Dimanche 8 juillet 2012 7 08 /07 /Juil /2012 07:00

Depuis quelques jours j’ai un nouveau QG : le café de la place du Palais Bourbon tout au bout de la rue de Bourgogne. Je m’y rends à tout bout de champ, dès qu’une lichette de soleil se pointe, comme la terrasse est bien exposée j’y lézarde en sirotant du café. La faune des députés et du petit monde qui tourne autour c’est un peu renouvelée, rajeunie, mais reste toujours les vieux crabes et surtout les blondasses, pouffiasses qui adorent le pantalon de cuir et la quincaillerie d’or jaune. La grande nouveauté aussi c’est le suréquipement en Smartphones et autres tablettes : les faux ongles carminés, autres prothèses des pétasses, tapotent avec une frénésie inégalée : elles tweetent dans l’espoir d’accrocher la lumière de la notoriété. Du côté des barbons, plus conservateurs, la permanente avec régécolor pelure d’oignon  reste très bien portée. Je me régale, sauf que mercredi dernier après-midi, Philippe Martin, le connétable du Gers m’a adressé un grand bonjour, m’aurait-il vraiment reconnu ou n’était-ce qu’un salut préventif lancé en direction d’une tête nouvelle qui pourrait être pour ce cher ambitieux, ex-chef de cabinet de Charasse, ex-préfet du Gers, qui enrage un peu de voir autour du PNR toute cette palanquée de jeunes et de jeunettes devenue Ministre. J’ai arboré un grand sourire qui a fait à Jasmine, pour une fois en ma compagnie : « c’est qui ce vieux minet ? »


Toute cette agitation, outre qu’elle me replonge dans la politique comme un vieux poisson rouge retrouvant son aquarium, me redonne envie d’écrire. Je prends des notes, à nouveau. Reste que la plus belle apparition de la semaine fut l’irruption de la Roselyne Bachelot dans ma nouvelle tanière.  Svelte, la démarche chaloupée, moulée dans un pantalon bleu marine, maquillage ultrasophistiqué, bouche pulpeuse de poisson nommé Wanda apte à une succion efficace et prolongée, sûre de son effet, l’ex Paganini de la vaccination H5N1, sans était allé se réfugier dans la fraîcheur de la salle pour siroter un lait fraise. Quand je suis descendu pisser j’ai balancé lui demander de m’accompagner vu le regard qu’elle m’a jeté au passage. Ça sentait le besoin de rattrapage. 20 kg de moins ça doit laisser quelques traces me suis-je dit et je n’ai pas sorti le moindre sourire en réponse à la goulue. Quand j’ai osé dire ça  à la Jasmine j’ai eu droit à un « fais-ça et je lui arrache ses prothèses mammaires…. » Je me suis donc contenté de lire Voici chez ma coiffeuse. Lors d’un check-up à l’Hôpital Européen George Pompidou, un éminent professeur l’a mise en garde : « Vous êtes à la croisée des chemins », lui a-t-il confié. « Les politiques ont des modes de vie toxiques. On enchaîne parfois deux à trois petits déjeuners de travail », explique-t-elle à l’hebdomadaire. Et pas facile dans de telles conditions de se contenter d’un thé vert sans sucre et de dire non aux viennoiseries qui vous font de l’œil sur la table. Pareil au cours des réceptions ou des dîners en ville. « On ne nous sert pas deux dés de jambon et de l’eau claire », assure la ministre. Alors Roselyne a décidé de se reprendre en main : « J’ai changé complètement mon mode de vie. Je ne suis aucun des régimes qui font actuellement la une des magazines. J’ai simplement réduit les portions et j’évite le sucre et le gras. Et surtout, je mange de tout, sinon il n’y a pas de vie sociale possible et vous vivez dans la frustration. Je bois beaucoup d’eau et de thé vert et je fais deux à trois fois par semaine des exercices de gym et de stretching avec une coach formidable »


C’est ça la Roselyne, comme le PNR t’as maigri sans le moindre effort, t’as fondu comme neige au soleil. T’as du en baver cocotte et c’est sans doute pour ça que ton pote Guaino, l’homme-plume du nain à talonnettes, qui se prend pour un génie des carpettes, à propos de ton livre assassin, lorsqu’on lui a demandé ce qu’il ferait s’il se réincarnait en Roselyne Bachelot, a lâché un scud de la dernière vulgarité machiste : »je me suicide ! » Que d’amour entre vous, et dire que vous raillez les socialistes avec leur roi du pédalo : Flamby. C’était plus goûteux ! Mais le meilleur restait à venir : l’annonce de la répudiation de DSK par Anne Sinclair. Viré le gros qui louche ! Le Nouvel-Obs., qui adore le cul n’y va pas à la louche, brûlants ses idoles d’hier : »En revanche, pour DSK et Anne Sinclair, c’est moins évident : il y a un je-ne-sais-quoi de salissant dans cette histoire. Et autant il est facile de conserver une illusion de dignité quand on joue les voyeurs en se régalant des détails sordides d’un divorce de stars, autant l’étalage un peu crado des dessous d’une affaire impliquant les mots "agression sexuelle" et "proxénétisme" peut donner l’impression de se salir les mains si on suit ça de trop près.


Sinclair et DSK, dans la catégorie "saga people de l'été", font donc figure d'outsiders à la traîne.


Pourtant, on aurait tort de sous-estimer le potentiel explosif du duo. Certes, ce ne sont pas des perdreaux de l’année et on ne peut pas dire que tomber (par hasard bien sûr, toujours par hasard) sur une photo de DSK dans un magazine people, ça vende vraiment du rêve. Difficile, en outre, de broder sur le thème du « séducteur », devenu invendable sauf pour quelques irréductibles, et impossible d’embrayer sur une hypothétique romance avec une poule quelconque. Il faut voir les choses en face : sur le marché du sexe consentant et non tarifé, DSK est grillé.


Anne Sinclair, en revanche, se défend plutôt bien, surtout depuis qu’elle s’est débarrassée de son encombrante étiquette sacrificielle. Prendre la direction du Huffington Post l’a joliment remise en selle et lui a permis de rappeler, pile au bon moment, qu’avant d’être le symbole de l’épouse dévouée, elle était aussi journaliste. Ok, vu comme ça, ce n’est pas super vendeur, mais c’est une base solide.


Mais au-delà même des protagonistes, c’est le contexte qui confère au couple DSK-Sinclair une véritable étoffe de héros people. Oui, malgré le fauteuil roulant de papy Strauss-Kahn, et malgré la discrétion d’Anne Sinclair depuis leur séparation, l’autopsie de ce mariage a largement de quoi rivaliser avec les pleurnicheries des Paradepp ou les règlements de compte des TomKat.


Et Christophe Carron, rédac chef adjoint du magazine Voici, nous le confirme : « Un homme malade de ses perversions sexuelles et une femme amoureuse, longtemps victime du syndrome de Stockholm » fournissent les ingrédients idéaux pour un bon feuilleton people, explique-t-il. Il précise d’ailleurs que chez « Voici », DSK-Sinclair, ça « marche toujours très fort ».


Jasmine me lit à haute voix la chute « Oui, dans cet univers de botox et de mariages à la dérive, la meilleure soupe du people se fait encore dans les vieux pots. Il n’y a donc plus qu’à prier pour que le couple DSK-Sinclair soit soluble dans la presse à scandales. On y croit : ils ont été beaux, elle est toujours riche, il est publiquement détruit, elle est populaire et, avec un peu de bol, elle le déteste. Si l'été tient ses promesses, c'est sur les décombres de ce mariage-là que danseront les tabloïds. Croisons les doigts, vautours que nous sommes. » et sur la terrasse du café du Palais Bourbon les pouffes en mules retenaient leur souffle.

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Retour à l'accueil

Articles récents

Liste complète

Derniers Commentaires

Archives

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés