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3 août 2014 7 03 /08 /août /2014 07:00

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Les filles sont formidables, mon bel amour en est l’un des plus beaux spécimens. Alors que nous coulions des jours paisibles, entre deux colères du ciel, la voilà qui revient de chez son coiffeur avec une coupe à damner un saint, frange au raz de ses longs sourcils soulignant ses yeux de biches, sapée comme une amazone, pour me déclarer tout de go que pour aider ma belle amie Claire en plein surrégime dans son resto des Canaux elle avait accepté de faire un extra en soirée pour prendre le relais. Donnant le change je la félicitais pour son nouveau look et son nouvel engagement. La mutine, sûre de son effet, faisait comme si de rien n'était mais, connaissant bien mon mode de fonctionnement, elle se préparait à éponger mes excès sentimentaux. Je suis un amoureux permanent qui tombe amoureux à la moindre perturbation, au plus petit signe d’une belle, ici ma belle, alors sans transition je fonds, j’atteins le point d’ébullition, je m’enflamme, me consume comme de l’étoupe. Capable de tout et de n’importe quoi, je suis à la fois proie et prédateur. Lorsque j’atteins le pic il me faut agir, lever la soupape, alors je mets mes mots au service de mon incandescence. C’est ce que je fis, sans emphase, avec tendresse, comme si ma vie en dépendait. Elle en dépendait d’ailleurs ma vie, mes derniers feux, une dernière portion que je voulais belle et elle l’était. Je n’avais rien à donner tout à offrir. Amour radical, définitif, célébration d’un moment exceptionnel, unique, point de non-retour, je la contemplais extatique. « Je t’aime… » Aussi étrange que ça puisse paraître c’était pour moi une première, un aveu si neuf, si spontané que j’en fus le premier étonné.

 

Ainsi je passais mes soirées à lire, face au bassin  de la Villette, sirotant des thés glacés, rien que pour le plaisir de la voir apparaître sur le perron, attirant les regards, irradiant tout de sa beauté simple et lumineuse. Plaisir sans cesse renouvelé, j’étais fier et heureux intégré au paysage, partie intégrante d’un écosystème amoureux où mon bel amour s’épanouissait. Tout le monde l’admirait, moi le premier bien sûr ! Je lisais « Viva la vida ! » de Pino Cacucci.

 

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Frida Kahlo sur Diego Rivera, l’amour de sa vie…

 

« Animal ! Tu as encore son parfum sur toi, crapaud lubrique ! Tu dégages une odeur douceâtre, on dirait du désodorisant pour les chiottes ! Ce devait être une sacrée miss, ta truie de service, pour user d’un parfum aussi ordinaire !  Je préfère mon remugle de cadavre !

 

Tu es vraiment dégoûtant, Diego… Tu es venu jusqu’à New York sous prétexte de m’assister… et tu t’en vas traîner à baiser à droite à gauche comme d’habitude. Entendons-nous : tu l’as fait toute ta vie, tu ne vas certainement pas changer maintenant. Mais au moins quelques jours de trêve, au moins ne viens pas à l’hôpital avec son odeur sur toi, bon Dieu ! Je me sens insultée quand tu vas avec une pute qui ne vaut pas le prix d’un bouquet de fleurs ! Et maintenant, les fleurs, tu me les apportes à moi… tu es pathétique. »

 

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Frida Kahlo à sa sœur préférée Cristina

 

« Et tu disais m’envier… M’envier ? Il ne manquerait plus que ça…Mais regarde-toi : belle, bien portante, pleine de vigueur et mère par-dessus le marché… m’envier moi qui suis un débris (…) j’aurais dû m’en douter.  Quand tu as posé pour lui pour la fresque du Palais national, il t’a peinte avec une telle sensualité… le regard vague, comme si tu venais d’avoir un orgasme… J’aurais dû le comprendre à ce moment-là. C’est comme ça qu’il fait : il peint les femmes comme il les a vues un instant après les avoir fait jouir. »

 

Frida Kahlo toujours à Diego

 

« Tu ne changeras jamais et moi, du reste, de quel droit pourrais-je t’obliger à changer ? On n’aime pas quelqu’un pour ce qu’on voudrait qu’il soit, mais pour ce qu’il est.

Je t’aime parce que je t’estime, Diego. Moi seule sais ce que tu vaux. »

 

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Sa demi-sœur Maria Luisa à son propos

 

« Toi, ils t’ont ramassée dans une poubelle »

 

Frida Kahlo sur elle-même

 

« Mais à quoi me servent des jambes si j’ai des ailes pour voler… »

« Mais à quoi me servent des pieds si j’ai des ailes pour voler… »

 

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« J’ai dans les veines  du sang de juifs hongrois et du sang d’Indiens tarasques, je suis issue du mélange de gens persécutés et dominés, contraints à la fuite et dispersés, je descends de générations de vaincus jamais soumis qui ont tout perdu hormis le bien le plus précieux : la dignité ! »

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Roman
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