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18 juillet 2010 7 18 /07 /juillet /2010 02:09

Après une bonne heure d’escale, lorsque nous remontâmes dans l’appareil l’une des hôtesses, avec une prévenance et un large sourire qui nous étonnaient, nous pris en charge pour nous conduire tout au fond de l’appareil où, derrière une cloison, une cabine de 4 sièges couchettes était aménagée. « À qui devons-nous ce luxe ? » Elle me répondait en nous tendant des couvertures « Au commandant monsieur...» Sa réponse, bien évidemment, ne me surprenait guère mais la soudaine sollicitude du chef de bord continuait de m’intriguer. L’hôtesse très à l’aise – nous la sentions heureuse,  pour elle refaire des gestes, qu’elle avait du faire des milliers de fois en Première Classe au temps où elle servait dans une grande compagnie, lui redonnait un peu de sa dignité perdue – déposait sur nos fauteuils un nécessaire de toilette et des masques oculaires. Je réattaquais « Mais pourquoi maintenant ? » Son sourire s’élargissait, ce qui donnait à son visage flétri un peu de sa splendeur passée. « Un message radio monsieur... » Pas de doute, ce tordu de Bob Dole avait tout manigancé, premier acte la loi commune afin de nous mettre en condition, nous laisser présager un voyage d’horreur au milieu de la piétaille ; acte deux les privilèges d’une cabine de 1ière. Avant de prendre congé l’hôtesse nous indiquait que nous disposions à la fois de sanitaires personnels, d’un petit réfrigérateur contenant des boissons et qu’elle viendrait une heure avant l’atterrissage nous prévenir et nous porter un petit déjeuner. Nous la remerciâmes avec déférence.

 

Chloé et moi, depuis nos retrouvailles impromptues, n’avions guère eu le temps d’échanger. La touffeur tropicale nous ayant transformé en serpillière nous allâmes nus comme des vers faire nos ablutions dans le cabinet de toilettes. Par je ne sais quel miracle l’eau était fraîche et, contrairement à la réaction ordinaire où le froid provoque une rétraction, le petit zizi sucre d’orge, là je triquais comme un cerf. Chloé s’en réjouissait avec une pointe d’ironie « C’est sans doute pour te faire pardonner ta longue liste d’infidélité mon beau légionnaire. Je sais, tu étais en service commandé. Tu travaillais pour le rayonnement et le prestige de la France. Mais, en bonne italienne que je suis, j’estime qu’il va te falloir te racheter une conduite. Me prouver ta flamme, ton ardeur et surtout, à partir de cette minute, zéro écart. » Elle paraissait aussi sérieuse qu’une mère supérieure, sauf qu’elle était nue. J’adoptais le profil le plus veule du repenti en allant frotter mon ardeur entre ses belles fesses. « Cette pétasse de Jeanne, elle baisait bien ? » Là je sentais que c’était du sérieux Chloé ne jouait pas la comédie, elle sortait ses griffes de tigresse. Plutôt que de me lancer dans un malheureux plaidoyer je me résolvais à la manière forte. Elle se débattait. Je la soulevais pour la déposer sur le lavabo. Mon assaut fut bref mais intense, sauvage, jamais un sexe de femme ne me parut aussi dur, aussi résistant, pour, dans les quelques secondes qui suivirent, se transformer en une onction lubrifiée. Je retins mon éjaculation, la dosais, il me fallait mâter Chloé. Ne pas la lâcher une seconde, je la transportais sur son fauteuil couchette pour attiser son sceptre dressé. Nous traversions une zône de turbulences, pleine de trous d’air, ce qui me donnait un avantage supplémentaire. L’orgasme de Chloé fut cataclysmique. Quand elle revint sur terre, laconique, je lui balançais, « Tu aimes trop les filles ma belle ! » Chloé se contentait de réveiller mon ardeur.

 

Lima quatre du matin, dans le hall de l’aéroport nous croisIons des français qui eux allaient rembarquer : la fine fleur d’intellos de gauche de province pour qui le Nouvel Observateur avait organisé une virée dans le Chili d’Allende. Ils râlaient, même s’ils étaient bronzés, je les sentais crevés, au bord de la crise de nerfs. Chloé ne passait pas inaperçue, surtout auprès des quadragénaires de son sexe, des groupies de Simone de Beauvoir, qui lui arracheraient sans nul doute avec plaisirs ses beaux yeux et tout et tout pour se venger de son insolente beauté. À l’écart une grande bringue qui avait vécu quelque temps avec nous dans notre phalanstère de Berlin-Ouest nous hèlait. Elle revenait de Cuba. Elle nous présentait son compaňero, un petit Colombien taciturne. Autour de Coca tièdes, Ida nous apprenait que celui-ci filait vers le Chili en autocar le lendemain. Sans même consulter Chloé, rien que pour bouleverser le plan de Bob Dole qui prévoyait qu’un de ses agents viendrait nous déposer une voiture à notre hôte je proposait de l'accompagner. Calum notre bolivien de service connaissait un hôtel pas cher du côté de la Plazza de Armas. Bonne pioche, chambre sans fenêtre avec vasistas pour la volée de moustiques goulus, colonie de cafards en procession, lits défoncés, chiottes pestilents, Chloé restait de marbre et, enduit de jus de citron, nous nous endormions en dépit des piqués des escadrilles de buveurs de sang. Le matin tour en ville, des policiers, des petits Indiens, partout, bottés, exhibant de vieux P.M allemands. Au milieu de la Place d’Armes une monstrueuse statue de Francisco Pizarro González, marqués de los Atabillos, François Pizarre en français, l’un des plus fameux conquistadores espagnols venu soumettre l’Empire Inca, mort à Lima, avec son socle des têtes d’Indiens, « SOMOS LIBRES », du n’importe quoi. La garde du palais du général-président était granguignolesque : des petits Indiens en uniformes de lanciers, culotte rouge, veste bleu-roi. Nous échouions enfin dans la grande rue commerçante bordées de vitrines qui se voulaient un échantillon de notre luxe occidental.

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Roman
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