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19 mai 2013 7 19 /05 /mai /2013 07:00

Un temps pourri, glacé, à rester sous la couette, je suis donc resté sous la couette à rêvasser une fois que Jasmine m’eut fait œuvrer pour la grandeur de la France. Souvenir de the Big Lebowski lui aussi dans ses œuvres avec une féministe débridée ; Jasmine a beaucoup ri lorsque je le lui ai dit. « Tu veux que je fasse comme elle » m’a-t-elle sitôt dit. J’ai répondu « Oui ». Nous avons fait monter une bouteille de champagne pour fêter notre œuvre mais il était si mauvais que nous dûmes le confier au lavabo. Faussement sérieuse Jasmine, toujours en position optimale, m’a rassuré « Normal, il ne faut plus que je boive une goutte d’alcool »  Et puis, elle s’est rhabillée et a repris le RER sous  la pluie. Moi je me suis recouché avec pour seul compagnon le fil de Twitter. Ça me fascine Twitter. Les accros surtouts, politiques et journalistes, toujours sur la brèche, contrant, relançant, ferraillant, dérapant, lassant… exposant leur vacuité, leur envie d’exister. Comme l’actualité était féconde je me laissais aller dans ce jardin d’enfants, ça me reposait, ça me débarrassait des scories du jour, me redonnait envie d’écrire. C’était mon terreau. Mes vieux complices me bombardaient de sms à propos de notre Grand Guéant. Ils bichaient les drôles, se gondolaient et moi je ne pouvais m’empêcher de penser « Et plus dure sera la chute » de l’orgueilleux qui, sous ses faux airs modestes de Grand Serviteur de l’Etat. Je l’imaginais se passant en boucle, comme thérapie, The Harder They Fall,  le film américain de Mark Robson, pour supporter son lâchage par ceux qui l’ont tant craint. En première ligne la Boutin, l’inqualifiable Boutin, l’ignoble, la stupide Boutin qui se vautrait dans ses abjects tweets avec bien moins de grâce qu’une bonne vieille truie : Christine Boutin        ✔ @christineboutin « pour ressembler aux hommes ? Rire ! si ce n'était triste à pleurer ! » osait-elle après l'annonce par Angelina Jolie de sa double mastectomie. Par bonheur la veille lui flanquait sur son groin @christineboutin et une ablation du cerveau vous y avez pensé.


C’est le fric tiré de la rançon de l’armateur Costa, enlevé à Gênes à l’automne 1977, plus d’un milliard de lires, qui a permis aux BR de monter l’enlèvement d’Aldo Moro et de le loger au 8 via Montalcini tout au long de sa « détention » du 16 mars au 9 mai. Pas facile, avec la pénurie d’appartements,  de trouver des planques à Rome, et même si la règle de base de la clandestinité consiste à changer de planque avec une certaine régularité, les BR gardèrent leur premier point de chute dans la capitale, le 96 via Gradoli, jusqu’à l’arrestation de Moretti. Régulièrement les flics investissaient les planques mais celle-ci, que Moretti avait louée sous la fausse identité d’ingénieur Borghi venu de Gênes, échappa à la règle. Bien évidemment aucune mention de cette adresse ne figurait sur les papiers d’identité avec lesquels se baladait Mario Moretti ce qui évitait, lors des contrôles, de mettre la puce à l’oreille de la police. Du côté des propriétaires l’important restait de payer régulièrement le loyer. Pour planquer Moro les BR avait acheté l’appartement du premier étage du 8 via  Montalcini pour y faire les travaux nécessaires. Le choix de cet appartement fut réfléchi. En effet, il fallait que la planque soit dotée d’un garage souterrain où chaque locataire dispose d’un box fermé par un rideau de fer et que celui-ci  ne soit pas trop  éloigné de l’appartement par les escaliers. De plus, il fallait que l’appartement soit assez grand pour pouvoir diminuer l’une des pièces sans que cela saute aux yeux au niveau des proportions.


L’appartement de la via Montalcini répondait à ces critères et convenait parfaitement. Nous étions dans une zone résidentielle de la moyenne bourgeoisie et l’appartement en en L avec un bureau pas très grand qui permettait de dégager un espace le long du mur qui le séparait du salon. Comme j’ai un excellent sens des proportions et l’œil d’un architecte d’intérieur je les ai conseillés pour que l’empiètement sur le bureau ne se remarque pas trop. Des meubles bien disposés et un grand miroir agrandissaient l’espace. C’est Prospero et Moretti qui ont réalisé les travaux en posant des panneaux de placoplâtre et en insonorisant les murs avec du papier peint. Ensuite, nous avons placé une bibliothèque montant jusqu’au plafond le long de la cloison. De l’extérieur c’était totalement invisible ; à l’intérieur c’était l’horreur d’une étroite galerie meublée d’un lit de camp, d’une minuscule table de nuit, d’un WC chimique avec un conduit d’aération pour l’air conditionné. Pour communiquer avec l’extérieur et enregistrer tout ce que Moro pourrait dire, un micro fiché dans le mur. Enfin, pour des raisons de sécurité, nous avions placé des barreaux aux fenêtres car nous étions au premier étage et une terrasse faisait le tour de l’appartement. Un détail d’importance, l’appartement de la via Montalcini avait été acheté par Laura Braghetti, peu connue des services de police, elle était employée dans une entreprise d’import-export donc tout à fait raccord avec ce type de logement. Comme elle était jeune et jolie les BR l’avaient flanqué d’un fiancé officiel, le fameux Altobelli, de son vrai nom Germano Mascari, plombier de son état. Je me dois à la vérité de vous dire que Laura fut ma maîtresse tout au long de son séjour dans l’appartement. C’était une fille formidable qui s’occupait merveilleusement d’une dame très âgée logeant au-dessous. Ce bon prétexte nous permettaient de nous rencontrer sans que les coincés du slip des BR en soit informé. C’était torride !

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Roman
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