Lundi 17 septembre 2012 1 17 /09 /Sep /2012 00:09

Le Taulier se prélassant, tel un lézard au soleil, a délégué dans le prestigieux et incomparable vignoble bourguignon – pas mal non comme brosse à reluire – un envoyé très spécial pour chroniquer sur les vendanges. Sans aucune nouvelle de lui, en dépit de plusieurs relances via le BIVB, j’ai eu recours à l’agence spécialisée Bourgogne Live qui a retrouvé sa trace grâce à la complicité du syndicat des hôteliers bourguignons. François Desperriers vient donc de me faire parvenir un étrange papier que je m’empresse de vous livrer.

Vendangeurs01.jpg

« Cette année sera excellente pour le vin. Tous les vignerons de rance sont d’accord à ce sujet. Mais le bourgogne sera particulièrement bon, et dépassera même en qualité celui de l’année 1953, qui fut la meilleure année jusqu’alors.


Ces tuyaux vinicoles, je les tiens de la bouche même du président de la Coopérative de Saint-Bourseul-sur-Fidoine, patrie, on le sait, du bourgogne-fuissé.


Dans ce petit village se déroule comme chaque année la fête des vendanges, et je m’y trouve depuis deux jours déjà. Chacun ici s’est mis en quatre pour accueillir dignement les représentants de la presse, et je dois souligner que la municipalité a fort bien fait les choses. J’ai reçu par exemple une caisse de vin vieux, et si ma plume (vous vous en rendrez compte à la lecture de cet article) court si facilement sur le papier, c’est que je suis aidé dans ma tâche littéraire par ce merveilleux nectar.


Comment se déroule cette fête des Vendanges ? Le matin vers dix heures, commence la visite des chais. La visite des chais commence vers 10 heures. Vers 10 heures. Nous nous réunissons devant la coopérative où nous sommes tous réunis. Nous pénétrons dans les caves où l’on nous fait goûter les crus les plus fameux. Dieu que j’ai soif ! Ce vin est très bon. Au cours de cette fête des Vendanges qui réunit les plus importants spécialistes, faut que je téléphone à Germaine pour lui demander de m’envoyer mon tricot bleu. J’ai froid le soir. Il ne fait pas chaud par ici. On se demande comment le raisin peut mûrir. Quoi qu’il en soit, ce pinard est très bon. Ici, c’est ma fête des Vendanges.


Comment se déroule-t-elle ? Nous nous réunissons devant la coopérative et nous goûtons les grands crus.


Ensuite, nous allons déjeuner à l’auberge des vignes. Je me demande pourquoi Gaston n’a pas téléphoné. Sa femme a dû encore être malade, elle n’a pas de santé cette femme-là. En ce moment, ici, se déroule la fête des Vendanges. On déjeune. On nous sert les meilleurs vins. Décidément, ce picrate-là est formidable. Nous nous réunissons tous les matins devant la coopérative. Il ne fait vraiment pas chaud. J’ai dû attraper du mal. Elle n’a qu’à me l’envoyer par la poste ce tricot. Il n’est pas beau mais il me tient chaud.


Repas_des_Vendangeurs.jpg

Le matin devant, devant la coopérative. On goûte le vin. Il est vraiment bon celui-là. Je vais leur demander de m’en donner une autre caisse. C’est la fête des Vendanges, et l’on a été très bien reçu. Je vous écris cet article de ma chambre d’hôtek, ils ont été très gentils de m’envoyer cette caisse de vin. Ici, les gens n’arrête pas de taper dans les murs, et j’entends tout le temps des cloches et de l’orgue. C’est drôle. Le matin, pour goûter les crus, on se réunit devant la coopérative. Ce vin-là, il est bons parce qu’il se boit facilement ; on ne se sent pas lourd. Ou alors, elle n’a qu’a qu’à le l’envoyer dans une enveloppe mon pull-over. Pas beau, mais chaud. Le matin, à la coopérative, on goûte les vins, un pull-over. Du bon vin. De ma chambre où je vous écris, il y a une grosse tache sur le mur avec des ailes… À la coopérative, elle n’avait qu’à me le mettre dans ma valise ce pull-over. C’est la fête des Vendanges, et il y a une chauve-souris sur le mur. Ce vin-là, il se laisse boire. Le président de la coopérative, il dit, il dit, il dit, il dit, dit, dit, dit, dit, dit, nous disons, vous disez, ils disent… j’aime pas les chauves-souris. Sale bête, il est bon, ce vin-là. À la coopérative, chauve-souris, du vin dans la chambre et ils arrêtent pas de taper dans les murs ces cochons de Martiens, qu’est-ce qu’ils croient avec leurs antennes et leur grosse tête verte, je le dirai à la coopérative, Germaine…pase-moi mon pull-over…, saleté de chauve-souris, elle chante maintenant. Et il y a un gros Martien en bateau qui rame le long des rideaux. Je vais dire au Président de la République et de la coopérative que je veux mon pull-over… Y a des chauves-souris partout… Plus j’en bois, plus je le trouve bon, ce pinard-là. Pourquoi que ce type en armure il  soulève la table dans ses dents ?


C’est de mon bateau que je vous écris… Il y a de la tempête, il pleut. Des chauves-souris grosses comme ça, avec des têtes vertes… je veux pas de mon pull-over, j’ai pas froid. »


Je n’ai pas changé un seul mot, une seule virgule de ce texte dont vous saisissez je l’espère la portée… Cependant, ne voulant pas ternir la réputation de mon correspondant spécial je ne vous livrerai pas son nom mais je suis certain que les fins limiers que vous êtes auront deviné qui il est. Paix à son âme de bon buveur !

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Commentaires

Quand on dit "à consommer avec modération"... 

 

Drôle de coincidence, les martiens ont débarqué aussi ce matin sur Bourgogne Live !

http://goo.gl/5fAyO

 

François

Commentaire n°1 posté par Bourgogne Live le 17/09/2012 à 08h28

Pas moi, car je ne suis plus aux ordres des annonceurs. Ça ne peut pas être Nicolas de R, tout de même, trop heureux qu'il est d'avoir sa siganture dans Paris Match. Pas plus que Pousson, lui aussi dans Match. Ni Bettane, car je ne suis pas sûr qu'il ait sa carte de presse... Attends voir, je vais réfléchir un peu en relisant ton texte sans queue ni tête...

Commentaire n°2 posté par Michel Smith le 17/09/2012 à 16h18

En visitant Google, j'ai pensé à un poète Roumain. Mais je me suis finalement dit qu'il n'y avait qu'un Taulier pour inventer une commune au nom aussi étrange que Saint-Bourseul-sur-Fidoine !

Commentaire n°3 posté par Michel Smith le 17/09/2012 à 16h31

Michel t'aime les routes départementales pas lui

Réponse de JACQUES BERTHOMEAU le 17/09/2012 à 16h34

Le regretté Jean aurait perdu son permis dès la sortie de St Bourseul ?

Commentaire n°4 posté par jmPaul le 17/09/2012 à 22h02

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