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4 avril 2010 7 04 /04 /avril /2010 02:09

En relisant mes pages, Jasmine me faisait remarquer que pour sa génération « le Mur de Berlin », la guerre froide, la guerre du Vietnam c’était quasiment de la préhistoire tellement ça lui semblait loin et surtout complètement hors du temps, comme si ça n’avait été qu’une parenthèse dans l’Histoire. Je lui faisais remarquer que pour les intéressés, les peuples sous la botte soviétique, cette petite parenthèse avait quand même durée un peu plus de 40 ans. Jasmine se marrait parce qu’elle venait de lire dans le journal local qu’après son élection comme président de l’Assemblée de Corse, le communiste Dominique Bucchini, avait sabré le champagne avec ses alliés nationalistes au son des chœurs de l’Armée Rouge. Je lui plaçait ma réplique favorite « stalinien un jour, stalinien toujours » tout en reconnaissant aux communistes corses le mérite de la constance et d’une certaine forme de clarté dans un paysage où les lignes entre les camps et les clans étaient brouillées et facilement franchissables dans les deux sens. Matthias, notre fils, venait de percer sa première dent avec une vaillance et un stoïcisme qui faisaient l’admiration de sa mère. Moi, vu mon âge, je virais au gâtisme absolu avec cet enfant qui s’offrait à la vie tout sourire dehors.

 

Toujours un peu vieux pédago gauchiste je rappelais à la jeune maman que contrairement aux versions officielles que les bonnes âmes nous servent aujourd’hui, les allemands de l’Ouest, ceux de Bonn la petite capitale de la RFA, n’aimaient guère les Berlinois de l’Ouest. Deux années avant la chute du mur, la vitrine la plus avancée de l’Occident libre, le petit joyau enfoncé dans le cul des pays du Pacte de Varsovie, et plus concrètement dans celui de l’autre Allemagne dite Démocratique, coûtait aux contribuables ouest-allemands la bagatelle de 22 milliards de deutschemarks, soit comme l’écrivait un de ces économistes adepte de la formule qui frappe les esprits « 41 857 marks à la minute ». Berlin-Ouest relevait pour beaucoup de la danseuse coûteuse et, chaque fois qu’ils postaient une lettre, le timbre de solidarité obligatoire du Notopfer Berlin – 10% de sacrifice pour la détresse – ça leur laissait, de 1948 à 1956, un goût amer sur la langue. Bien sûr, l’image humble et courageuse, du bourgmestre Willy Brandt qui saura par des gestes symboliques, lors de la répression sanglante par les russes de l’insurrection hongroise en 1956, où  il prit la tête dizaine de milliers de jeunes manifestants se mettant en route vers la porte de Brandebourg au cri de « Russes dehors ! » ou lors de son agenouillement en 1970 devant le mémorial du ghetto juif de Varsovie, masquer toutes ces petites mesquineries petite bourgeoise.

 

Pour en revenir à nos petits jeux du Berlin des années 70, qui peuvent prêter à sourire en ce début du XXIe siècle, où par-delà les effets d’intoxication du camp de ceux qui justifiaient l’enfermement, donc l’asservissement de leurs populations à un régime policier et bureaucratique, par la résistance à une autre mainmise : celle de l’impérialisme américain, choisir son camp relevait d’un vrai courage. S’en tenir au discours bêlant des pacifistes « plutôt rouge que mort » ou à celui des partisans de la lutte armée des FAR débouchant sur le vide et la violence aveugle, c’était se donner bonne conscience. Chloé et moi, nous avions choisi de nous situer à la lisière mais d’en être, de nous plonger les mains dans la merde même si les éclaboussures nous transformaient en « traîtres à la cause des peuples opprimés ». La responsabilité des communistes occidentaux et de leurs compagnons de route, dans ce partage stupide en deux camps irréductibles, est entière. Qu’ils viennent aujourd’hui, surtout en France, se recycler en derniers défenseurs des opprimés me glace et m’énerve à la fois. L’Opération Rouge Gorge, même si elle était foireuse, relevait du seul vrai combat, celui qui permettait d’entretenir la flamme dans les têtes de ceux qui ne voulaient ni fuir la RDA, ni se coucher ou coucher avec les séides de la Stasi. Pourrir la vie des hiérarques calcifiés d’en face et foutre la merde chez les allumés des FAR, même avec le fric et la logistique des services américains, c’était inconfortable mais fichtrement plus utile que les soit disant engagements de Sartre et des frelons de la GP.

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Roman
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verpoorten 06/04/2010 08:58



concernant "Vino" , c'est Vino Magazine  /  Vino Press.  Contactez par courriel leur


coorespondant en France  et ce , de ma part:  bernard.sirot@orange.fr . D'ailleur, il est connu comme le loup blanc de beaucoup de viticulteurs.


                  Jacques Verpoorten


 


 



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