigne nationale comme intermédiaires de certains châteaux... A ma connaissance, aucun autre « journaliste »
n'a osé aller jusque là !


Leur « magazine » est un chef d'oeuvre de remplissage publi-promo, d'une platitude qui
fait regretter le style enlevé de la moins bonne PQR...



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