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10 juin 2012 7 10 /06 /juin /2012 07:00

J’étais administrativement veuf, et sauf à entrer dans la clandestinité comme les fous furieux  des BR, il me fallait donner le change à mes chers  collègues italiens. Aller à la morgue, sans préparer le terrain, voir sa femme étiquetée terroriste, et c’était une réalité physique puisqu’une étiquette pendait attachée au gros doigt de pied de Chloé, c’était courir au-devant des pires emmerdements. Lorsque j’appris la nouvelle, très vite, je savais que les enquêteurs ignoraient tout de moi mais s’ils faisaient bien leur boulot ils remonteraient vite jusqu’à moi sans pour autant me localiser dans Rome. Il me fallait les prendre de vitesse et ce pour deux raisons, ma tranquillité future bien sûr, mais surtout je voulais me venger. Les écrabouiller ! Il fallait donc que je puisse repérer les responsables de l’assassinat de Chloé. Je déclenchai donc les grandes orgues en alertant mes chefs de la grande maison. Ma requête fut accueillie avec des hauts cris. « Je n’avais qu’à me démerder… » Alors je sorti les armes lourdes, les orgues de Staline pour que mon pilonnage remonte jusqu’au plus haut niveau  de l’Etat. La mère de Chloé, en dépit de sa réelle douleur, fut pour moi une alliée de choix auprès de l’entourage du Président Pompe. Le petit fouteur de merde que j’étais fut donc convoqué à l’ambassade, reçu par l’ambassadeur lui-même qui, après un round d’observation courtois, me fit savoir en mots choisis mais lourds, qu’il allait faire le nécessaire auprès des autorités italiennes mais que cette histoire d’infiltration des Brigades Rouges par un policier français ne tenait pas debout. Que c’était saper le prestige de la France. Que j’étais…


-         Vous ignorez sans doute, monsieur l’ambassadeur de France, que j’ai été le conseiller écouté d’Albin Chalandon et que j’ai été  un des grands pourvoyeurs de fonds pour l’UDR…


L’homme perdait de sa superbe, fronçait les sourcils, se levait  de  derrière son imposant bureau, alors qu’il m’avait accueilli sans bouger le cul de son fauteuil, le contournait tout en tirant sur ses poignets mousquetaires puis, en joignant les mains, et venait s’assoir dans le fauteuil visiteur placé à côté du mien. En bon diplomate il pensait m’amadouer en rectifiant par petites touches ses propos inappropriés comme les relations de certains grands de ce monde. Je le laissais s’avancer, patauger s’enferrer sans mot dire avant de me lancer moi-même dans un discours onctueux tel un chanoine cherchant les faveurs d’une adolescente gironde. Loin de lui tenir rigueur de son accueil désinvolte, de ses propos peu amènes, je le félicitais de sa méthode que je qualifiais d’efficace pour tester son interlocuteur. J’appréciais, lui dis-je, qu’il ne se soit pas laissé aller à la flagornerie eu égard à mes appuis. En me présentant comme un homme d’influence, j’endossais un statut qui lui allait mieux que celui du petit flic minable qu’il faut tirer de la panade. Ce que je recherchais par cette manœuvre pas très subtile, mais qui se révéla efficace, c’est que ce cher homme fasse jouer ses relations mondaines plutôt que d’user des voies officielles. Il me retint à déjeuner. Le premier secrétaire et l’attaché militaire étaient présents ce qui me permit de briller en étalant ma parfaite connaissance des mouvements révolutionnaires. Je venais de gagner la première manche.


Alors que j’en terminais de mon labeur quotidien Jasmine faisait irruption dans mon bureau et agitait devant mon nez un article du Monde qu’elle venait d’imprimer. « Lis-moi ça mon amour, je suis que ça va te plaire… elles sont géniales les deux nanas : Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin»


(...) Nicolas Sarkozy sait depuis longtemps que Dominique est un séducteur. Lui-même ne dédaigne pas les tentations qu'offre le pouvoir. Mais il est étonné de ses manières expéditives, de cette façon qu'il a de ne prendre aucun détour pour s'attacher les faveurs d'une femme tout juste rencontrée. Une chose l'intrigue encore davantage : son imprudence, voire son étrange goût du risque. Il l'a compris d'emblée : lorsqu'il s'agit de femmes, même la politique n'a plus d'importance pour Dominique.

 

Il se souvient encore de ce premier débat télévisé qui les a opposés à quelques mois de la présidentielle de 1995. Derrière Nicolas Sarkozy, la jeune attachée de presse blonde du maire de Neuilly s'était assise juste dans le champ de vision de DSK. Pendant toute la durée de leurs échanges, Strauss-Kahn a répondu à Sarkozy en la fixant dans les yeux. Les mois suivants, alors qu'elle travaillait pour la campagne d'Edouard Balladur, la jeune fille a reçu des dizaines de textos insistants. Au siège de la campagne, la garde rapprochée de Sarkozy entend encore les rires qui s'échangeaient à chacun de ces SMS compulsifs.


Autant dire qu'il le connaît, ce Français qu'il envoie à Washington ! Et mieux encore depuis qu'il est passé par le ministère de l'intérieur, où il a pris l'habitude de marcher comme un flic, épaules rentrées, mâchoires fermées, de parler, de rire et d'applaudir aux mêmes blagues salaces que les policiers. Quel meilleur endroit que la place Beauvau pour se lancer dans une course électorale ? De ses adversaires, en effet, on voit tout, on sait tout. Pas un rapport qui reste dans l'ombre, pas une note blanche ou bleue qui vous échappe.


Au cabinet de Sarkozy, on sait donc que, lorsqu'il se rend aux Chandelles link, un club libertin au centre de Paris, DSK abandonne sa voiture à quelques mètres, au rond-point, plutôt que de se garer dans la rue Thérèse, trop étroite. Qu'il ne se cache pas pour se rendre à l'Overside link, cet autre club échangiste de la rue du Cherche-Midi. On connaît aussi des affaires plus ennuyeuses, survenues au bois de Boulogne, au cœur du 16e arrondissement, dans les circonscriptions tenues par deux élus UMP, Pierre-Christian Taittinger et Bernard Debré.


Mais voilà qu'à l'hiver 2006-2007, c'est un deuxième incident, plus grave, qui est remonté jusqu'à la place Beauvau. Un policier est tombé, dans la nuit, sur plusieurs voitures arrêtées, non pas au bord mais au milieu de la chaussée, dans une des allées du bois. Si on en croit la buée qui voile les vitres, les occupants sont nombreux. Le policier tape à la fenêtre de l'une des voitures, une portière s'ouvre. Parmi les occupants, Dominique Strauss-Kahn. Y a-t-il eu une note écrite détruite plus tard à la broyeuse ? Un simple récit a-t-il suffi ? Une chose est sûre : lorsqu’Alain Gardère - patron de la sécurité publique parisienne - (...) retrace le récit devant le ministre et son directeur de cabinet, Claude Guéant, Sarkozy rit à gorge déployée, sans pouvoir s'arrêter (...).


- Lorsqu'il le reçoit avant son départ au FMI, à l'été 2007 -, le président n'aborde évidemment pas " l'affaire " secrète qui l'avait tant fait rire quelques mois plus tôt. Alors que la nomination de DSK au FMI semblait bien engagée, Nicolas Sarkozy a d'ailleurs renouvelé ses consignes de silence à Guéant, Gardère et au nouveau préfet de police de Paris, Michel Gaudin : " Il va sans doute avoir le FMI. On garde ça pour nous, hein ? " Loin d'accabler le socialiste, il choisit de protéger sa réputation.

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Roman
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