Jeudi 27 septembre 2012 4 27 /09 /Sep /2012 00:09

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Tout d’abord j’estime que Bercovici vous a un peu escagassé, je ne vous reconnais pas bien sous son trait de crayon cher Ghislain, dans la vie réelle vous êtes bien plus fringant ,votre regard pétille, alors que là vous ressemblez vaguement à un cousin-germain de Guaino matiné de Copé sur le qui-vive. Certes le scénario vous place dans une position fort peu confortable mais lorsque je lis les paroles que Simmat place dans les bulles – des fines bulles, bien sûr, d’une Grande année – sensément suspendues au-dessus ou au-dessous de votre auguste et fière tête je ne retrouve pas votre tête. Ça me gêne un chouïa car j’ai l’impression de visionner une vague doublure et ça me trouble, ce qui pour le champenois que je ne suis pas prend des allures de vin clair (oui je sais un vin clair qui est trouble peut troubler les non-initiés).

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Autre point qui me chiffonne dans la séquence qui vous touche, cher Ghislain,  c’est que face à ce mystère, ce dérèglement du Royal Agreement, voir le Bollinger « champagne officiel de Buckingham depuis la conquête des Indes » jeté dans les eaux troubles de la Tamise et vous « l’héritier Bollinger, figure du vignoble champenois, congédié comme un simple VRP » votre sens aigu de la décision n’ai pas provoqué chez vous un réflexe immédiat : pianoter de suite sur votre IPhone pour joindre le boss de la branche 00 du Secret Intelligence Service (MI6) le dénommé M, et bien sûr Q, le directeur de la section équipement.  Ou, plus efficace encore appelé Bond directement dans son appartement de Kings Road dans le quartier de Chelsea. Vous seriez tombé sur May sa vieille gouvernante écossaise et 007 ce serait fait un plaisir de sauter dans son Aston-Martin et de régler cette affaire en trois coups de cuillère à pot via la couche chaude de quelques donzelles aux appâts plus conséquents que ceux des prudes dames d’Aÿ. Vous imaginez la tête de Simmat et de Bercovici si, les prenant à leur propre piège, vous foutiez en l’air leur beau scénario tout juste entamé. La cata quoi, mais je vous sais trop gentlemen Ghislain, et un peu joueur, alors vous n’avez pas voulu tirer avantage de votre arme secrète.


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Revenons au début de l’histoire, de ce maître Pérignon, en son abbaye d’Hautvillers près d’Épernay, partageant la couche de ribaudes, se faisant tancer par l’archevêque-duc pour sa luxure et ses expérimentations hasardeuses, ça risque de défriser les dames d'Aÿ et d'ailleurs en Champagne, dont j’évoquais l’existence, surtout à la sortie de la messe ou du temple, juste avant de passer chez le pâtissier pour acheter le gâteau du dimanche et se rendre ensuite à la brocante. En soulignant ce fait je ne fais que reprendre ce qu’écrivait sous forme de conseil, un homme autorisé, Jean-Paul Kauffmann, dans  « Voyage en Champagne 1990 » : « tu y passeras aussi tes week-end, sinon tu manqueras l’essentiel : la messe ou le temple, le passage à la pâtisserie et la brocante… » Le mécréant que je suis adore mettre un peu de piment dans les tea-parties de notre belle province. Quant à toi Ghislainn- oui je tutoie pour ça -, comme je ne te trouve pas une tête d’héritier depuis le jour où nous nous croisâmes dans les couloirs de l’INRA de Rungis où tes collègues du  SCECS, laboratoire étudiant le devenir du cochon, exhibaient celui de Reiser sur leurs publications officielles, je pense que tu feras preuve de pédagogie auprès de ces dames aux belles permanentes. Enfin, sans vouloir jouer sur les mots, tu es un Montgolfier et tes ancêtres  Joseph et Étienne inventeurs et constructeurs des montgolfières, ont été d’une certaine manière des précurseurs dans l’art et la manière de s’envoyer en l’air.


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Enfin, pour redevenir un peu sérieux, citant à nouveau JPK, je dois t’avouer mon cher Ghislain mon grand chagrin de constater que la danse est menée, dans la BD de Simmat&Bercovici, pour faire court, par un parisien, certes d’adoption puisque né à Roubaix,  « La nouveauté est que le Great Game* champenois se joue pour une large part à Paris et non plus à Epernay ou à Reims. Ce déplacement du pôle de décision vers la capitale, qu’ont choisi d’habiter les chefs de maison des grands groupes et leurs états-majors, est un objet de préoccupation pour l’avenir. L’absence d’enracinement est un handicap pour un produit issu de la terre. Une marque de champagne a besoin d’être représentée autrement que par un gestionnaire qui sait baisser les coûts et optimiser les stocks. Il entre en effet dans cette fonction une dimension humaine et culturelle impliquant un ancrage solide et durable dans l’environnement immédiat. Poser au milieu du vignoble pour la photo, convier à déjeuner la presse dans les salons désuets de la marque soigneusement entretenus et repartir ensuite pour la capitale constituent les limites de l’exercice. »


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Voilà, cher Ghislain, j’ai fait mon devoir comme le bon petit soldat que je suis qui, à force d’écrire des trucs désagréables sur les droits de plantation chers à la permanentée de Reims qui habiteà Paris, se trouve bien aise de passer la patate chaude à Simmat et Bercovici qui eux, peuvent aligner des vacheries sans le risque de se voir mettre au placard. Bref, ma question initiale reste ouverte, comme une conclusion d’un exposé de Sciences-Po : c’est quoi au juste cette histoire de Dom Pérignon Code ? La réponse est dans la BD susdite : Champagne ! Le Dom Pérignon Code chez 12Bis pour 12€ tout juste le prix d’une bouteille de champagne discountée par les têtes d’œuf de Carrefour ou les terroristes – je n’ai pas écrit les terroiristes – de MEL. Avant d’en terminer avec ma missive, Ghislain, toi le président de l’UMV, je te supplie d’expliquer à un socialo non révisé, tendance Rocard Code, ce que veulent dire les deux larrons de la BD par « marges à deux chiffres » J’avoue ne pas tout comprendre la notion  de « marketing historique » alors, pourquoi ne pas m’inviter en Champagne pour me décrotter. J’ai même lu dans une feuille de choux économique que Bollinger c’était l’une des plus belles marges de la Champagne alors comme tu es très pédagogue Ghislain tu m’expliqueras. J’espère, bien évidemment que la fine fleur des maisons de champagne me fera l’accueil dû à un blogueur influent.


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Dans cette attente, recevez (oui je passe du tu au vous  mais bon je ne peux faire autrement en fonction des circonstances), cher Président de l’UMV, un peu chahuté dans la BD, mon meilleur souvenir, et si ce n’est pas trop compromettant pour toi, l'expression renouvelée de mon amitié fort ancienne.


Bien à toi.


Un Taulier qui a pris de la bouteille.

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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