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18 septembre 2011 7 18 /09 /septembre /2011 02:00

En cette fin d’été 1971, la situation politique intérieure ne laisse pas d’être inquiétante, les scandales de la Garantie Foncière et du Patrimoine foncier ont fait apparaître des compromissions de certains membres de l’UDR, certes de rang modeste, dans des affaires financières plus que douteuses. Le bon peuple de France a toujours fermé les yeux sur les affaires de cul de ses dirigeants mais le mur de l’argent, les 200 familles, les profiteurs publics, les prébendiers ça l’énerve. Que Mitterrand, qui venait  de faire main basse sur le nouveau Parti Socialiste au Congrès d’Epinay avec la complicité du vieux droitier Gastounet et du futur Che le cryptocommuniste, attaquât le parti du Président Pompe, passe encore, mais quand ce sont ses propres alliés, les Républicains Indépendants, qui, par l’entremise d’une interview de Michel Poniatowski à l’hebdomadaire Les Informations, en qualifiant les dirigeants gaullistes et certains milieux d’affaires de « copains et de coquins », le torchon brûle. Le député Rives-Henry s’accroche à son siège de député, il ne sera exclu qu’en novembre et démis de son mandat qu’en mai 1972. Le climat  se tend encore plus lorsqu’on apprend le 18 novembre qu’Edouard Dega, inculpé pour fraude fiscale, était le frère de Georges Dega, ils sont tous deux fonctionnaires des Finances, naguère membre du cabinet de Chaban lorsqu’il était Président de l’Assemblée. Au tout début de 1972 c’est le coup de grâce pour le maire de Bordeaux : le 19 janvier, le Canard Enchaîné publie la feuille d’impôt de celui-ci, d’où il ressort que par le biais du système de l’avoir fiscal, le second personnage de l’Etat n’a pas payé un  centime au fisc de 1966 à 1969. La campagne de presse se déchaîne avec à sa tête l’Express de JJSS qui aligne les dossiers chauds dont celui du groupe Hachette. Le sabreur Chirac est lui-même touché à propos de l’acquisition de son château corrézien de Bity.

 

La tempête intérieure, certes préoccupante, ressemblait bien plus, face au désordre monétaire mondial provoqué par l’annonce, le 15 août 1971, de la non-convertibilité du dollar, à une tempête dans un verre d’eau. Ce fut un vrai coup de tonnerre qui avait glacé d’horreur les dirigeants politiques européens. Pour l’expert, Jean Denizet, ce fut « parmi les dates historiques les plus importantes non seulement de l’après-guerre, mais de l’histoire économique de l’humanité. » Victoire du secrétaire d’Etat au Trésor John Connolly, le démocrate texan, ancien gouverneur de cet Etat, blessé grièvement en 1963 lors de l’attentat de Dallas qui avait coûté la vie à Kennedy, sur l’ondoyant Henry Kissinger et des hommes comme Georges Schultz et Paul  Volker. Les USA, très clairement ne voulaient plus faire de cadeaux à la vieille Europe. Le madré Pompidou sentit tout le parti qu’il pouvait tirer de cette situation. Pour lui, Nixon n’est pas un médiocre, ni un réactionnaire, mais un réaliste. Il confiera à André Fontaine du Monde « A tout prendre je préfère les réalistes aux hommes de gauche à la Roosevelt, prisonniers d’une idéologie. Nixon, lui, n’aurait pas fait Yalta. ». En novembre, les contacts patiemment tissés par Michel Jobert portent leurs fruits : le 24, il est annoncé que le Président français et Nixon se rencontreront aux Açores, les 13 et 14 décembre.

 

J’étais du voyage en tant que flic des VO. La Grande Maison, toute heureuse de glisser l’un des siens dans les bagages du Président Pompe avait fait le nécessaire pour, avec la bénédiction du Secrétariat Général de l’Elysée où la très chère de Chloé gardait toutes ses entrées. Ce qui me fascinait dans la situation qui m’était faite c’est que je bénéficiais de l’exécration  que se vouaient les services entre eux, tant dans mon Ministère de rattachement : l’Intérieur, qu’entre les Affaires Etrangères, si conservatrices, la DGSE totalement à l’Ouest, Matignon hors-jeu sur le domaine réservé, l’Elysée où les deux éminences grises : la Garaud et le Juillet, tout occupés à se chamailler avec Chaban et sa bande de réformateurs, dont Jacques Delors, laissaient à Jobert les coudées franches. Qu’allais-je faire aux Açores me direz-vous ? Tout simplement faire pipi sur le territoire de mes grands amis de Langley. Imaginez-vous leurs tronches lorsqu’ils ont découvert dans les accréditations la mienne. Avec eux il faut savoir montrer ses biscotos pour gagner leur respect.

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Roman
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