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16 mars 2014 7 16 /03 /mars /2014 07:00

« Dieu, ce n’est pas possible d’être aussi bête… » se lamentait ma grand-mère lorsque rentrant de la foire, son homme, orgueilleux et têtu, s’échinait à lui expliquer qu’il avait bien vendu ses bœufs à un maquignon alors qu’il avait dû céder en rase campagne faute d’autres propositions. Eux, nos éminences gouvernementales, c’est pire encore, alors que le voile se levait, grâce à cette vieille ordure maurrassienne de Buisson et ses enregistrements clandestins, sur le parfum capiteux qui s’exhalait de la Cour du Prince, des agissements du Prince redevenu simple citoyen,  du petit ragoût peu ragoutant du petit roquet de l’UMP, ils nous offrent un festival de prises de pieds dans le tapis hallucinante digne des Marx Brothers, l’humour en moins. Du pain béni pour escamoter le fond des affaires, « vraiment ils sont bêtes à manger du foin… » me confiait un gaulliste pur sucre dont le père fut ministre du Président Pompe alors que nous déjeunions dans un charmant restaurant du boulevard Garibaldi. C’était pourtant simple, fluide et clair comme de l’eau de roche, de se contenter, avant même la parution du Canard, que bien évidemment le Parquet avait communiqué une analyse succincte du dossier à la Garde des Sceaux, sans que celle-ci soit pour quoi que ce soit dans le déclenchement de la procédure des écoutes et de la suite de l’instruction de l’affaire. Qu’elle se soit tue avant la révélation du palmipède relevait du secret de l’instruction. Au lieu de cela nous avons eu droit à une mauvaise improvisation liée au caractère assez j’m’en foutiste de Christiane Taubira qui, chacun le sait, n’est pas la championne du monde de la lecture des dossiers. Et que dire de notre brave et honnête Premier Ministre qui monte toujours sur le pont trop tard ? Rien de méchant mais à Matignon, la moindre minute d’inattention est fatale. « Oui, en plus son Directeur de cabinet, le bien nommé Chantepy, « c’est  du petit calibre, pestait à ce même repas » un vieux renard de la Mitterrandie.  


Avec Adeline, que j’avais rejointe sur le champ de Mars, nous avons lu avec gourmandise, un superbe article, dans le Monde qui venait de sortir, d’Emeline Cazi et Ariane Chemin sur la famille Buisson. Édifiant !


Assis sur l’herbe, sous un chaud soleil, Adeline et moi nous mettions des passages de l’article en scène.


Moi : « Le fils de Patrick Buisson s'appelle Georges. Ses joues rebondies et sa silhouette dégingandée lui donnent à 37 ans l'air d'un enfant qui doit encore grandir. Georges Buisson porte le prénom de son grand-père, un camelot du roi né en 1910 : de ces jeunes royalistes qui, dans l'entre-deux-guerres, vendaient L'Action française à la sortie de la messe et battaient les pavés de Paris, cannes et nerfs de bœuf à la main, pour en découdre avec les républicains. « Georges, c'est le prénom qu'a tenu à me donner mon père en hommage à mon grand-père qui venait de mourir. Pas simple pour un gamin. »

 

Elle : « Fidélité, perversité ? Alors que chacun, aujourd'hui, cherche à cerner ce conseiller qui, pendant des heures, a osé enregistrer Nicolas Sarkozy à son insu, chaque indice compte. S'il fallait se livrer à une psychanalyse sauvage de Patrick Buisson, c'est peut-être par le baptême de son fils sous l'ombre portée de Maurras et par ce rêve d'une lignée qu'il faudrait commencer. « Sauf que, pour lui, la psychanalyse est une discipline presque diabolique, l'œuvre de Freud qui, comme Marx et tous ces penseurs juifs, ont marqué le XIXe siècle », rappelle Georges Buisson.


Moi : pauvre Carla qui a passé des heures sur le divan ! « … Un début de distance s'est pourtant installé entre eux. Trois ans plus tôt, Georges a décidé de ne pas convier son père à son mariage. Ni à la mairie, à Paris, ni à l'église du village de Madagascar d'où sa femme est originaire. Le choix du fils n'est pas du goût du père. La petite fille née de cette union n'a toujours pas rencontré son grand-père. « J'ai voulu les protéger l'une et l'autre de Patrick Buisson », confie Georges. « Patrick Buisson », c'est ainsi qu'il désigne désormais son père. »


Elle : Dur d’avoir un tel père ! «… Le duo continu pourtant à travailler ensemble. A l'automne 2007, le fils, diplômé d'une école de journalisme, rejoint la chaîne Histoire, propriété du groupe TF1 – dirigé, à l'époque, par Etienne Mougeote, complice de Patrick Buisson. En novembre, le père vient aussi. Dans ses bagages de LCI, une ex-stagiaire devenue journaliste politique. Elle ressemble aux icônes diaphanes du photographe David Hamilton et porte un nom d'héroïne de roman médiéval : Pauline de Préval.


Moi : les grands prédateurs jettent toujours leur dévolu sur les frêles biches« … à LCI, la jeune diplômée de Sciences Po a appris l'art de monter des talk-shows politiques. Elle a aussi sympathisé avec Jean-Sébastien Ferjou, futur cofondateur d'Atlantico, ce site Internet de droite qui a diffusé, le 5 mars, des extraits des fameux « enregistrements Buisson ». « L'un de mes meilleurs amis », dit-elle de lui. Le téléspectateur n'aperçoit jamais les boucles d'or, les yeux bleus et les pommettes rosissantes de cette grande timide, mais pourtant, certains reconnaissent sa patte : Ah, « les débats tordus concoctés méticuleusement par Pauline de Préval ! », écrit alors le chroniqueur Patrick Besson dans Le Figaro.


Elle : baissant le ton de la voix « … Mystérieuse Pauline de Préval… Née dans une famille de tradition militaire. Vive, cultivée. Aimant les messes en latin et les premiers motets de Guillaume de Machaut. Look versaillais un jour, jupe en cuir très Almodovar le lendemain, avec une fleur de lys épinglée sur sa veste. Elle a dressé, dans la revue royaliste Les Epées, le portrait de l'écrivain Jacques Perret, l'auteur du Caporal épinglé, une référence pour les défenseurs du trône et de l'autel. »


Moi : c’est la fusion « … Dans les murs de TF1, le duo qu'elle forme avec son patron intrigue. Buisson, le conseiller d'ordinaire taiseux et taciturne, cet homme si ligoté qui «  n'admire que les morts »– dixit Georges Buisson –, semble comme envoûté par sa jeune responsable éditoriale. « C'est simple, il ne pouvait plus s'en passer », note un témoin. Plusieurs fois par semaine, Patrick Buisson la kidnappe pour aller déjeuner. On les voit partir d'un bon pas, eux devant, Georges derrière. Etranges et dérangeants déjeuners où Patrick Buisson vante à son fils les mille et une vertus de sa collaboratrice. « Pauline est la fille que j'aurais aimé avoir ! Regarde, Georges, comme elle est intelligente. »


Elle : fascination « … Pauline boit ses paroles, même les plus féroces. Elle rend service, portant d'un coup de scooter un document oublié, l'accompagnant à un cocktail ou à une réception. « J'étais jeune, j'ai été fascinée par sa culture et ses analyses non conformistes », dit-elle aujourd'hui. C'est elle aussi qui plonge dans les archives pour l'aider à nourrir 1940-1945, années érotiques, deux tomes publiés en 2008 et 2009 chez Albin Michel. On y comprend que, pour se faire pardonner de s'être jetée comme une fille facile dans les bras de l'Allemagne, la France a tondu les femmes qui avaient aimé des « Boches ».


Moi : ironique « … Un drôle d'ex-voto ouvre cette somme historique. « A Pauline de Préval, vestale héroïque de ces années érotiques dont elle a su entretenir la flamme par gros temps. Ce livre doit beaucoup à ses travaux de recherche, à nos interminables conversations et davantage encore à son mauvais esprit curieux de tout et du reste. »


Elle : la chute de l’idole «… Le fils et l'ex-collaboratrice le jurent l'un et l'autre, ils n'ont pas voulu se venger. Ils ne sont pour rien dans cette affaire d'enregistrements, même s'ils connaissaient tous les deux la manie d'archiver de Patrick Buisson. N'a-t-il pas fait filmer l'enterrement de son frère aîné, il y a quelques mois ? Elle : « Ce n'est pas moi qui ai donné les enregistrements. Je n'ai aucun compte à régler avec lui. Je ne renie pas nos années de collaboration, mais je ne le laisserai pas régler ses comptes à travers moi. Aujourd'hui, je veux seulement qu'il me laisse tranquille. » Lui : « Je n'ai rien donné à la presse, tout simplement parce que je ne les ai pas. »


Moi : goguenard «… Puisque la petite famille Buisson n'a pu régler ses histoires ni dans les boudoirs ni dans les prétoires, ce sera donc la foire », prédit un historien habitué de la chaîne Histoire. Fils et « fille » ont déjà à leur manière pris leurs distances avec le « père ». Lui dans une tribune publiée par Le Point en juin 2013, au contenu un peu abscons mais au titre évocateur : « La religion du père, une histoire de paille et de poutre ». Elle dans un roman « distancé » auquel elle met la dernière main, « quelque chose entre Dostoïevski, John Le Carré et Bernanos », le plus célèbre des camelots du roi. »


Adeline : un monstre !

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Roman
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commentaires

r tomassian 17/03/2014 04:14


Pour le resto les pieds dans le plat me parait de circonstance.

jpglorieux 16/03/2014 22:18


Et faut-y  trouver le nom du fils du ministre ?  P. J . ??


j ai bon m'sieur ??

Roger Feuilly 16/03/2014 09:31


Bon, bah alors là, je me suis régalé... J'ai lu le papier avec la voix de Frédéric Mitterrand, c'était un plaisir indicible, d'une justesse de ton, comme dirait-on, oh la blague, étonnante, et,
vraiment, je ne regrette qu'une chose, c'est de ne pas savoir où le Taulier est allé déjeuner. J'ai bien pensé à un bistrot de longue date, "Le Pot au Feu", mais hélas il est situé boulevard
Pasteur. Alors que, boulevard Garibaldi, jadis il y avait "Les Coteaux", transféré depuis vers Saint-Mandé et, hélas, récemment vendu, un petit sarde comme "Baia Sardina" (qu'est-il devenu ?)
alors que pas loin, rue Letellier, au "Traktir" exerçait un Nicolas (pas celui que vous croyez), au patronyme sibérien, Tchtcherbakoff (oui oui, c'est vrai !), qui nous régalait, dans une maison
de poupée, de zakouski, koulibiac, pirojki, varieniki, pasterma georgien, chachlik et autre vatrouchka. Et, peut-être, est-ce "Fontanarosa", en terrasse, avec ses citronniers et ses plantes
grimpantes, pour tâter d'une cuisine sarde méconnue en la capitale ? Mais il y avait aussi, en d'autres temps, "L'Amaryllis" où l'on ne se privait pas de crème brûlée à la violette, et puis,
j'arrête mon oeuvre d'encyclopédiste du pavé parisien gourmand. Allez, bon appétit et... large soif !

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