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18 mai 2014 7 18 /05 /mai /2014 07:00

Operation-Ce-que-souleve-la-jupe-Nantes--1-.jpg

 

Nantes, ma ville, le cour des 50 otages, le lycée Guitsh’au, le campus de la Jonelière avec ses préfabriqués, la Place Graslin et la Royale link, le quai de la Fesse link, pardon de la Fosse, le passage Pommeraye : Lola de Jacques Demy, les dockers, les paysans-travailleurs et bien sûr Marie link et link, la seule, l’unique, l’irremplacée, l’irremplaçable, ma fleur de mai cueillie de plein fouet. Et, dans notre monde soumis au grand n’importe quoi, voilà t’y pas  que l'Académie de Nantes est accusée d’ « inciter les garçons à porter une jupe et du rouge à lèvres… » Les délirants de la théorie du genre ont encore frappé après le livre Tous à poil, jugé « inadapté » à l'école. Ou encore un film, Tomboy, considéré comme trop « militant » pour être visionné en classe. Je suis furax. Ras-le-bol ! Allons-nous laisser remonter à la surface ces raclures de pelle à merde de l’UNI, laisser le champ libre aux culs bénis, les comprimés des roustons, les envapées des jupes plissées ? Nous régressons. Si nous n’y prenons garde, ils vont nous étouffer, nous noyer dans leur eau bénite. Foin du couillemollisme l’heure est à la contre-attaque. Ne pas leur laisser ni la rue, ni les réseaux sociaux ! Taper dessus à bras raccourci sans aucune retenue ! Pour bien marquer mon engagement j’étais allé me louer une tenue traditionnelle d’Écossais, noire. Et, pendant ce temps-là ma dulcinée, qui a de si belles quilles, longues et fines, se trimballait à mes côtés en tailleur-pantalon Yves Saint-Laurent le couturier qui a donné le pouvoir aux femmes. Foin de ses hypocrites oublieux que l’habit ne fait pas le moine, que leurs curés portent des soutanes. Nous provoquerons, il se peut même que nous allions ainsi vêtus à la messe à Saint-Nicolas du Chardonnay rien que pour faire chier les intégristes à missel en latin.


Et puis, en prenant mon petit-déjeuner, en feuilletant la presse, j’ai découvert ce papier :


Paris, le 15 mai


« Laissez-moi vous conter l'affaire la plus extravagante qui soit: un fagot, une rumeur, un bobillonnage qui attise les braises et échauffe les esprits

.  

Ma chère et tendre, pouvez-vous seulement imaginer que, dans la bonne ville de Nantes, l'on se soit pris d'inviter les jouvenceaux à se vêtir en jouvencelles, le temps d'une journée, à des fins de promouvoir l'égalité entre descendants d'Adam et Eve. Il se mande de surcroit que l'on aurait prescrit qu'ils se fardent et peignent leurs lèvres. 


Je vous sais perplexe, ma chère et tendre, et si peu entichée de ce genre de polémique à deux sols. S'ils venaient à connaitre l'usage de l'étiquette, défenseurs et adversaires de ces accoutrements seraient tout ébaubis! Souvenons-nous seulement qu'en des temps anciens, les gens de Cour faisaient un usage immodéré des fards et des onguents, au point d'en avoir la peau grêlée, tavelée, gâtée par le plomb qui leur conférait ce teint cireux et blafard que commandait la mode d'alors. 


« Voyez ainsi cette étrange affaire dite de la théorie du genre: un labyrinthe, un coupe-gorge, un gouffre sans fond. »


Ha! Je vous sais curieuse de connaître la vérité. La vérité? Balivernes! Peut leur chaut à ces détracteurs d'un jour de savoir si l'on a réellement souhaité faire de ces jeunes gens des jeunes femmes d'un jour. Seule la rumeur triomphe lorsqu'elle vient à enfiévrer les âmes. Voyez ainsi cette étrange affaire dite de la théorie du genre. Un labyrinthe, un coupe-gorge, un gouffre sans fond, une pétaudière où tout un chacun se prend d'intenter les pires procès en sorcellerie. 


De petites ligues, au demeurant savamment dissimulées telles des punaises de bois de lit, menées par des prêcheurs de pacotille, soufflent le vent fétide de l'obscurantisme, en affirmant que le ministère de l'Instruction publique entend promouvoir le travestissement à des fins d'obtenir un genre nouveau susceptible de consacrer une fois pour toutes l'égalité entre les femmes et les hommes. 


Ces mêmes illuminés qui mènent ce bal des crédules, des gobe-lunes et des ravis n'ont pas craint un moment, ainsi que le fit cette harengère de mère Boutin, de promettre l'enfer à cette pauvre femme à barbe qui remporta récemment un concours de chant, d'ailleurs ennuyeux à périr. 


« Cette journée relève d'une initiative un peu bêta, cul-cul la praline. »


 La mauvaise foi, les fagots, les menteries, sont à présent mieux considérées que les évidences: le soupçon règne en maître! Ainsi de cette journée de la jupe: pardonnez, mon enfant, ma trivialité! Cette journée relève d'une initiative un peu bêta, pour ne pas mander "cul-cul la praline". Personne n'est dupe de cette innocente mascarade, de ce petit carnaval de patronage. Cette journée de la jupe, ma mie, n’est une journée de dupes. Rien de plus »


Enfin, le soleil est de retour, sur la pelouse de Sainte Anne, loin des regards, nous nous lovons dans notre peau de lézard chauffée à blanc, nus sur nos transats, béats, imprégnés de lumière crue, le temps est suspendu, tendu.  J’atteins l’incandescence en contemplant ses hanches ouvertes, des hanches du bonheur. Elle est réceptacle. Je lui apporte de la citronnade. Le temps qui me reste je le lui  dois. Elle est l’avenir. Son rire cascade me transporte. J’aime la sentir. C’est une reine, port altier, je ne me lasse pas de la contempler. Elle se pose en tailleur, sa poitrine ferme me nargue. Je suis imperturbable. Elle m’infuse d’un bonheur sans limite. Je lui dis « je t’aime ». Elle me fusille, me cloue au mur. « Pourquoi viens-tu si tard, fille du vent ? » En cascade ses cheveux enveloppent ses épaules. « Tu  es miel. Tu es belle… Embarquons ! » Nos vêtements ne sont que des artifices provisoires, elle marche devant moi d’un pas ferme, déterminé, je sais que nous irons jusqu’au bout de ses rêves. Après, discrètement je m’éclipserais. Elle fera de beaux enfants. Je ne serai pas là pour les voir grandir. Il faut savoir ouvrir la fenêtre sur un horizon qui  se rapproche. Je suis prêt car j’ai aimé. Je l’ai aimé. C’est le plus beau des alcools forts qui ait infusé dans mes veines. Je peux partir heureux.

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Roman
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Jean-Philippe 19/05/2014 08:43


De plus en plus, c'est celui qui crie le plus fort (même des c...) qui est entendu et... diffusé... Ne nous étonnons pas alors que les personnes si bien décrites dans votre "billet d'humeur"
aient une telle audiance, alors qu'ils ne sont que quelques centaines d'illuminés au plus...


La faiblesse (ou la force ???) de la démocratie est de laisser la parole aux opposants à cette même démocratie...

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