Mardi 13 décembre 2011 2 13 /12 /Déc /2011 00:09

bw_1140_d236098d8883b3371055161f03cc05c2.jpgMauvaise passe pour l’euro, sale temps pour la monnaie unique, de sauvetage en sauvetage la voilà au piquet, mal notée, rabaissée au niveau d’une monnaie de singe vilipendée par les nostalgiques du franc ou du deutschemark, accusée de tous les maux inflationnistes, snobée par les rosbifs et leurs affidés, va-t-elle terminer sa vie comme les assignats de John Law.

 

« Hier mercredi, 17 juillet, la rue Vivienne fut remplie de quinze mille hommes, dès trois heures du matin. La foule fut si considérable qu'il y eut seize personnes d'étouffées avant cinq heures. Cela fit retirer le peuple. On en porta cinq au long de la rue Vivienne ; mais à six heures on en porta trois à la porte du Palais-Royal. Tout le peuple suivait en fureur ; ils voulurent entrer dans le palais, qu'on ferma de tous les côtés. On leur dit que le Régent était à Bagnolet, qui est une maison de campagne de Mme la Régente ; le peuple répondit que ce n'était pas vrai, qu'il n'y avait qu'à mettre le feu aux quatre coins et qu'on le trouverait bientôt. C'était un tapage affreux par tout ce quartier-là. Une bande porta un corps mort au Louvre. Le maréchal Villeroi leur fit donner cent livres. Une autre bande se jeta du côté de la maison de M. Law, et ils cassèrent toutes les vitres ; on fit entrer des Suisses pour la garder.

 

Law voulait sortir, mais on l'en empêcha. Il est demeuré dans le Palais-Royal pendant huit jours sans sortir. Le Régent s'habillait pendant ce fracas ; il était blanc comme sa cravate, et ne savait ce qu'il demandait... Depuis ce jour-là, la banque n'a point été ouverte, et l'on ne paye nulle part, en sorte que l'on se passe d'argent à grand peine. Et pourtant on est si accoutumé au luxe et au plaisir... que malgré la misère générale où on est (puisque dans les meilleures maisons, il n'y a pas un sol, et que la circulation des choses nécessaires à la vie et à l'entretien, se fait par crédit, tout le monde crie et se plaint), cependant je n'ai jamais vu un spectacle plus rempli et plus superbe qu'hier, mercredi 20 novembre, à l'Opéra... Il est impossible que le Régent, en voyant tout cela, se repente, ni soit touché de tous les maux qu'il fait.. »

La fin du système vue par un contemporain (extrait du Journal de Barbier, 1720)

 

Et moi, et moi, et moi comme nous serinait le Dutronc des années 60 je me retrouve un beau matin le nez sur les pages glacées du Catalogue du Bon Marché Collections d’émotions où le président de l’ancienne crèmerie du couple Bousicaut se fendait de quelques lignes pour nous vanter sa sélection de 50 cadeaux précieux, étonnants, rares, en un mot déjà mythiques… » qui selon lui nous conduisent à l’émotion du sublime… J’ai donc feuilleté et très franchement je n’ai rien trouvé qui me donne envie. Rien que de la quincaillerie clinquante : montre Dior VIII bal Plissé 17 000€, des sacs en pagaille : le miss Dior 6 600€, un petit body « Rossy de Palma » 1300€, un bout de jupe Nina Ricci en polyester 2400€… Qui c’est qui c’est qu’est le proprio du BM ?

 

Pourtant j’aime les cadeaux : en faire et en recevoir mais là j’avais le sentiment d’être dans une annexe de la rue Montaigne. Mais, vous me connaissez, avec mon grand nez j’adore fouiner et au 47 je suis tombé sur un gars qu’avait la gueule de David Ginola. Un beau gars, beau profil, bien peigné, tout juste hâlé, barbe naissante, le genre à faire se pâmer les belles-mères de NAP. Bras croisé sur ce que je crus être un cardigan. Tout faux Berthomeau, c’est un blouson d’Ermenegildo Zegna en cachemire doublé de vison 6995€. Franchement messieurs les positionneurs de prix je vous trouve mesquins de nous faire le coup du marchand de chaussures : nous faire cadeau de 5€ pour éviter le prix rond c’est nous prendre pour des idiots.

 

J’aurais pu en rester là mais ça ne m’aurait pas permis de chroniquer alors j’ai téléphoné à mon courtier bordelais préféré (je lui garde l’anonymat pour qu’il ne soit pas compromis avec un ouistiti comme moi). Ma question l’a un peu désarçonné « j’ai quoi en GCC pour 6695€ ? » Comme il était dans son auto je lui ai laissé le temps de se retourner. Le lendemain sa réponse est tombée :

 

Bonjour Jacques,

Suite à notre conversation d’hier, vous pouvez trouver à ce prix-là  1cb12 de quasiment tous les 1ers Crus Classés, sur des millésimes bons à boire, ou bien 1cb6 d’un 1er CC sur un très grand millésime !

A votre disposition si vous avez besoin de précisions.

 

Voilà une affaire rondement menée. Ma décision je la prie dans la minute « Merci beaucoup j'ai opté pour 3 magnums de Haut-Brion 2005 chez Millésima à 7 250,00 € T.T.C (peut-être que par vous je pourrais les avoir à 6995 euros ? je plaisante bien sûr). Le choix de Haut-Brion est sentimental car c'est le premier G.C.C que j'ai visité et dégusté en 1978 avec des élèves de l'ENA.   chateau-haut-brion-2005-1-5l-12.jpg

Appellation : Graves Rouges Pessac-Léognan

Notes et commentaires

Robert Parker : 98

Wine Spectator : 100

Jancis Robinson : 19,5

En stock dans nos chais de Bordeaux en caisse ou carton d’origine du Château.

 

Voilà si ça vous dit vous pouvez me l’offrir ! J’adore les cadeaux comme je vous l’ai déjà dit…

Mais j’aime aussi en faire et celui-ci je le dédie aux copines car un rien les habille !

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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