Lundi 1 octobre 2012 1 01 /10 /Oct /2012 00:09

Myriam est comme ça, avec un air de ne pas y toucher, enjoué, elle nous dit tout sur le vin et surtout elle le dit bien, c’est concis, précis, sans fioritures, car comme me le faisait un jour remarquer Marc Parcé « on ne fait pas du vin avec des mots ». Avec les mots, trop souvent, on ne fait que des discours qui volent, s’envolent, s’évaporent, parfois on fait des livres et, sous ce on, se cachent des gaspilleurs de mots, des qui n’en connaissent pas la valeur, des qui feraient mieux de les garder pour eux. Myriam Huet ce fut pour moi d’abord une voix, une voix chaleureuse, même enjôleuse, sortant du poste, la radio quoi, du temps où France-Inter diffusait le samedi l’émission de JP Coffe « Ça se bouffe pas, ça se mange… ». Elle parlait du vin et elle en parlait bien de ces vins car entre le singulier et le pluriel il y a un espace sur lequel certains, qui s’autoproclament critiques, devraient méditer. Puis je l’ai connu, pour de vrai, Myriam et, jamais en reste d’une belle initiative pour plaire à ses lecteurs votre Taulier l’a mobilisé pour une belle dégustation « sans copeau sur la langue »  link 


Ce soir-là, Myriam, dans un joyeux foutoir qui troublait un peu sa rigueur professionnelle, fut égale à elle-même : comme me l’a écrit un participant « J’avais souvent entendu parler de Myriam Huet mais je ne l’avais vu en chair et en vin » et ce fut, souligne un autre, « finalement un plaisir toujours recommencé qu'une dégustation de (bons) vins expliqués par un orateur de talent. On se prend à regretter que ça ne dure pas plus longtemps, que le Tour de France soit trop réduit. Mais Myriam Huet est un modèle de didactisme et de simplicité : j'ai eu l'impression de tout comprendre et de retrouver en nez et en bouche ce qu'elle venait de nous expliquer... » L’enthousiasme était au rendez-vous ce que traduit bien l’une des participantes « De la vivacité dans le propos mais avec une rondeur subtile, traces d'années de maturations fructueuses. Pas un copeau de langue de bois ; une langue qu'on avait d'ailleurs voulu nous réduire à 4 étapes de saveurs ordonnées dans l'espace. Et, oh joie, nous découvrîmes avec ivresse que toute honte pouvait être bue de ne pas répondre au standard du bien déglutir. »


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Je vous avais prévenu, Myriam est comme ça : elle séduit sans chichis, elle transfuse du côté cœur sa passion pour le vin sans les artifices de certains, elle sait mieux que quiconque que, sans un corps bien fait, le vin ne pourrait avoir une âme. Ayant enseigné dans ma longue vie je sais d’expérience que, coucher sur le papier la somme de son expérience est une vraie douleur : il faut se tenir à son ouvrage, classer son matériau, le travailler, l’assembler, écrire quoi. Myriam s’y est mis et voilà que l’enfant paraît : « Le Vin pour Tous » chez Dunod 11,90€, le comprendre, le choisir, l’apprécier. C’est un beau petit livre, utile, pratique, simple d’accès tout en étant complet. Loin de ceux qui défoncent des portes ouvertes, des qui ont des œillères, des qui ne vont qu’à leurs messes basses, des qui donnent des leçons, Myriam, elle, se contente, et c’est beaucoup, de donner les clefs. Ça peut toujours servir une clé, par exemple à ouvrir une porte, à comprendre, ensuite libre à chacun de se forger une opinion, d’aimer ou de ne pas aimer, d’apprécier, de s’enthousiasmer, de rejeter. Prime à l’intelligence sur l’obscurantisme, tel est l’apostolat d’une œnologue de passion et de raison qui n’a rien d’une sœur tourière.


Dans le « Vin pour tous », tout est dit et fort bien dit alors je ne vais pas me fatiguer à vous en faire un résumé, le mieux pour vous c’est de l’acheter pour en faire votre livre de chevet surtout pour ceux qui prétendent tout savoir sur le vin. Pour ma part, sans fausse modestie, il me reste bien des choses à apprendre et à comprendre sur le vin car je n’y ai jamais mis la main : j’ai taillé la vigne et vendangé, j’ai embouteillé du vin, j’en ai vendu mais je n’ai jamais mis les pieds dans un chai pour en faire. Grâce à Myriam je fais du rattrapage par correspondance. Deux petits flashs photographiques pour éveiller plus encore votre appétit et pour un détail sur le bouchon de la couverture qui m'a mis en joie : mis en bouteille au château, mais c'est sans doute le fait de Dunod

 

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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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