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6 avril 2014 7 06 /04 /avril /2014 07:00

Dieu sait si j’en ai connu, dans les palais de la République, de ces soirées de défaites électorales lugubres, sinistres, les petits fours délaissés, le champagne tiède, même la langue de bois ne peut masquer la gueule du même nom. Pour ce dimanche de deuxième tour des municipales la catastrophe était annoncée, même si les états-majors attendent toujours, sans trop y croire, qu’elle ne soit pas aussi sévère que prévue. Étrange ambiance à Paris, du côté de l’Hôtel de ville c’est la victoire d’Anne Hidalgo, joie contenue mais grande satisfaction d’avoir fait mordre la poussière à NKM. Longueurs et Pointes se faisait chambrer par Dupont-Aignan sur Twitter « @dupontaignan Avec cette vague bleue il faut vraiment le faire pour ne pas gagner Paris ! » Pauvre polytechnicienne orgueilleuse et impérieuse qui ne sait même pas compter lorsqu’elle affirmait que sa rivale était « minoritaire en voix sur l'ensemble de la ville, et plus encore dans son propre arrondissement ». Discours affligeant « En politique les mots ont un sens. On ne dit pas qu'on a gagné les élections quand on les a perdues.». Longueurs et Pointes se faisait chambrer par Dupont-Aignan sur Twitter « @dupontaignan Avec cette vague bleue il faut vraiment le faire pour ne pas gagner Paris ! » Pauvre polytechnicienne orgueilleuse et impérieuse qui ne sait même pas compter lorsqu’elle affirmait que sa rivale était « minoritaire en voix sur l'ensemble de la ville, et plus encore dans son propre arrondissement ». Discours dans les palais de la République affligeant « En politique les mots ont un sens. On ne dit pas qu'on a gagné les élections quand on les a perdues. » Sur la même rive, à quelques pas du palais présidentiel, ambiance studieuse, loin de ces petites polémiques minables, Adeline et moi, dès le début de la soirée électorale, étions là où il fallait être, dans le saint des saints où, pour nous, il ne faisait aucun doute que la cuisante défaite du PS ouvrait grande les portes de l’hôtel de Matignon au locataire de la place Beauvau. Je n’irai pas au-delà dans mes confidences, la machine de guerre, bien huilée, était sur ses rails, prête à traverser la Seine. Elle la traversera très vite d’ailleurs, dès le lendemain.


Nous décidâmes de rentrer à pied. L’air était doux et tendre, la ville en paix. L’esplanade des Invalides sur la pelouse, puis la rue de Varenne le musée Rodin, passage devant Matignon siège de l’état-major défait, rue du Bac sans un seul passant, le VIIe est un arrondissement mort. Nous allongions le pas pour aller retrouver un peu de vie du côté de Montparnasse où nous effectuions une halte au Sélect pour nous désaltérer. À peine assis nous avions faim. Deux soles grillées mais de vin, les brasseries parisiennes ne savent plus acheter leur vin, c’est du  vin de GD sans grand caractère. Nous carburerions à la Pilsner Urquell. Adeline qui me maternait comme si j’étais un monument en péril, après m’avoir interrogé sur mes intentions, se fit encore plus douce lorsque je lui répondis que pour tout l’or du monde je n’allais pas quitter mon havre de l’hôpital Sainte-Anne.


-         Tu ne pourras pas t’en empêcher mon amour…


-         Le problème n’est pas là ma grande, ils n’ont plus besoin de vieilles bêtes comme moi…


-         Que si !


-         Tu es gentille…


-         Non, réaliste, même si tu as été peu bavard j’ai bien vu que tes remarques portaient. Ils t’écoutent…


-         Pure politesse !


-         Arrête de jouer ta partition de pépère hors-jeu avec moi ça ne prend pas…


-         Tu te trompes beauté je suis sincère, la seule chose qui m’intéresse c’est d’être avec toi. Je t’aime.


-         Répète !


-         Ben oui je t’aime…Tu es la plus belle rencontre de ma vie…


-         Après Marie…


-         Avec…


-         Tu me fais peur…


-         J’espère bien ma belle, ce sera ainsi jusqu’à la fin !


-         T’es con…


-         Oui


-         J’ai envie d’une glace !


-         Tu es enceinte ?


-         J’espère bien…


-         Alors nous l’appellerons Barnabé…


J’ai alors repris mon récit là où je l’avais laissé.


« Vous n’avez jamais vu le Mur ?


-         « Français ?

 

Et en français avec la sonorité teutonne, deux pandores nous dévisageaient avec une certaine surprise se demandant ce qu’un couple pouvait bien fichtre en ce lieu à cette heure-ci. Je tendais nos deux passeports à celui qui me semblait être le chef. Les deux quinquagénaires maniaient notre langue avec aisance souvenir sans doute d’un long séjour dans notre doulce France. Ils nous entraînaient vers la lumière pour mieux examiner nos papiers. Comme ils étaient en règle les pandores se contentèrent de nous signifier de déguerpir de la zone et de gagner au plus vite notre lieu de résidence. Le plus gros, très bovin, ajoutait un « tenez-vous à carreau ! » qui en disait long sur ses sentiments à notre égard. Son coéquipier, lui, s’intéressait essentiellement à la plastique de Chloé pourtant ensachée dans des vêtements informes. Nous revenions sur nos pas pour découvrir sur la gauche une ruelle qui se révélait être une impasse donnant sur un haut portail rouillé, entrouvert, sur lequel de blanches colombes de la paix façon Picasso encadraient un chat sans poils debout sur ses pattes arrière qui brandissait son pénis.


De la bâtisse, dont nous devinions l’existence par les points de lumière piquetant sa haute façade, provenait un vacarme sauvage où se mélangeaient des éclats de voix et de la musique sans doute crachée par une batterie de haut-parleurs. Notre irruption, dans ce qui avait dû être la salle de pointage d’une usine désaffectée, ne troublait en rien les occupants qui se livraient, par grappes, à une forme de confrontation verbale et gestuelle débridée sur fond de chants révolutionnaires.  De l’un des groupes, une grande sauterelle, lovée dans un sari immaculé, se détachait pour s’approcher de nous à petits pas chassés. Ignorant Chloé elle tourbillonnait autour de moi en passant ses longs doigts dans mes cheveux tout en ondulant des hanches lascivement.


« Où est Sacha ?


Très « Peace and Love » elle m’enveloppait de ses bras interminables en se plaquant à moi :


- Essaie le Centre de la Paix, camarade... me susurrait-elle à l’oreille avant de repartir, tel un elfe, vers l’un des essaims peuplé que de filles qui mélangeaient leurs corps en une houle furieuse. Même Chloé, qui en avait vu d’autres, contemplait le spectacle avec étonnement.


- C’est où le Centre de la paix ?

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Roman
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Stan 06/04/2014 08:08



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