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4 mai 2014 7 04 /05 /mai /2014 07:00

Marre de la politique, Adeline me traîne à l’un de ses déjeuners de copines dans le premier bar gastronomique de desserts à l’assiette, chez Dessance, au 74 rue des Archives dans le 3e.  C’est très bar de filles, je prends la formule « Carte Blanche » 4 desserts et un flacon de vin nature un riesling grand cru Schlossberg d’Albert Mann. Pour Le Fooding.com, la référence de la tribu, c’est « cuisine d’auteur, trop bon, feeling, faim de nuit… » Tout ce qu’apprécie le petit barbon tout rond de Barcelone. Avant d’y aller à vélo, ma tendre et belle m’avait prié, avec amour, de lire la notice :


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« Se gaver de desserts sans se faire taper sur les doigts, on ne voit ça que dans les contes de fées. Ou à Paris, quand un maboul comme Philippe Baranes, le patron du très concept Braisenville, ouvre Dessance, le premier « restaurant de desserts » ! Dans le grand décor bizarroïde de Joseph Grappin, les places de choix sont à l’orchestre, sur la table de granit où Christophe Boucher (ex-chef pâtissier du Grand Véfour et de Ledoyen) compose ses plats végétaux (fruits, baies, légumes, herbes), sucrés (à point), lactés, œuvés, céréalés. Pour n’en rien rater, oser la formule quatre desserts à partager à deux, et pousser jusqu’aux accords vin, bière, thé, jus ou alcool, furieusement bien vus par Boris Bielous. Exemples : fabuleux concentré de poire, crème de cerfeuil racine, sorbet yaourt grec, avec un thé anxi tie guan yin ; betterave (chair et feuilles), airelles, bergamote et nuage de chocolat blanc, avec un jus de griottes ; pommes confite et crue, purée de vitelotte, roquette et granité marjolaine, avec un riesling grand cru Schlossberg d’Albert Mann ; chef-d’œuvre d’omelette norvégienne fumée à la paille et au pain, flambée au scotch, avec un whisky Nikka Yoichi Mizuwari… De quoi sortir, tel Aragon de la bonne aventure, « gai, sans un sou, vaguement gris ». Dessert 19 € (avec mise en bouche et mignardises, 12 € le suivant) et formule quatre desserts 44 €. Jus Milliat 7,50 €, thés Maison des Trois Thés et café Lomi 6 €. // Y.N. »


Le grand sujet de conversation n’est ici, ni l’Ukraine, ni le vote de confiance à l’Assemblée pour Manuel Valls, mais la rupture des amants au scooter. Selon, Gala qui a pour une fois griller la politesse à Closer, duel de Titans « En janvier, quand le magazine Closer se charge de l’outing de sa relation avec le président, de l’avis de ses proches, Julie Gayet prend de plein fouet la violence de cette intrusion au cœur de sa vie. De femme libre, patronne respectée de trois sociétés de production, elle passe au statut moqué de Montespan dont les gens Googelise les images nues avec avidité ». Exit François, l'actrice qui craint que le cinéma la boude, lui fasse « payer ses amours », qu’elle se « Bigardise » comme le gros Bigard soutier de Sarko qui a perdu les ¾ de son public. Julie Gayet, femme de tête, s’est délestée sans état d’âme de son boulet médiatique. Les commentaires fusent. Je mange et je bois mais, lors d’un blanc dans le débat, je glisse « Tiens, lundi dernier j’ai croisé à la première du dernier film de Nossiter Santiago Amigorena… » Soudain j’existe, je suis digne d’intérêt, Claire la meilleure copine d’Adeline moqueuse m’interroge :


-         Qu’est-ce qu’il fichait là avec tes bois sans soif ?


-         C’est lui qui a produit le film…


Marie-Charlotte, qui semble toujours débarquer de la Planète Mars, la bouche en cœur, demandait « C’est qui celui-là ?... taclée sitôt sèchement par Henriette qui, quittant un instant l’écran de son IPhone «  le père de se deux garçons, Tadéo et Ezéchiel... » Gabrielle, entre deux bouchées de gâteaux, faisait remarquer « que dès la fin 2013, elle n’était plus sûre de rien. Certains murmurent que l’histoire qui durait depuis deux ans, s’essoufflait… »


Ayant une légitimité certaine à la suite de mon intervention j’orientais la conversation vers une nouvelle plus consensuelle « Clooney se marie ? » Léger soupir d’Adeline ponctué d’un haussement d’épaule. Toujours très pro de chez pro Henriette précisait «  Oui Clooney va épouser Amal qui est une avocate anglaise de 36 an. Pour l'instant elle n'est que la fiancée officielle de Clooney. Si vous ne le saviez pas, l'éternel célibataire s'est marié une fois, avec l'actrice américaine Talia Balsam, c'était en 1989, et cela duré près de cinq ans. » Souriant je jetais un regard circulaire sur l’assistance attristée avant de descendre encore d’un cran dans le peopolisme « Saviez-vous que pour Dujardin les beuveries c’est fini. Plus de virées entre potes, il s’est racheté une conduite avec Nathalie Péchalat, championne olympique de patinage qui l’a transformé… »



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Bide total, je me tais en me plongeant corps et bien dans le Riesling d’Albert Mann. Je chope des bribes. Ça ronronne. Je balance « Aymeric Caron est un petit con ! »Le silence se fait. Le bel herbivore a des fans dans l’assistance. J’enchaîne brutalement « Oui sur le plateau d’On n’est pas couché ce bellâtre bien connu pour l’épaisseur de ses salmigondis s’en est pris au réalisateur du film « 24 jours », Alexandre Arcady, le film qui retrace l’affaire d’Ilan Halimi, le gang des Barbares. Au cours de cette émission, avec une infinie légèreté, fait un rapprochement pour le moins hasardeux entre le calvaire subi par le jeune Halimi et le sort des enfants palestiniens dans les territoires occupés. Du grand n’importe quoi, du gauchisme de salon, que venait foutre ici la problématique israélo-palestinienne. Comme le note son petit camarade de l’Express, Renaud Reval. « Le dénuement jamais loin de l’absurdité et du néant : Pétrie d’une culture Reader’s Digest, Aymeric Caron, en matière de jugements et d’analyses, nous a souvent habitué à côtoyer les abysses. Mais là, il y plongea la tête la première et le front barré. Et  s’il n’y avait que le front… » Alors que je m’attendais à une belle foire d’empoigne, à un pugilat, la tablée plongeait le nez dans les gâteaux. Pour me racheter une conduite je leur offrais une tournée d’Albert Mann. En rentrant, Adeline ne m’a pas engueulé. Très amoureuse, elle a profité de moi sans vergogne. Je me suis soumis sans mot dire. 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Roman
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patrick axelroud 04/05/2014 07:17


Ce n'est pas le premier illuminé qui prone des conneries en croyant sauver le monde. Quand perdra-ton ce besoin de vouloir interdire aux autres ce qu'on s'interdit à soi même. A propos du petit
con, le Taulier occupé à batifoler au milieu de belles, a peut être loupé, hier soir chez Ardisson ( Bonjour les terriens, bonjour les... - Canal +, en clair ) sa question à l'herbivore à propos
de certaine pratiques sexuelles quand on se revendique végétarien !

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