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10 février 2013 7 10 /02 /février /2013 07:00

Ma double paternité sur le tard, après m’avoir sidéré, me comblait, l’âge ne semblait pas avoir de prise sur moi et jamais je n’avais déployé une telle activité, tant à la maison, où j’assurais l’intendance, l’élevage des enfants, soit presque tout, palliant ainsi l’absentéisme de Jasmine, absorbée par ses nouvelles fonctions dans les allées du pouvoir, qu’à l’extérieur. Là, j’excellais. Mes réseaux me permettaient d’infiltrer les rouages un peu grippés et surchauffés de mon nouveau parti. L’entrisme, cher aux Troskos, garde encore en nos jours, où le numérique triomphe, la saveur excitante qu’on les vieilles tires d’antan bien carrossées. À l’UMP, en dépit de l’armistice Fipé&Collion, les vieilles haines rancies se déversaient, telle l’urine des vieux pots de chambre au petit matin, sur un terreau déjà bien pourvu en fumier. Pour ne rien vous cacher, tout en évitant de vous en dire trop car je n’ai pas envie d’être démasqué, mes dîners du côté de la place Beauvau en compagnie d’un vieux compère et de jeunes loups du cabinet me ravissait. J’écoutais. Nous buvions bon, Yves chérissait les belles bouteilles. Au cours du premier dîner, les petits loups en costar italien me zieutaient avec le petit air supérieur de ceux qui estiment que les vieux n’ont rien à leur apporter si ce n’est des conseils à la con. Mon j’m’en foutisme affiché, mes chemises ouvertes, mon jean et mes Richelieu antiques, ma capacité d’absorption des beaux nectars, mon coup de fourchette, mes silences ponctués de petites questions d’apparence anodine, érodèrent leur suffisance bien mieux qu’un plaidoyer. Ils m’adoptèrent. La nouvelle de mes intrusions nocturnes au cœur du pouvoir de la Grande Maison s’était répandue et la prosternation des hauts responsables à mon égard était de rigueur. Je disposais de tous les moyens de les contacter dans l’instant et jamais je ne suis tombé sur leur messagerie. Tout baignait, donc. Je commençais à m’ébattre à l’UMP comme un petit gardon dans un bocal de squales un peu déprimés.


La seule qui me semblait vivante c’était NKM surtout depuis que les sondages faisait d’elle le meilleur challenger, à égalité avec le cocker triste, contre Anne Hidalgo. Sans jouer les coquettes, ce qu’elle n’est pas, Nathalie laissait son entourage confirmer que «l’ensemble des consultations qu’a menées Nathalie Kosciusko-Morizet, y compris avec François Fillon, sont un encouragement à présenter sa candidature à la primaire». Bien sûr, l’arrivée de NKM dans le marigot parisien risque fort de ne pas être très prisée des autres challengers, la Dati n’a encore rien dit, les troisièmes couteaux Marie-Claire Carrère-Gée et Pierre-Yves Bournazel, simples conseillers de Paris aussi. Le premier à dégainer fut Jean-François Legaret, le transparent président du groupe UMP au Conseil de Paris, qui avait fait savoir qu’il était «disponible» pour être candidat à la primaire. Au bazooka, dans le Parisien, le disponible a arrosé méchamment de gauche à droite «Ce n’est pas du tout mépriser Anne Hidalgo de dire qu’elle n’a ni la personnalité, ni l’autorité naturelle (du maire de Paris) Bertrand Delanoë. Depuis qu’elle est première adjointe du maire la règle qu’on lui a imposée et qu’elle a acceptée c’est « Sois belle et tais-toi » ! C’est un peu court pour exister. Elle n’est que la voix de son maître et pendant douze ans elle a accepté de jouer les potiches» Un monstre d’élégance ce Legaret qui n'épargne pas non plus sa camarade de parti «NKM, ça vient de sortir, ça ressemble beaucoup à une opération marketing. Le fait de ne pas être parisienne n’est pas vraiment un atout». Vite taclé le goret, pardon Legaret, par un Bernard Debré qui n’aime rien tant que la castagne. Il s'est fendu vendredi après-midi d'une note cinglante sur son blog, sous forme d’une «Lettre ouverte à Jean-François Legaret». «Nous avons voté pour que tu sois président du groupe UMP au Conseil de Paris. Personne n’avait envisagé que tu puisses être candidat à la Mairie de Paris, ou même « disponible » pour l’être. Voici maintenant que tu te sens pousser des ailes et que tu injuries Nathalie Kosciusko-Morizet ! Cette attitude, je te le dis, est inacceptable. Les difficultés que nous avions au sein de l’UMP, il y a quelques mois, ont été dramatiques. N’ajoute pas à ces difficultés les troubles de ton ego.»


 Ambiance donc, Bernard Debré, soutien de Fillon, ne tarit pas d’éloges sur NKM : «Elle a montré sa pugnacité, sa volonté, sa force, son intelligence. Elle est la seule à pouvoir réunir les différentes tendances de notre mouvement en étant largement au-dessus de celles et ceux qui se croient déjà en haut de l’affiche», rejoint par le Copéiste député-maire du XVIe Claude «C’est la meilleure candidate. C’est une femme compétente, très moderne. Ce sera un très beau combat contre la candidate socialiste Anne Hidalgo», affirme-t-il. Pierre Lellouche, député de Paris, même s’il pense qu’elle «va réveiller la droite parisienne» dit ne pas croire «au sauveur venu de l’extérieur». Faux-cul comme toujours il suggère de regarder les candidatures locales des gens qui connaissent parfaitement le terrain». Suivez son regard il cite le nom de son suppléant Jean-François Legaret. Bref, sous les bouquets de fleurs les couteaux s’aiguisent. La Dati, qualifiée par Coffe de « casse-couilles », a déjà fort à faire dans le VIIe car un candidat UMP, ex-maire-adjoint, a annoncé sur son site internet, jaimele7eme.com  « Il est temps de fermer une parenthèse qui nous a été imposée sans permettre aux électeurs d'avoir un véritable choix ». Fine allusion aux pratiques du père Sarko qui l’avait fait l'investir en 2008 alors qu’elle était à l'époque garde des Sceaux.  Copé a jappé, a menacé d’exclusion le manant qui lui a rétorqué qu’il irait jusqu’au bout. Rachida ferait bien de se méfier, les grands bourgeois du VIIe risquent d’en profiter pour lui signifier qu’elle ferait bien de s’occuper de sa progéniture et de lui trouver un père d’une manière convenable. Tout ça m’émoustille. Signe du destin, alors que je prenais un verre en fin de journée sur la terrasse du café de la place du Palais Bourbon, NKM était placée dans ma ligne de mire.

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Roman
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