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3 octobre 2010 7 03 /10 /octobre /2010 02:09

-         Pourquoi veux-tu me jeter entre les cuisses de ce glaçon ?

-         Nécessité de service mon beau légionnaire !

-         N’importe quoi mante religieuse, tu me pousses vers une rivale potentielle pour mieux la neutraliser...

-         Elle te plaît sale gosse ?

-         Non !

-         Menteur !

-         Faux, mais je te concède que la dégeler me procurerait un réel plaisir...

-         Alors baise-là comme une chienne, humilie-là, fais-moi ce plaisir !

-         Comme tu y vas ma belle. C’est de la rage. Un bémol tout de même à ta furia : si j’en suis tu en es !

-         Tu places la barre un peu haut mon grand...

-         Non ma belle je pense que c’est une lesbienne refoulée et nous allons lui administrer une thérapie de choc...

-         Je crois que son psy ne va pas s’en remettre.

-         Banco, je l’invite illico !

 

Nous ne pûmes mettre notre projet à exécution car Eva, après avoir accepté de dîner avec moi et m’avoir rejoins au bar du Windsor Palace, du se retirer précipitamment alors que nous en étions au dessert suite à un appel de l’ambassade. Elle devait rentrer d’urgence à Washington pour une raison qu’elle se garda bien de me préciser. Dire que ce fut un regret serait exagéré mais la banquise manifestement ne demandait qu’à fondre. D’ailleurs elle avait entamé un beau dégel dès son arrivée lorsqu’elle s’était hissée sur le tabouret du bar, son croisement de jambes dans l’étroit tube de sa jupe fendue faisait grimper d’un paquet de degrés mon excitation. Pour autant elle gardait ses distances, s’en tenait à des propos convenus, ingurgitait son champagne par petites lampées avec des airs de suffragette. Je me gardais bien de la brusquer. Dans la salle du restaurant elle retirait son caraco de soie noire laissant apparaître des épaules puissantes et une poitrine dure et ferme. En m’asseyant face à elle je me disais « Comment vais-je l’amener à accepter ma proposition indécente ? »  et je lui souriais d’un air que je voulais avenant. Mon sourire se figea très vite car, à peine avions nous commandé, je sentais la pointe de son pied déchaussé s’immiscer dans mon entrecuisses pour entreprendre un massage en règle. Sans sourciller je la laissais faire tout en lui faisant des compliments sur sa coiffure. Sa réponse me fit avaler de travers mon Corton Charlemagne « Cessez, comme vous le dites vous les français, votre marivaudage, c’est mon cul qui vous intéresse. Donnant-donnant, moi c’est ce que vous avez entre les cuisses qui m’intéresse. Au premier contact vous me semblez bien appareillé. Comme pour les cigares j’aime les gros modules... » La suite fut du même tonneau, la Harriman s’offrait un goûteux amuse-bouche avec un satané petit freenchie.

 

Ce qui suivi cette déclaration sans équivoque est resté un secret absolu depuis cette époque, je n’en ai jamais parlé à qui que ce soit, et bien sûr jamais à Chloé. Rompre ce silence de plus de 30 ans ce serait porter atteinte à la réputation d’Eva Harriman devenue par la suite l’épouse légitime d’un sénateur du Kansas qui a occupé un poste de Secrétaire au Département d’Etat sous Bush Jr. Je plaisante à peine lorsque j’écris ces lignes car si je me lançais dans la description de ce qu’elle exigea de moi vous porterait à croire que je profite de mon privilège d’auteur pour vous conter des fariboles à haute teneur en exploits sexuels. En tout et pour tout quinze petites minutes de ma vie qui me parurent une éternité, non qu’elles fussent désagréables, bien au contraire, mais parce que j’ignorais jusqu’où l’accomplissement des fantasmes de l’insatiable Eva allait me mener. Dans ce genre de situation, et qui plus est dans un lieu public, en l’occurrence un ascenseur, plus précisément un monte-charge, ce qui s’avère très stressant c’est pour les mecs le ridicule du pantalon sur les chevilles, alors que pour ces dames une jupe relevée et une petite culotte escamotée relève de la plus pure esthétique. Eva Harriman ajoutait à ce tableau déjà trash l’exigence que je la délestasse de son bustier. La splendeur de sa poitrine ferme, loin des canons actuels de dureté silicone figé, aimantait mes mains et me précipitait dans un abandon indigne de mon statut de mâle dominant. Je perdis une bataille en gagnant la guerre qu’elle m’avait déclarée.

 

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Roman
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Antonin Iommi-A. 03/10/2010 10:48



Votre texte, relayé sur Twitter (où vous devriez faire un saut) a inspiré Iris du Domaine Lisson : http://twitpic.com/2u9f5p



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